Les objets chroniqués

Vous êtes ici › Les groupes / artistesCCapone -N- Noreaga › The War Report

Capone -N- Noreaga › The War Report

cd • 20 titres • 70:44 min

  • 1Intro
  • 2Bloody Money
  • 3Driver's Seat
  • 4Stick You
  • 5Parole Violators
  • 6Iraq (See The World)
  • 7Live On Live Long
  • 8Neva Die Alone
  • 9T.O.N.Y. (Top Of New York)
  • 10Channel 10
  • 11Capone Phone Home (Interlude)
  • 12Stay Tuned (Interlude)
  • 13Capone Bone
  • 14Halfway Thugs
  • 15L.A., L.A. (Kuwait Mix By Marley Marl)
  • 16Capone -N- Noreaga Live (Interlude)
  • 17Illegal Life
  • 18Black Gangstas
  • 19Closer
  • 20Capone Phone Home Outro

extraits vidéo

  • Il y a des extraits vidéo pour ce disque. Vous devez être membre pour les télécharger : devenez membre.

line up

Noreaga (MC), Capone (MC), Tragedy Khadafi (MC, production)

Musiciens additionnels : Busta Rhymes (MC), Lord Finesse (production), Mobb Deep (MC's), Charlemagne, EZ Elpee, Nashiem Myrick, Carlos "6 July" Broady, Naughty Shorts, G-Money, Buckwild, Marley Marl, DJ Clark Kent (productions), Castro, Musaliny, Mendosa & Troy Outlaw (MC's), Nneka (chant)

remarques

chronique

Styles
hip-hop
Styles personnels
queensbridge tactics

Ceux qui possèdent les deux meilleurs Mobb Deep ou Illmatic n'ont jamais eu le choix : ils devaient acheter The War Report. Ils le doivent. C'est la même came, en un peu plus militaire peut-être, mais on est bien dans le pur hip-hop queensbridgien à gros beat glacial + piano, organique et nocturne, directement dans la filiation de Hell On Earth dont The War Report est un peu le versant en treillis, le dernier skeud mortifère, en quelque sorte l'oraison funèbre des troufions. New York versant pas cool et tendu du gun, dernier soubresaut hardcore avant l'ère du plastique, du reste quand on voit des blases comme Mussolini, Castro ou Charlemagne (lol) dans le casting on en doute guère, meme si les lyrics d'un morceau intitulé "Iraq" riment plus sur le Moët-&-Chandon et le Remy Martin que ne devisent politique mondiale. Dès l'intro et ce "we're the last of the mohicans" désabusé, Noreaga et Capone semblent du reste conscients d'être à la fin d'une génération de racailles à sourcils froncés, prête à perdre sa guerre des mics et à sombrer dans la bourgeoisie, faux rebelles et banals soldats du capitalisme. Oui : The War Report fait bien partie des ultimes albums east coast sombres et pas coupés en daube FM, la seule concession au son à biatches sur cet album étant "Closer" (rien d'étonnant car c'est signé Clark Kent, un des maquereaux qui transformeront le rap urbain de New-York en rap bling-bling via la vague Fifty / Jay-Z). Pour l'esprit plus que pour le son plus-mobbien-tu-meurs, on est pas loin du premier Killarmy, aussi, avec qui C-N-N partagent une vision très "zone de guerre" de New-York avec secteurs et commandos, là où le Wu, plus poète, préfère y voir dojos et ronins. Wu sont ninjas, C-N-N sont commando, un genre de commando constipé du flow, deux racailles rencontrées en zonzon (pas dans la même cellule hein) et qui ont eu la chance d'être parrainnées par du beau monde à leur sortie : la semi-légende Tragedy Khadafi (ex-Intelligent Hoodlum, dont j'aurai à reparler à l'occasion d'autres chroniques), Mobb Deep, Marley Marl et deux piliers du D.I.T.C venus de Brooklyn... bref pas vraiment du cave de soixante kilos. Et The War Report porte la griffe des gros albums new yorkais des 90's, malgré ce défaut courant dans la deuxième moitié de cette foutue décennie qui est la longueur exagérée. The War Report se contente d'être classiquement street-sérieux et basiquement menaçant sur sa première moitié environ, sur de bonnes boulettes sinistres comme "Driver's Seat" avec Busta, "Stick You" avec son sample de piano aussi dépouillé que macabre, ou les froidement efficaces "Parole Violators" / "Iraq". Mais on reste encore dans le repérage de secteur en berline teintée à minuit, sagement thug et observateur. On sent que ces ordures préparent un hold-up sur les baffles genre pas propre, avec lourds dommages collatéraux sur les otages civils, confirmé vers le milieu lorsque la tension grimpe encore d'un cran via l'ultra-plombé et morbide "Neva Die Alone" et l'enchaînement imparable "T.O.N.Y."-"Channel 10" qui attaque froidement à la gorge, puissant comme du Mobb Deep sans en avoir le charisme d'un Prodigy au mic (celui qui marque le plus niveau flow c'est Tragedy Khadafi en fait, pas les deux MC's de C-N-N qui restent ses filleuls appliqués !) mais avec cette même ambiance "racailles de morgue", ce même venin d'asphalte, ces mêmes visions de cavale au ralenti dans les rues les plus mal famées de Big Apple. Et comme par hasard ces deux-là sont produites par Buckwild et Lord Finesse : j'avais même pas besoin de vérifier dans le livret, je le savais ! "Capone Bone" signée Marley Marl - donc sublime - achève de faire de ce qui aurait pu être un modeste 4/6 un franc 5/6, et les ultimes coups de pieds dans le cadavre que sont le pur produit mobbien "Illegal Life" , "Black Gangstas" et "L.A., L.A.", renforcent ce 5/6 d'une petite couche de kevlar au cas où des doutes s'installeraient. "L.A., L.A." est de surcroît dans une version encore plus sinistre et puissante que l'originale, il s'agit du mix fatal de l'oncle Marley, avec cet espèce de sample de flèche décochée dans la stéréo et des Mobb Deep aussi jouasses que sur "Drop a gem on 'em"... une boucherie ! Si c'était bien la réponse à la provoc g-funk de Snoop et Tha Dogg Pound, la beu a pas dû repousser dans les peinates angelines pendant un moment après cette punition hip-hop en règle. Constat sans appel au parloir, donc : sous sa pochette aussi engageante que la jaquette d'un nanar avec Mario Van Peebles, The War Report est un album bien chargé en cuts d'anthologie, le dernier disque "dark" de l'ère new-yorkaise, le crépuscule des maraudeurs avec l'arrière-goût de sang typique, calculé comme un racket sans issue.

