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Giant Sand › Swerve

cd | 12 titres | 48:20 min

  • 1 Can't Find Love [04:30]
  • 2 Swerver [02:05]
  • 3 Sisters & Brothers [03:56]
  • 4 Swerving [00:28]
  • 5 Some Kind of [04:48]
  • 6 Trickle Down System [05:10]
  • 7 Dream Stay [04:58]
  • 8 Former Version of Ourselves [04:43]
  • 9 Angels at Night [06:08]
  • 10 Every Grain of Sand [reprise de Bob Dylan] [07:43]
  • 11 Swervette [00:48]
  • 12 Final Swerve [02:22]

extraits vidéo

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enregistrement

Enregistré à Boston, Austin, Control Center à Hollywood et Mad Studio, Venice. Produit par Giant Sand

line up

John Convertino (batterie, percussions), Howe Gelb (chant, guitare, piano, synthé, bruits), Mark Walton (basse), Chris Cavacas (orgue), Steve Wynn (guitare), Paula Jean Brown (choeurs), Celeste C. Millius (choeurs), Stephanie Shane (choeurs), Indiosa (voix 11)

Musiciens additionnels : Juliana Hatfield (chant 1, 7, 12), Falling james (voix 9), Sarah Lewis (violoncelle 7), Jim McGrath (wood boinks 2), Frank Orral (batterie 10), Bruce Hughes (basse 10), Adam Sultan (guitare 10), Ted Cho (mandoline 10), Susan Velz (violon 10)

remarques

La réédition par Fire Record contient 4 titres suplémentaires (versions différentes ou démos mais aucun inédit)

chronique

Styles
alt-country
country
indie rock
rock alternatif
folk
jazz
Styles personnels
alt-country rock barré

A l'aube des années 90, celles de la déferlante de l'alternatif et du rock indé, Giant Sand, la formation de Howe Gelb à l'origine du "son de Tucson", ce cowpunk poussiéreux et sauvage teinté d'alt-country, a déjà cinq albums au compteur et une renommée inversement proportionnelle à son mérite. Au gré des changement de personnel le groupe s'est resserré autour du noyau constitué de son leader au cerveau tortueux et de John Convertino, fabuleux batteur qui assure à lui seul de pouvoir suivre les cavalcades de plus en plus sinueuses de Gelb. Leur sixième album s'intitule Swerve, ce qui tombe à point, "swerve", c'est un écart, une embardée qui fait sortir d'un coup le véhicule hors des pistes toute tracées. Gelb ne suis jamais les grandes routes, il fait partie de ceux qui empruntent les contre-allées, les emprunte pour mieux les rendre toutes tordues, toutes bizarres. Dès les saccades bégayantes de "Can't Find Love" qui ouvrent le morceau sur d'incertains riffs de guitares bien métalliques, il faut s'attendre à l'inattendu, déjà là sous la forme de la présence mutine de Juliana Hatfield, figure de la jangle pop américaine des années 80 dont on retrouve d'autres éminents représentants au côté de Gelb et Convertino : Steve Wynn en renfort de guitare dissonante, du groupe séminal de la scène paisley underground The Dream Syndicate d'où s'est échappé aussi le bassiste Mark Walton, ainsi que Chris Cavacas de Green on Red, déjà un vieux compagnon de route, faisant grésiller ses orgues bien roots conférant une subtile touche psyché au brouet noisy et imprévisible concocté par Howe. Car si il est bien question ici d'Americana, il est loin le paysage évident de nos fantasmes d'espaces écrasés par un ciel immense, Giant Sand joue du chaos à coups de rugissements de guitare indomptée, de piano martelé avec inconséquence, et du chant toujours aussi aléatoirement fascinant de Gelb, belle voix rauque et jamais posée où il faudrait, toujours partant dans des directions inopinées quand on s'y attend le moins. Peut-être est-il un peu secoué par sa rupture d'avec Paula Jean Brown, la mère de sa fille Indiosa et ex-bassiste du groupe, encore présente, discrètement dans les choeurs, et dans le sien. Se pencher sur les textes eux aussi toujours marqués du sceau de cette écriture à l'image de sa voix et de sa musique, forte de percussions singulières de visions et de jeux de mots à la fois malins et dissimulant souvent des doubles sens codés, c'est y voir un peu plus clair sur l'état d'esprit de Gelb. Des histoires d'ex qui se sentaient comme frères et soeurs, voire un peu plus, une recherche d'amour vouée à l'échec quelqu'en soit la forme. Howe soupire dans un délire temporel après une version antérieure de son couple, comme pour faire ressurgir des sensations passées dans son propre présent, histoire de sauver les meubles. Peine perdue. Un peu paumé le Gelb, même si bien entouré, tout se résume à une formule lâchée à la fin d'un couplet où la famille se dispute un héritage "Life compared to death is so sureal". Là dessus la reprise d'un bouleversant morceau de Bob Dylan, "Every Grain of Sand", apparaît comme une évidence tellement Howe Gelb semble se lover dedans, accompagné alors par un détachement de Poi Dog Pondering, folkeux originaires d'Hawaii avec violon et mandoline, comme une conclusion échue à un grand ancien qui saurait dire mieux que lui ses propres troubles. Une sorte de délégation humble devant un morceau parfait et rectiligne, venant coucher du baume sur des blessures provoquées par trop de fougue revêche. Car Gelb et Convertino ne lésinent pas, la guitare se fait cheval fou, volontier s'échappant dans des bouillonnements dissonants et abrasifs, alors que la batterie cogne sèche et brutale, tout en tirant à droite à gauche des ruptures de rythmes et des coups de semonces irréguliers mais sans pitié. Les choeurs de country déjà bien imbibés à la sortie du saloon, le foutraque règne en maître sur des morceaux non balisés, du roots rouillé, de l'Americana embrouillée et nébuleuse, prête à charger dans le tas à la moindre occasion. Des morceaux qui s'interrompent intempestivement au point de dérouter complètement même les compagnons de route de Gelb, tel ce Falling James en prêcheur gospel qui ne sais plus où donner de la tête au début de "Angels at Night". Sans parler de l'ovni "Former Version of Ourselves" s'ouvrant sur des synthés Blade-Runneriens pénétrés avec difficulté par l'artillerie alt-country rock brinquebalante qui se voit coupée nette dans son élan, tranchée au fil du piano jazz de Gelb (toujours sa vénération de Thelonious Monk), avant de ressurgir de façon totalement déplacée, le morceau ne retombant sur ses pieds que grâce au touché mystérieux de Convertino, dont le jeu de batterie funambule et sévère ne cesse pas d'étonner à chaque détour. Passer outre les quelques courts jams probablement plus agréables pour le groupe que pour l'auditeur et "Swerve" constitue une collection de grands morceaux parmi lesquels plusieurs des indispensables composés par Gelb. Et vu le niveau du prolifique grand manitou de Tucson, ça n'est pas peu dire que c'est un porche d'entrée accueillant.

note       Publiée le vendredi 8 février 2013

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london calling › samedi 9 février 2013 - 22:58  message privé !

Ouais, ben je préfère aux Secret Chiefs, mais bof ... ça me fait comme Springsteen chez toi, l'impression d'avoir entendu ça des millions de fois en mieux ... et le machin jazzy, là, non, je peux pas ...

Beau casting cependant (Hatfield, Wynn, ...)