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School of Seven Bells › Alpinisms

cd • 11 titres • 55:00 min

  • 1Iamundernodisguise3:47
  • 2Face to Face on High Places4:40
  • 3Half Asleep4:20
  • 4Wired for Light4:57
  • 5For Kalaja Mari4:17
  • 6White Elephant Coat4:17
  • 7Conjur4:40
  • 8Sempiternal / Amaranth11:26
  • 9Chain4:22
  • 10Prince of Peace3:05
  • 11My Cabal5:09

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line up

Alejandra Deheza, Claudia Deheza, Benjamin Curtis

Musiciens additionnels : Simone Pace (batterie 8), Niki Randa (choeurs 10)

remarques

Enregistré et mixé à PaintedGirlStudios, NYC par School of Seven Bells.

chronique

Styles
indie rock
shoegaze
psychédélique
Styles personnels
dream-pop néo-psychée

En se faisant un petit nuage de mots des tendances musicales des années deux-mille, sans faute émergeront "Brooklyn" et "neo-psychédélique". Et rétrospectivement, il n’y aura pas eu que des expériences ratées et des fausses hype dans cette décennie où la musique dite indé a atteint à un statut inédit, une sorte de nouvelle norme portée par de nouvelles vagues d’artistes, pour beaucoup basés dans la future capitale de la hipstererie à base de murs en briques rouges. Pour l’heure, alors que cette décennie s’achève, voilà que se forme un trio pour le moins singulier constitué de Benjamin Curtis, ancien guitariste de Secret Machines, groupe néo-psyché donc, au faux air de jeune David Lynch en pleine beau-gossitude, et des soeurs jumelles Alejandra et Claudia Deheza qui officiaient au sein de On!Air!Library!, projet post-rock aux tendance expérimentales. Le tout nommé d’après une sois-disant école de pickpocket sud-américaine et dont la pochette du premier album évoque déjà des transports vers des altitudes envivrantes. Pour le dire vite, « Alpinisms » est une merveille mineure à la croisée de voies plus ou moins familières. On y retrouve des guitares dream-pop aux textures ciselées, des atmosphères évoquant l’esthétique du label 4AD historique, sur lesquels cheminent le trio qui tricote sur des rythmiques du genre tribales légères (la queue de comète de la mode néo-hippie n’est pas si loin) des morceaux bercés par les harmonies vocales enchanteresse des deux jumelles. Avec un goût déjà, qui ne fera que s’amplifier ensuite, pour les synthétiseurs et les boites à rythmes, s’échappant ainsi du piège d’un simple revival shoegaze comme tant de contemporains. Petites merveilles donc les mantra répétitifs qui s’empilent en strates de « Iamundernodisguise » ou « Wired for Light », les mélodies parfaitement envoutantes de « Half Asleep » et « My Cabal » ou l’étrangeté de ces voix auto-tunées sur « Chain », dream pop synthético-mystique qui sonne moins ritournelle de cérémonie fumeuse que petite tournerie chromée et futuriste. Car sous son apparente légèreté, presque même sa joliesse, le premier album de School of Seven Bells se révèle plus riche, plus travaillé, plus varié que la simple sucrerie néo-psychée qui faisait figure d’outsider face à des grosses machines délirant alors à vide (on ne donnera pas de nom par pure charité). Ici, la simplicité touchante et introspective de « For Kalaja Mari » où les soeurs s’adressent, à peine accompagnées de quelques textures nuageuses, d'un piano retenu et menus froissements en guise de percussions, directement à l’âme de l’auditeur, entrecroisant leurs tessitures avec une grâce non dénuée de gravité. Avec SVIIB comme on ne tardera plus à les appeler, le rêve est à portée de main et il n’est pas échappatoire, il est pure alternative. Quelque chose de sérieux, de profond, se dégage de ces doux chants, de ces images fantastiques convoquées aussi bien par les paroles que par les arrangements qui semblent puiser à des sources aussi diverses que le post-punk, la basse porteuse du plus sombre « White Elephant Coat », ou l’électro quand le trio déroule sur plus de dix minutes la tension insidieusement montée en crescendo de « Sempiternal/Amaranth » sur lequel on retrouve un troisième jumeau, un des frères Pace de Blonde Redhead (tiens donc, voilà un cousinage intriguant). Un premier album qui, encore plus au vu de leur évolution à venir, fait l’effet du résultat d’un travail en laboratoire, le trio ayant d’ailleurs monté son propre studio à Brooklyn, qui ne révèle ses subtilités qu’à force d’écoutes. Premier chapitre d’une histoire qui finira tragiquement, alors que School of Seven Bells étaient un des groupes prometteurs de cette scène de Brooklyn qui aura apporté somme toute quelques jolies pierres, sous forme de briques rouges, à l’édifice musical des années deux-mille.

note       Publiée le lundi 24 février 2020

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