note       Publiée le lundi 28 avril 2014

Dans le même esprit, Raven vous recommande...

réseaux sociaux

tags

Vous devez être connecté pour ajouter un tag sur "The War Report".

notes

Note moyenne        7 votes

Vous devez être membre pour ajouter une note sur "The War Report".

commentaires

Vous devez être membre pour ajouter un commentaire sur "The War Report".

No background › samedi 15 juin 2019 - 10:30  message privé !

C'est Superthug le premier tube des Neptunes. Après ouais ils ont bossé avec des plus lourds : Kelis, ODB, Jay-Z, etc.

nowyouknow › vendredi 14 juin 2019 - 21:40  message privé !

Obligé de me repasser l'enchaînement "L.A L.A" / "Illegal Life" du coup...

We hate the law so we break it, Loyal to this life there`s no way to escape it

Hahaha ces pisse-froid béliqueux, j'adore.

Note donnée au disque :       
nowyouknow › vendredi 14 juin 2019 - 21:22  message privé !

Ah bah le dernier morceau disons qu'il annonce le solo de Noreaga de l'année suivante... Beaucoup moins bon mais je l'aime bien quand même, au moins pour "Da Story" et le premier tube des Neptunes dont j'oublie le nom. Ça reste mieux que le vrai deuxième album, un sous-Murda Muzik fadasse que j'avais naïvement acquis avec envie.

Tiens j'avais pas noté non plus ce CNN. Je l'avais découvert après avoir fait le tour des gros trucs new yorkais des années qui précédent. Avec Capital Punishment du gros Punisher ça avait été la dernière vraie claque. Et en terme de plaisir pur à l'écoute, c'est facile dans mon top 3 encore aujourd'hui. J'attribue sa relative confidentialité à cette agressivité mi-froide mi-clinquante : pas forcément fédérateur au delà du cercle des niqués du rap.

Note donnée au disque :       
Raudus › vendredi 14 juin 2019 - 10:04  message privé !
avatar

Je l'ai beaucoup ressorti celui-ci ces derniers temps, avec les Intelligent Hoodlum, alors que je n'écoutais plus de hip-hop depuis quelques mois. La fin d'une ère de classiques. Obligé de le couper systématiquement après Black Gangstas, par contre.

Raven › vendredi 14 juin 2019 - 00:19  message privé !
avatar

"You got beef, I got beef..." Raaaaah pue thym, mais pourquoi j'ai pas mis la note max à cette boulangerie ?!?!?! (bah ouais, avec toutes ces "boucheries" par ci par là on néglige, mais un beau croissant ça vaut un bon steak ; et du rap de cet acabit, ça vaut au moins un mois de croissants... au moins !)

Note donnée au disque :