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Johannes Brahms (1833-1897) › Requiem

7 titres - 68:45 min

  • Requiem Allemand Op.45
  • 1/ Selig sind, die da leid tragen
  • 2/ Denn alles fleisch, es ist wie gras
  • 3/ Herr, lehre doch mich, dass ein ende mit mir haen muss
  • 4/ Wie liebelich sind deine wohnungen, herr zebaoth !
  • 5/ Ihr habt nun traurigkeit
  • 6/ Denn wir haben hie keine bleibende statt
  • 7/ Selig sing die toten, die in dem herren sterben

line up

Britt Marie Aruhn (Soprano) ; Robert Holl (Baryton) ; Danmarks Radiokoret, chef des chœurs : Per Enevold ; Danmarks Radiosymphoniorkestret ; Michel Corboz (direction).

remarques

Les versions recommandables sont nombreuses. Le timing, et la chronique sans doute, porte sur la version de Michel Corboz (Erato), malheureusement difficile à trouver aujourd'hui. Elle allie émotion, spontanéité et force. Il y a bien sûr la version référence (ou presque), de Otto Klemperer (EMI), celle Karayan (DG), ou bien différenter, celle de Herreweghe (Harmonia Mundi). Celle de Corboz étant à la fois un choix très personnel et, encore une fois, dur, je crois, à dénicher, je recommande en priorité la version de John Elliott Gardiner (Phillips), et c'est cette pochette que nous présentons.

chronique

Styles
musique classique
Styles personnels
musique sacrée-romantique

La personnalité naturellement sombre de Johannes Brahms ne pouvait qu'offrir un requiem à la fois triste, et douloureux. Il fût majoritairement écrit en 1866, dans les souvenirs encore sensibles de la mort de Schumann dix ans plus tôt, puis de sa mère. Malgré quelques parts belles à deux solistes (soprano et baryton), le compositeur a choisi le chœur et ses intensités diverses, ses profondeurs, sa puissance, ses plans tour à tour distincts ou unis, ses légèretés d’ether et sa souplesse. Brahms a aussi choisi, en grand symphoniste et chambriste, de laisser une large place aux instruments et au travail sur l’orchestre. C’est bel et bien à une œuvre proprement symphonique que nous avons affaire, et l’utilisation souvent très massive du choeur, compact jusque dans ses douceurs, renforce cette plastique globale. «Denn alles fleish… » démarre sur un des thèmes mélodiques les plus profonds de toute la carrière de cet immense musicien. Les timbales funèbres donnent la marche, dressent le cortège, les cordes somptueuses chantent la tristesse et la nuit avec la plus intense profondeur. Souvent tempérée, voire éthérée, la partition possède aussi largement ses accès de grandeur sonore, ses poussées chorales dantesques et qui ravagent l’espace comme le souffle impérial de la Mort. Tout au long des épisodes, le rythme lent de marche pleureuse est marqué, de tambours ici, de contrebasses là… soutenus par les cors. De la puissante gravité de «Denn alles… », furieuse et désespérée, aux lumières célestes du chœur de «Selig… », en passant par la chaleur émouvante de «Wie lieblich… », la douce mélancolie de « Denn wir haben… », finalement déchaînée, Johannes Brahms nous évoque tous les aspects de son sujet : la douleur, la colère, la tristesse, l’espoir et la foi. Mélodiste magistral, le compositeur nous livre parmi ses airs les plus prenants, les plus délicats. Son utilisation abondante des cordes en étoffes sonores épaisses et magnifiques, des vents, hautbois, clarinettes et flûtes pour enrichir jusqu’à l’équilibre parfait une partition à la fois convergente et dense, variée et évolutive, l’omniprésence des percussions alliée à la toute puissance du chœur, ourdissent une musique prenante, parfois violente, mais aussi douce et, malgré sa lourde mélancolie, apaisante. Entre la force brutale d’un Berlioz et la délicatesse mélodique de Mozart, Brahms montre sa vision d’un requiem, qu’il avait d’ailleurs initialement nommé «Requiem humain». Brahms avait la mélancolie collée aux notes, dans ses œuvres de chambre comme dans ses symphonies, son tempérament romantique qui l’avait tant rapproché de Schumann s’exprime avec intensité, finesse, et cette incroyable classe mélodique. Son requiem est tout naturellement une des plus belles œuvres du genre, une des plus chargées d’émotions véritables.

note       Publiée le mercredi 18 septembre 2002

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dimegoat Envoyez un message privé àdimegoat

Je l'adore ce Requiem. J'entends autour de moi que Brahms est un peu "pesant" et que les ficelles sont parfois un peu grosses. Oui, bon, rien à battre, j'adhère totalement à cette noirceur et à cette puissance

empreznor Envoyez un message privé àempreznor

4 LP, tu y vas un peu fort quand meme. Bon moi, je ne suis pas convaincu par cette partition, ça confirme la difficulté que j'ai à apprécier à leur valeur Brahms ou Schubert... je préfére faire le saut directement de Beethoven à Wagner en fait.

Wotzenknecht Envoyez un message privé àWotzenknecht
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J'ai l'interprétation de Karajan... sombre et puissant, très long pour un requiem (4 LP bien remplis) de fantastiques moments alliés à des chutes ténébreuses... rien à redire sur la profondeur de l'oeuvre
Note donnée au disque :       
HellDarky Envoyez un message privé àHellDarky
Un des seul cd de musique classique que j'arrive à apprécier, avec le Gorécky et l'Anton Bruckner, tous chroniqués ici... Merci SK pour ces merveilleuses découvertes ! Diantre, écoutez-donc la 8em minute de "Denn alles fleisch, es ist wie gras", c'est.. horriblement jouissif !
fracture Envoyez un message privé àfracture
J'ai chanté cette oeuvre superbe (partition de ténor) ce printemps... Orchestre symphonique au complet et double-choeur. Le "Denn alles Fleisch" donne de sacrés frissons. Soit dit entre nous, cette partition est une véritable torture pour le chanteur, tant du point de vue de sa difficulté technique que de sa longueur (il faut tenir jusqu'au bout!), sans compter la difficulté pour bien prononcer le texte en allemand (pour un francophone, même si il sait l'allemand). Je ne veux pas noter les oeuvres classiques, je ne me sens pas assez "calé" pour émettre le moindre jugement. Mais je trouve ta critique excellente, Sheer-Khan. Toutefois, je trouve cette oeuvre moins profonde, moins prenante, moins noire que le Requiem de Mozart (que j'ai chanté il y quelques années).