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Sunn O))) & Boris › Altar

cd • 6 titres • 53:44 min

  • 1Etna09:51
  • 2N.L.T.03:50
  • 3The Sinking Belle (Blue Sheep)07:38
  • 4Akuma No Kuma07:53
  • 5Fried Eagle Mind09:47
  • 6Blood Swamp14:46

extraits vidéo

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enregistrement

Enregistré par Randall Dunn & Mell Dettmer à Litho 1005. Produit par Sunn O))) & Boris

line up

Greg Anderson (guitare, basse), Stephen O'malley (guitare, piano, amplis, Korg MS20), Wata (guitare lead, space echo, guitare spatiale, chant), Takeshi (guitare, basse, bottle lead guitar), Atsuo (batterie, cymbale + archet, gong),

Musiciens additionnels : Adrienne Davies (percussions), Randall Dunn (Korg MS20), Steve Moore (trombone), Tos Nieuwenhuizen (Oberheim, Moog Taurus, Moog Rogue), Joe Preston (vocoder), Kim Tahyil (guitare), Bill Herzog (contrebasse, choeur, caisse claire), Jesse Sykes (chant), Phil Wandscher (choeur), Troy Swanson (Oberheim, Oberheim 4 Voice), Sherman Filter Bank, Echoplex), Mell Dettmer (Roland SH101), Rex Ritter (Moog Taurus)

remarques

Artwork : Aaron Horkey & Fangsanalsatan

chronique

Styles
doom metal
drone
dark ambient
Styles personnels
drone doom marécageux

Conciliabule des gardiens du temple du Roi Bourdon. Les druides O'Malley et Anderson ont convié leurs homologues d'Extrême-Orient à la grande cérémonie. Et quand des droneux rencontre d'autre droneux, devinez ce qu'ils se racontent. Des histoires de bourdon. Alors ça vrombit et ça bouillonne sous les eaux du marigot. Car c'est là qu'elle se tient la cérémonie. C'est du drone humide. Lava ? Pillow lava, ça coule et ça glisse à la flotte par gros paquets moelleux, expurgés avec l'aide d'une toux cathartique à chaque coup sur les fûts d'Atsuo, du sirop de glaire volcanique qui fait ploc-ploc comme les vagues de feu de l'Erta Ale. Ils pourraient s'y adonner toute la nuit ces prêtres de la grande vibration chthonienne, mais voilà, ce serait trop facile et trop attendu. D'ailleurs ils ne sont pas seuls. Des cohortes de disciples viennent ramper à leurs pied, rameutés par les ondes sublimes et maléfiques de cymbale effleurées d'un vieil archet, alors qu'une contrebasse fait sonner son odieux et grave soufflement dans un écho organiquement terrifiant. Des fantômes rôdent dans ces marais-là. Des fantômes mélancoliques, une voix de femme qui arpente sinistrement ces terres nauséabondes, foulant au pied les droséras, les chevilles nues dans la tourbe, Jesse Sykes tel l'esprit d'une féminine malédiction enchante les nuits sans lune d'une complainte où les silences pèsent autant que chaque note de piano. La pesanteur au ralenti, le poids des sons environnants, et les mots qui filent sur la terre comme un mauvais vent, "The Sinking Belle", Jesse prise dans des sables mouvants, s'enfonçant petit à petit, couplet après couplet, une torch song à la flammèche blafarde. Des fantômes, mais aussi des extra-terrestre, quand bourdonnent les grands anciens synthétiseurs, Korg et Oberheim, quand une voix vocoderisée retentit au dessus de la forêt. Des créatures d'un autre univers, un drone qui vient de l'espace et au-delà, célébré par Atsuo et ses coups de gong et le trombone triomphant de Steve Moore, païens accueillant l'indicible aux traits lumineux aveuglant, c'est du doom cosmique. Mais bientôt, une autre voix féminine, une sirène cette fois, qui invite à un sommeil sans retour, dans ses doigts une guitare aux notes hypnotiques et serpentines, sous sa capuche deux petits yeux bridés baissés vers le sol, un léger accent qui trahit qu'elle n'est pas d'ici, cette fille bien inquiétante. Wata caresse l'échine dorsale de ses doigts de fée diabolique alors que ses disciples accompagnent sa mélopée ankylosée, ça grouille de bestioles sous le sol, on les entend qui crissent malgré les guitares enchanteresses pour de faux, histoire de vous plonger dans un long cauchemar, se faire dévorer l'âme et le corps au ralenti, tout doucement, une mort presque paisible, indolore si ce n'était ces bruits de grignotements dans le creux de l'oreille, ces infâmes ectoplasmes qui errent maintenant, la gueule déformée, flottant devant des orbites vidées. La cérémonie n'attend plus que son apogée pour ouvrir les portes de l'Outre-Monde, un long cri à la gloire du Roi Bourdon, une hideuse et dernière vibration sub-humaine pour colorer les eaux des marais de flaques écarlates, un frémissement de surface qui se meut, épouvantable et sans obstacle qu'elle ne peut traverser de son sismique ricanement, rendu plus sinistre encore par les frères Moog avançant à ses côtés, l'air mauvais. C'est insidieux et inéluctable, ça grimpe et corrompt toutes les matières, on y reconnaît la puissance sonique de Boris et les textures morbides et mystiques de Sunn O))), tous maintenant les bras tendus vers l'autel qui vibre tout seul, couverts de moisissures et dégoulinant de sang à l'odeur âcre. Gloire soit rendue au Roi Bourdon. Ce sacrifice est pour toi. Du langage, il ne reste plus que le plus primaire des éléments, la vibration de l'air. Et rien, plus rien, ne pourra maintenant l'arrêter.

note       Publiée le dimanche 30 mars 2014

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Rastignac › samedi 1 septembre 2018 - 11:13  message privé !
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Ach les pillow lava : seul souvenir de mes cours de géologie au collège. Gracieux, collant, sombre et excrémental.

Cinabre › mardi 1 avril 2014 - 11:13  message privé !

Il est curieux, celui-là. Moite. Presque doux sous la fange.

Note donnée au disque :