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Ringo Shiina › 平成風俗 (Heisei Fūzoku)

cd • 14 titres • 51:58 min

  • 1Gyanburu (ギャンブル Gamble)
  • 2Kuki (茎 Stem)
  • 3Sakuran (錯乱 Confusion) (TERRA ver.)
  • 4Hatsukoi Shōjo (ハツコイ娼女 "firstlove" Singer)
  • 5(パパイヤマンゴー Papaya Mango) [reprise de Rosemary Clooney]
  • 6Ishiki (意識 Consciously)
  • 7Yokushitsu (浴室 Bathroom)
  • 8Meisai (迷彩 Camouflage)
  • 9=ポルターガイスト Poltergeist)
  • 10Karisome Otome (カリソメ乙女) "Temporary" Virgin (Tameikesannoh Ver.)
  • 11Oiran (花魁 Courtesan)
  • 12Yume no Ato (夢のあと Scar) [reprise de Tokyo Jihen, groupe de Shiina Ringo]
  • 13Kono Yo no Kagiri (この世の限り Memory)
  • bonus track sur certaines versions
  • 14Temporary" Virgin (Death Jazz Ver.)(Sheena Ringo & SOIL&"PIMP"SESSIONS)

extraits vidéo

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enregistrement

Enregistré aux Toshiba EMI 3rd Studio, Studio Terra, Hitokuchizaka Studio, Onkio Haus, AVACO Creative Studios, Sound City - Produit par Uri Inoue

line up

Neko Saitô (violon sur la 8, direction d'orchestres), Ringo Shiina (chant, programmmations sur la 4 et la 11), Shiina Junpei (chant sur la 13), reste du line-up non renseigné

Musiciens additionnels : Ukigumo (guitare sur la 1), Izawa Ichiyou (piano sur la 1), Nobuhiko Nakayama (programmations sur la 7)

remarques

Cet album, au statut assez particulier, est à la fois la B.O. du film « Sakuran » et un album à part de Shiina Ringo, composé d’un mélange de nouvelles chansons et de réorchestrations (principalement de titres issus de l’album « Kalk Samen... » de 2003), toutes enregistrées avec un orchestre de 70 musiciens, conduit par le violoniste Neko Saito, auquel l’album est co-crédité.

chronique

Styles
jazz
musique classique
pop
Styles personnels
baroque pop > lettres de noblesse

