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France › Do Den Haag Church

cdr • 1 titre • 43:36 min

  • 1Do Den Haag Church43:36

extraits vidéo

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enregistrement

Enregistré en concert à la Haye (Pays Bas), le 15 décembre 2008.

line up

Yann Gourdon (vielle à roue), Jérémie Sauvage (basse), Mathieu Tilly (batterie)

remarques

Les propos cités de Yann Gourdon sont tirés de l’excellente interview donnée par le musicien pour le blog Les Maîtres Fous, mise en ligne le 3 novembre 2014, à propos de son travail (avec les groupes Toad, Jericho et La Baracande, en particulier) au sein du collectif La Nòvia. L’intégralité de la « causerie » est lisible sur le blog à l’adresse suivante : http://lesmaitresfous.blogspot.fr/2014/11/une-causerie-avec-yann-gourdon-la-novia.html.
Les pochettes des deux éditions – CD et vinyle – sont sérigraphiées, et portent au verso des étiquettes avec la date d’enregistrement apposée au tampon encreur.

chronique

Un lieu, nous dit Yann Gourdon "n’est jamais neutre acoustiquement". C’est certain. France – trio très mobile – donne souvent à ses disques les noms des lieux où ils sont joués (ce sont toujours, semble-t-il, des enregistrements de concerts). En parlers locaux ou qui évoquent les gens du coin, parfois, le "pays" : Occitanie, Ultras Marseille, Décharge à Brest ; ou ici : "A l’église de la Haye". Gourdon, au fait, dit bien des choses passionnantes dans l’interview plus haut citée. Sur la transe, par exemple : notion avec quoi il n’est pas à l’aise, pour tout ce qu’elle porte d'implications culturelles, traits et rapports de sociétés qui ne sont plus les nôtres ; il parle du "point culminant du bal", où la musique permet "de perdre un instant le contrôle" ; donne cette belle définition, au fond purement technique : "le mouvement en phase avec la musique, concentre l'attention sur le phénomène sonore et favorise la mise en résonance du corps avec un espace". France joue ailleurs. Autrement. Nous ne dirons pas "rock". Ou alors comme indice, seulement. En précisant qu’alors il faudrait parler des formes les plus nues, primaires, épurées – des gammes, de toute démonstration, d’épate ; d’émotion dite, à vrai dire ; de codes et d’histoires racontées. Une énergie, seulement, en resterait, électrique – une puissance dans la frappe obsédée. Une obstination dont on trouverait – oui – peut-être bien la trace, le cousinage, l’idée, du côté de certains Allemands dans les années soixante dix. Mais ce même sens de la répétition – inépuisable , captivante – France le prend aussi aux traditions, au folk. Dans cette lignée, ce savoir des motifs très brefs mis en tournoiements, entraînés sans cesse, qui saisissent le sang, s'emparent des jambes, amplifient le souffle. Sur le plan des moyens, après tout, la musique du trio est très simple à décrire : une batterie qui ne joue qu’un seul rythme – essentiel, lourd, terrestre… scandé mais propulsif ; une basse sur une note, avec à peine quelques variations de position sur le manche, qui infléchissent peut-être à des points stratégiques quelque micro-tonalité, une couleur, une enveloppe ; et cette mécanique pulsée comme un organe : la vielle à roue, donc, avec son constant bourdon, ses harmoniques en nuées, en montée – ronde et onde qui attrapent et basculent ; il semble que l’instrument – très fixe dans son point d’ancrage – n’ait de cesse, là, de faire enfler ses vagues, d’accumuler, empiler, modeler des strates de fréquences ; son continu que le sens ne peut arrêter, figer, saisir à aucun point de son cycle. On y revient : c’est une excitation – phénomène physique, instable et acharné tout à la fois – de l’espace sonore, de l’air entre les corps. Impossible d’ignorer cette présence. Quelque chose circule, c’est certain, qui pousse au delà de l’état de repli, d’isolement scellé. L’individu demeure, bien-sûr, distinct, insoluble – aucune illusion, ici, de fusion en une soudaine communauté, un village, une entité – mais comme poussé au dehors des distances habituelles. On perçoit plus précisément, dans le plan de la place, le volume où l’on est, le bon encan du mouvement. Peut-être n’est-ce rien de plus, d’ailleurs : une simple histoire de perception que battement et vibration rendent au plus brut, au moins encombré, défont des oripeaux de l'explication, de l'évaluation contrainte. On voit la variété des corps qui autours tanguent, girent, remuent. Les vêtures, les corpulences, les teints. On trouve les pas qu’on peut. Chaque infime variation de la vitesse de jeu est suivie dans l'instant, comme d'instinct, par le branle. Il est évident que là – à l'endroit où je les avais ouï, il en était en tout cas ainsi de l'assistance – tout le monde n’est pas à jeun de tout. On a la sensation curieuse que, tout ce temps-ci, tous les regards voient net, pourtant… Il n’y a pas de répertoire. La pièce, ici, s'étend sur près de trois quarts d’heure. L’écoute achevée – celle aussi de ce disque – reste encore l’impression qu’on saisit des nuances et détails minuscules. Que le courant ainsi tourné a dénoué des raideurs, dissout de ces calculs en quoi se précipitent les peaux et le sang qui parfois s'épaissit de ne pas assez courir. Tout s'est joué, se joue dans un état qui s'appellerait "être entier".

note       Publiée le jeudi 11 décembre 2014

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Dioneo › mardi 27 octobre 2015 - 15:12 Envoyez un message privé àDioneo
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Bon, les Parigots... France jouent ce soir près de chez vous, avec Bill Orcutt... Aux Instants Chavirés, à Montreuil. Je pense pas que vous ayez mieux à faire. C'est ici.

Dioneo › samedi 13 juin 2015 - 12:14 Envoyez un message privé àDioneo
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(Range ce biniou à cran d'arrêt...).

"Comme quoi le service public est au delà des divergences esthétiques intragutsiennes".

(N°6) › samedi 13 juin 2015 - 12:11 Envoyez un message privé à(N°6)
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Comme quoi quoi ? En tout cas faudra que j'essaye vraiment tous ces trucs vielle qui drone (et cornemuse), ça me parle bien.

Dioneo › samedi 13 juin 2015 - 11:08 Envoyez un message privé àDioneo
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France, ce soir à 19h dans Continent Musique sur France Culture. Avec aussi... Denez Prigent ! (Comme quoi...).