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Rhythm & Sound › See Mi Yah

cd | 11 titres | 46:53 min

  • 1 See Mi Yah (w/ Willi Williams) [3:56]
  • 2 Dem Never Know (w/ Jah Cotton) [3:56]
  • 3 Rise and Praise (w/ Koki) [3:48]
  • 4 Truly (w/ Freddy Mellow) [4:11]
  • 5 Lightning Storm (w/ Rod of Iron) [5:50]
  • 6 Let Jah Love Come(w/ Sugar Minott) [5:12]
  • 7 Boss Man (w/ Walda Gabriel) [3:33]
  • 8 Poor People Must Work (w/ Bobbo Shanti) [3:29]
  • 9 Let We Go (w/ Ras Donovan & Ras Perez) [4:26]
  • 10 Free For All (w/ Paul St. Hilaire) [4:26]
  • 11 See Mi Version [4:00]

extraits vidéo

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enregistrement

Non renseigné.

line up

Mark Ernestus, Moritz Von Oswald

Musiciens additionnels : Paul St. Hilaire (voix sur 10, guitare, chœurs), Willi Williams (voix sur 1), Jah Cotton (voix sur 2), Koki (voix sur 3), Freddy Mellow (voix sur 4), Rod of Iron (voix sur 5), Sugar Minott (voix sur 6), Walda Gabriel (voix sur 7) ; Bobbo Shanti (voix sur 8) Ras Donovan (voix sur 9), Raz Perz (voix sur 9), Jonas Schoen (vents, flûte)

remarques

Ce disque regroupe sur un CD - ou un vinyle 12", selon les versions - les faces A des maxis 7" sortis précédemment par le label Burial Mix, sous les références BM-14 à BM-20.

chronique

Styles
black music
reggae
dub
techno
Styles personnels
one riddim

Difficile d’aller plus loin, de pousser encore l’idée, l’esprit de la chose. Le minimalisme, l’épure des moyens, des lignes, des mécaniques. See Mi Yah est un One Riddim Album. Exercice et tradition, bien connus en Jamaïque. Autre chose et plus qu’une compilation, qu’un recueil de remixes. Le nom dit d’ailleurs bien le principe : sur une même composition, un instrumental unique, créé ou non pour l’occasion, se succèdent les vocalistes. Un par piste. Celles-là enchaînées sans pause, comme un continuum. Et ces voix, ces timbres et ces mots, ces chants ou scansions, discours, épitres, poèmes, ces vitesses, débits, amplitudes et grains de gorges, poumons, cœurs, ces harmonies ou ces flots de verbe et de souffle isolé modulent la matière commune, en changent la température, la lumière, la densité. En infléchissent des détails qui en renversent les couleurs, en matent ou affutent les reflets. Celui, ceux aux machines, derrière la table de mixage, qui impriment les bandes, changent le traitement. Subtilement ou brutalement, altèrent les distances, les masses, la saillance de telle arrête, tel pic, la profondeur des dépressions. Les deux producteurs, ici, offrent aux chanteurs et toasteurs, solistes, duettistes, chœurs, une piste particulièrement nue. La basse est une cellule très brève – à peine trois notes. Mais d’un poids, d’un volume sidérants, vibration pénétrante qui passe par le sol, les murs, les surfaces et substances du lieu où on les joue. Le rythme tourne sans fin son axe. Architecture mobile réduite à ses angles essentiels, évidence différentielle. Cette fois encore les vieilles histoires contées – mêlées aux variations d’une flûte, d’une guitare qui dans cet air rare prennent l’allure d’un extraordinaire, de l’événement qui infléchit tout – trouvent dans ce dub épuré jusqu’au presque-vide une force inouïe, une présence captivante, les ors brunis ravivent leurs luisances, les encens usés trouvent comme vierges les récepteurs, les poings levés s’enveloppent et se parent de soies somptueuses ; la douceur des louanges et des plaintes s’imprègne d’amer et de feu. Une fois encore Von Oswald et Ernestus respectent en comprennent les canons – et pourtant, les mirent et s’en emparent selon la perspective de leurs jours, de leur ville, avec leur manière propre, sans pareil. L’ultime plage même ne manque pas de conclure comme le veut depuis l’origine l’exercice : c’est une version dub travaillée spécialement pour l’occasion, totalement instrumentale ; qui expose l’arrangement choisi – celui sur quoi, en l’espèce, neuf artistes viennent de poser leurs visions, en quoi ils les ont enchâssées – en soulignant comme ils l’entendent son relief premier, en faisant passer sur lui les ombres et les éclats qui en révèlent la forme entière et autonome. Il semble, en cette clôture du cycle, que la musique reste pourtant comme imprégnée des strophes dites, des harmonies plus tôt tissées sur sa trame, périodes classiques et créoles. On jurerait qu’elle libère ces esprits qui tour à tour l’ont visité. Quarante six minute, presque quarante sept, ont passé, où tournait cette seule plage. Il a semblé que la moindre infime variation ait suffit à peupler cet espace, à saisir notre écoute dans l’infinie dilatation sans la perdre, l’endormir, l’ennuyer. De ce jeu risqué – celui de l’identique répété sans fin qui devient pulsation plutôt que monotone pendule vide – les ci-présents possèdent tous l’art. Ils en reculent la limite – et une fois de plus leur offrande captive.

note       Publiée le vendredi 28 novembre 2014

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Klarinetthor › mercredi 28 janvier 2015 - 01:35  message privé !

king of all spacekroniks

Dioneo › mercredi 28 janvier 2015 - 00:52  message privé !
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Tout ça nous fait encore plus espérer... Tes chroniques d'un certain groupuscule britton à grosses basses ET gros riffs qui carburent pas non plus qu'à la gentiane ! (Ce qui boucle la boucle avec l'histoire du pote dont tu parles, si j'ai bien saisi duquel il s'agit, tiens ; la trilogie beuh/dub/bruit) !

sergent_BUCK › mercredi 28 janvier 2015 - 00:47  message privé !
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Des blanc-becs à la prod ? Au temps pour moi... je m'était fié à la pochette. Pour ce qui est du dub lourd et répétitif, hum, je pense qu'on peut prendre à peu près tout ce qui a été fait dans le style en fait... de toute façon, comme disait un pote à moi parti vivre sous le soleil depuis : "le dub, ça devrait être obligatoire quand il fait plus de 30°"

Note donnée au disque :       
Dioneo › mercredi 28 janvier 2015 - 00:30  message privé !
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Ah ! Par contre les mecs qui font le son ici seraient plutôt aspirine, heinG ! (Comment on dit ça en allemand d'ailleurs Alkä Sëltzer ?). Mais c'est vrai que ça marche pour d'autres trucs dub, pris d'ailleurs. (Je pense aux parties où ça s'attarde en boucle de Dancehall Style du gars Horace, tiens, juste là).

sergent_BUCK › mercredi 28 janvier 2015 - 00:25  message privé !
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Je pensais surtout au principe du "un riff, une heure", mais oui on est d'accord sur le reste. C'est pas la première fois qu'on peut faire un lien dub/doom en effet, en plus des histoires d'herbe... ces reu-noi là aussi cherchent à assommer par le son et la répétition !

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