En 2007, Shiina Ringo ne se refuse plus rien. Telle une baronne milliardaire, elle organise un bal démesuré dans sa salle de bain, et embauche un orchestre différent à chaque chanson. L’orchestre chat de gouttière, l’orchestre de l’autre monde, l’orchestre de ce monde (sic), l’orchestre temporaire… Le tout afin de mieux servir les sautes d’humeur et émotions éruptives si chères à son altesse. Car n’est-ce pas toute l’essence de ces "manières de l’ère Heisei", correspondant aux années 90 à nos jours ? Frivolité, lubies et démesure tous azimuts. Pour son grand bal, la Baronne a prévu un feu d’artifice, couronnant sa carrière. On savait qu’elle avait amassé de l’argent durant sa période rockeuse en doc martens, mais là… Ces orchestres ont le diable au corps, sussure l’assemblée. Leur partition est un mille-feuille instrumental, festif et lyrique, mais on y trouve aussi des recoins d’intimité assez singuliers. On marche dans une ville illuminée, et quand arrive un titre comme Firstlove Singer, l’ambiance vire soudain à l’onirique vénéneux. La voix joue à cache-cache dans les jeux de reflets, les cordes tressent des tourbillons de notes, qui virevoltent comme des flocons… La comparaison avec Björk période Homogenic est possible, et même souhaitable : c’est la japonaise qui subjugue, au final. Et l’adorable Papaya Mango, qui suit, semble marcher sur les traces du grand Haruomi Hosono : hamac, espadrilles, amour et mojito frais. Ce genre de changement d’ambiances ne s’apprécie que si l’on accepte de se laisser aller, et de céder aux innombrables caprices mélodiques de la maîtresse des lieux. Car la plupart des versions qu’elle donne de ses chansons sont les meilleures… Stem par exemple, perd l’émotivité exacerbée de la version originale pour devenir une languide ballade en forme de méditation désabusée, aux changements d’humeur dignes d’une héroïne de Haruki Murakami. "La Salle de Bain", à son tour, est transcendée dans une version vertigineuse… Seul morceau issu de la période rock de la chanteuse, il apparaît ici comme son plus grand classique. Et dieu sait qu'elle en a à son actif… Mesai, par exemple. Un titre jazzy, bien cinématographique, qui se retrouve ici envoyé pied au plancher, dans un brouhaha bien à l’image de la pochette, pour s’achever par un solo tout feu tout flamme de Neko Saito. Le contraste avec Poltergeist est délicieux… Celle-ci devient une valse somptueuse, où l’on espionne d’abord la diva dans sa loge, comme entendue à travers un trou de souris… Avant son entrée en scène, abrupte, sous les lustres éblouissants. Personne n’avait jamais chanté avec une telle allure, une telle prestance… La vraie classe, Ringo l’a compris, c’est de garder ce petit accent canaille dans la voix, cette insolence, même face à un orchestre symphonique. Mais loin d’avoir les capacités d’une chanteuse "à voix" (et tant mieux), elle a gardé ses petits tics de chant, ses chats dans la gorge, grattés à rebrousse-poil dans les aigus... On l’entend particulièrement sur l’immense Gamble, entrée en matière entre big band et chanson-titre de James Bond. Autre nouvelle merveille : Karisome Otome, encore un jazz vocal classieux à se damner, cette fois sur un rythme de tango irrésistible. On est aux antipodes de l’univers habituel de la miss, mais plutôt dans une compo très peaufinée, qui aurait été un tube dans les années 40. Dernier chef d’œuvre pour nous secouer : Oiran. Morceau à part, d’une ambition effrayante, composé par un énigmatique Ukigumo. Une fois passé outre l’arrangement éléctro un peu kitsch (programmé par Shiina elle-même), c’est une averse de mélodies tuantes, qui effeuille nos réticences comme les feuilles d’un artichaut, couplet après couplet… Comme dans La Salle de Bain, Shiina allie grandiloquence et dynamique, à l’image de tout l’album. Heisei Fuzoku est un chef d’oeuvre de baroque pop (ou d’art pop, comme on l’entend) extrêmement abouti, à l’ambition impériale, mais surtout : il fout une patate de tous les diables ! Seule "Scar", l’avant-dernière chanson, se permet d’en faire trop, dans un registre un peu mélodramatique… Heureusement, Heisei Fuzoku s’achève dans un swing tonitruant, façon comédie musicale jazz, dans un duo de Ringo avec son frangin Shiina Junpei. Un peu à l’image de tout le disque : pastiche décomplexé de formes musicales occidentales (après l’épisode typiquement nippon qu’était "Kalk Samen"), renfermant plus d’âme et de vie bouillonnante qu’il n’en suffirait pour toute une carrière.

note       Publiée le jeudi 9 mai 2013

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    Dans ce sens c'est une recommandation, dans l'autre, c'est une injection !

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Jesuis › vendredi 21 novembre 2014 - 16:57 Envoyez un message privé àJesuis

Je retire tout ce que j'ai dis, Sanmon Gossip est vraiment bon.

Ça ne vaut pas un karuki zamen mais c'est du très lourd : un best of de ringo shiina avec le boogie woogie de tokyo jihen

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(N°6) › samedi 15 novembre 2014 - 14:42 Envoyez un message privé à(N°6)
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Si, Sanmon Gossip c'est bon. Chro à venir. Tokyo Jihen par contre je serais plus mitigé (y a à boire et à manger).

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Jesuis › samedi 15 novembre 2014 - 14:35 Envoyez un message privé àJesuis

Je suis de mauvaise foi je n'ai écouté que des extraits mais bon ça ne donne pas envie

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Int › samedi 15 novembre 2014 - 14:04 Envoyez un message privé àInt

Sanmon Gossip, ça vaut pas le coup donc, si quelqu'un a écouté ?

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Jesuis › samedi 15 novembre 2014 - 01:13 Envoyez un message privé àJesuis

Elle aurait du s’arrêter à Heisei fuzoku, je suis un peu deg là

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