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Freeze Corleone - Ashe 22 › Riyad Sadio

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Ntnmrn      lundi 2 mai 2022 - 19:39
Raven      lundi 2 mai 2022 - 02:50

cd • 10 titres • 33:44 min

  • 1Intro
  • 2Dégradé
  • 3Sadio Riyad
  • 4Billets
  • 5Moissanite
  • 6Olivine
  • 7Cartier
  • 8Yasser
  • 9Scellé pt.4
  • 10Outro

line up

Freeze Corleone (MC), Ashe 22 (MC), Amine Farsi, Flem, Tha Trickaz (productions)

remarques

chronique

Deux-mille-vingt-deux, cendres du rap, naissance d'album vain, sous sa morne pochette "foot à cagoule", l'insondable son sordide de Mangemort. Encore plus bloc, homogène, congelé (lyrics à base de froid, d'hiver et de glace), encore plus... Vide, que LFM. Triste, sans larmes, juste à l'image de ses choix de titres jusqu'aux minéraux haut-de-gamme, jusqu'au violon post-post-post-hip-hop fin de millénaire de "Cartier", qui parle or et diams mais ne brille pas plus qu'un puits de Pluton, car ce son est enterré, profond, très profond, dans un morne cerveau de jeune. Austère à en crever la tête dans un seau. Corleone tourne en rond plus profond. Il a clairement - si j'ose dire - atteint ses limites. Ce flow en rafales élasto-hachées, bien spécifique ne rajoute strictement rien à LMF. Sentiment d'impasse stylistique total. La lumière s'est encore plus raréfiée, ceci dit. C'est déprimé de chez comprimé. Riyad Sadio, sur-statique, est en stagnation dans son vide vicié, glacé, loin dans une zone incertaine, où rôdent des rotts sans tête, traînent des passe-montagnes sans visage en dessous. Dansent Glock à silencieux et smartphones à coque camouflée sur fond de draps froids, ceux d'un temps ralenti. Création dédiée au bizz aveugle, rap comme dégoûté par l'idée même de concept, même de message (malgré des bribes simili-politiques comme sur "Dégradé" ou la poste instru avec ce sample de JT plus terne qu'un NTM de 1993), en fait de fond autre que le biff. Et pourtant exprimant une angoisse profonde. Plus loin dans le lin, infusant dans ce Grand Rien, Freeze s'adjoint les services d'un Algérien au timbre plus sombre que ses sourcils, anonymo-rugueux comme un crépit de la "tess", aussi terne qu'un parpaing oublié au fond d'un chantier de fond de zone industrielle... Une voix avec un grip différent, qui se mêle bien au timbre de colis piégé du Corleone. "J'arrive accompagné comme la première balle de la rafale" / "Pas de temps pour les jolies filles". Le croisé de flow est plaqué, droit, dur. Minimal. Rien d'une action ninja-commando virevoltante : on est dans l'Armée de Terre Cuite, Xi'an (- Chen Zen, Ekip -). On perçoit une paupière bouger en coin, un glaive a changé de main, on sait pas. Mais ça bouge dans le figé. Y a des souffles, souvent sur la nuque. Pire qu'une traque suintante dans ces sous-sols on est dans la cage mentale totale, le statisme de ce style sans Soleil, l'impossibilité d'aller plus loin, même quand ça bondit lourdement sur le tympan, quand la pulsation drill pousse au cul (à écouter fort ou pas du tout). L'outro laisse une sensation de fin de règne, alors que les MC's ne cessent d'en annoncer le début. Tout est niqué, c'est la cloison, le fond plancher, les beats n'existent plus, ce sont des murènes, la haine est frigorifiée, le mur de l'humeur est infranchissable. Mais les graffitis bougent, les ombres parlent. Murmurent des maléfices obscurs, sans trop qu'on sache. On ressent, on palpe. Les instrus se confondent entre elles comme des burqa-goules. Ce qui n'empêche pas les nuances dans l'accroche : à ce titre le beat nourri aux infra-basses scélérates d'"Olivine", comme des low-kicks dans le cortex, devrait en laisser plus d'un sur le carreau. Furtif, fatal. Un des albums de rap les plus sinistres, les plus ternes que j'aie jamais entendu. Au point où ça en devient presque nuisible pour l'humeur, à écouter trop de près. Et puis d'ailleurs, pourquoi préciser "de rap" ? Ces rappeurs ne sont même plus des corps, juste des esprits sans âme distincte, en flottaison dans leur bruine de natron. Cette musique est une musique morte. Ou, pour être plus précis : une musique dévitalisée.

note       Publiée le lundi 2 mai 2022

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