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Giant Sand › Is All Over the Map

cd | 15 titres | 48:03 min

  • 1 Classico [02:50]
  • 2 NYC of Time [04:08]
  • 3 Remote [02:56]
  • 4 Flying Around the Sun at Remarkable Speed [03:34]
  • 5 Cracklin Water [04:21]
  • 6 Rag [01:13]
  • 7 Muss [02:24]
  • 8 Drab [02:23]
  • 9 Fool [03:27]
  • 10 Les forçats innocents [03:51]
  • 11 Napoli [03:25]
  • 12 Hood (View From a Heidelburg Hotel) [06:22]
  • 13 A Classico Reprise [03:21]
  • 14 Anarchistic Bolshevistic Cowboy Bundle [reprise des Sex Pistols] [02:09]
  • 15 Ploy [01:41]

extraits vidéo

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enregistrement

Enregistré à Feedback Recording, Aarhus; Sun Studios, Copenhague; Harvey's House, Tucson.

line up

Howe Gelb (guitares, piano, chant), John Parish (batterie, mellotron, guitare), Anders Pedersen (lapsteel, electric slide mandolin, guitare), Thøger T. Lund (contrebasse, basse), Peter Dombernowsky (batterie, percussions)

Musiciens additionnels : Vic Chesnutt (chant 13), Eric Drew Feldman (orgue 12), Marie Frank (choeurs 2, 5, 9, 11), Henriette Sennenvalt (chant 13), Scout Niblett (choeurs 3), Sofie Albersten Gelb (choeurs 2, 10), Indiosa Patsy Jean Gelb (chant 14)

chronique

Styles
alt-country
country
rock alternatif
jazz
Styles personnels
danish-americana jazzy-noisy

Acoustique et distorsions. C'est ainsi qu'on pourrait désigner le son de Giant Sand, resurgi de l'autre côté de l'Atlantique, avec une cohorte de musiciens danois pour accompagner le vétéran de la scène de Tucson. En somme, rien n'a vraiment changé, les morceaux de Howe Gelb sont toujours aussi fabuleusement angulaires, bizarrement foutus même quand il embrassent de biais des refrains à reprendre en choeur (féminins en l'occurrence, ici tenues par la délicieuse danoise Marie Frank). Evidemment l'absence de la frappe si subtile et jazzy de John Convertino, fidèle d'entre les fidèle depuis plus de quinze ans, se fait un peu sentir. Du coup, le côté un peu plus rectiligne de Dombernowsky donne l'occasion à Gelb de relancer du gros calibre comme il ne l'avait pas fait depuis longtemps, même si la teinte de l'album tend plus nettement vers l'acoustique. Mais elles sont bien là aussi les grosses tornades de guitares électriques crasseuses, directement expédiées dans le rouge, saturées et déglinguées direct depuis les doigts rompus du cowboy exilé, créant des irruptions furibardes de distorsion comme des tempêtes soudaines qui vous fouettent le visage sans coup férir. Sans oublier la touche de John Parish, producteur et membre à part entière qui vient essaimer des couches discrètes de mellotron, histoire d'affinage plus qu'autre chose. Décentralisé en Europe du Nord, Giant Sand est donc toujours bien cette bestiole protéiforme aux lignes jamais vraiment définies entre l'alt-country, le rock noisy et le jazz pianistique. "All Over the Map", un double sens typique de l'humour pince sans rire de Howe Gelb : non seulement à différents points de la carte, littéralement, mais aussi partant dans tous les sens, comme il en a toujours été, les lâchages de rock bruitiste faisant place, parfois dans un même morceau, à de belles sorties du côté du club de jazz, avec prise direct sur le saloon… euh, comment on appelle les rades du côté d'Aarhus déjà ? Parce que si Gelb est basé en Europe à présent, il n'est point de country-pop baroque comme dans son album solo précédent. Ici l'america(?)na est plus directement abrasive ou marquée par des sonorités métalliques de lapsteel et de slide guitare, plus roots. Et quand Gelb chante dans un français strictement phonétique sur l'excellent et d'autant plus latin "Les forçats innocents", c'est parce que sa copine Marianne Dissard (entraperçue aussi chez Calexico) habite à Tucson depuis toujours. Les racines de Giant Sand bien implantées dans la terre poussiéreuse de l'Arizona lui permettent de se développer sous n'importe quel ciel, celui de Naple, "Napoli" et sa steel guitare sanglotante, ou de Heidelberg, le magnifique et désenchanté "Hood (View From a Heidelburg Hotel)" où résonne l'orgue nostalgique d'Eric Drew Feldman (Cpt. Beefheart, PJ Harvey). Ou même celui de New-York, dont l'acronyme sert de prétexte à un autre double sens cher à Gelb, "In the NYC of time", juste à temps pour faire rugir la disto. Des courtes esquisses de piano presque ragtime ou plus dramatiques et évaporées, entre deux-eaux, du blues crassouilleux qui frotte de partout et se frotte au jazz lui-aussi, par intermittence. Gelb s'auto-reprend dans une version encore plus susurrée et feutrée de "Cracklin Water" un des meilleurs morceaux d'OP8, et laisse sa gamine jouer à la punkette sur une version portnawak des Sex Pistols. Un album de Giant Sand, ça reste une histoire de famille avant tout (Sofia Albersten joue aussi les choristes quelque part) et toujours un plaisir de récolter au passage quelque vrais classiques semés ça et là. D'ailleurs c'est marqué dessus, ça s'appelle "Classico" et c'est évident dès les premiers mots, c'est du putain de grand Giant Sand. Quand la pedal steel débarque au deuxième couplet, bientôt suivi du piano et de guitares bien sales, dans un désordre bien organisé, plus aucun doute, ce morceau porte bien son nom. Il est tellement bon que Gelb a le culot de le refourguer pour clore l'album sur une note encore plus sombre et mélancolique, dans une version acoustique et portée par deux voix graves et bouleversantes, jouant le contraste entre celle de moineau blessé de Vic Chessnutt et celle hyper sexuée d'Henriette Sennenvalt (du groupe danois Under Byen), ne manquent plus que la pedal steel et le piano sur fond de contrebasse ronflante pour rendre le tout crépusculaire en diable. Americana, desert-rock, alt-country, comme on veut, Giant Sand fait toujours du Giant Sand. C'est du vingt ans d'âge et ça goûte bien l'air de l'Europe. Et tak !

note       Publiée le lundi 31 mars 2014

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(N°6) › mardi 1 avril 2014 - 18:55  message privé !
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Center of the Universe est clairement le plus grungy, le plus noisy aussi. Après t'as les premiers albums dans les années 80 très cowpunks, plus sauvages. Celui-ci est typique du son de la fin des années 90/début 00, avec plus de piano, d'acoustique et de touches jazz (bon, qui étaient là dès l'arrivée de Convertino). Les suivants avec la formation danoise seront encore meilleurs.

Consultant en informatique › lundi 31 mars 2014 - 14:19  message privé !
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J'avais tenté celui avec la pochette verte auquel tu avais donné la note maxi sans vraiment réussir à rentrer dedans. Mais vu que je retombe un peu dans ce genre de trucs dernièrement, je sens qu'il va falloir que je retente rapidement.