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Satyricon › Deep Calleth upon Deep

cd | 8 titres | 43:35 min

  • 1 Midnight Serpent [06:21]
  • 2 Blood Cracks Open the Ground [04:53]
  • 3 To Your Brethren in the Dark [06:08]
  • 4 Deep Calleth upon Deep [04:37]
  • 5 The Ghost of Rome [04:27]
  • 6 Dissonant [04:14]
  • 7 Black Wings and Withering Gloom [07:12]
  • 8 Burial Rite [05:43]

extraits audio

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enregistrement

Produit par S. Wongraven. Mixé à l'Armoury Studio par Mike Fraser, assisté de Spencer Bleasdale. Enregistré par Erik Ljunggren et Bjarne Stensli à Oslo Klang, et à l'Armoury Studio. Masterisé par George Tanderø.

line up

Frost (nor) (batterie), Satyr (voix, guitare)

Musiciens additionnels : Anders Odden (basse, guitare), Håkon Kornstad (choeurs, saxophone), Erik Engebretsen (technicien batterie), Kjetil Bjerkestrand (mellotron, arrangements), Hans Josef Groh (violoncelle), Bjarne Magnus Jensen (violon), Arild Stav (clarinette basse), Jan-Olav Martinsen (cor d'harmonie), Frode Carlsen (contrebasson), Tom Ottar Andreassen (autres bois)

remarques

Sorti en cd, vinyle, digital. Illustration : Dødskyss par Edvard Munch (1899). "This recording is supported by The Fund for Performing Artists and Arts Council Norway".

chronique

J'ai écouté cet album pendant un moment. Je ne me suis jamais autant imprégné d'un album de Satyricon. Pourquoi ? Parce que je suis sensible aux cancans. Je lis, je vois qui est malade, qui va en taule, qui pleure et ça me titille parce que j'ai été élevé dans un monde où le moindre étron d'un héritier aristo mérite les Une des mondes entiers, de l'Inde à l'Espagne, de Billom à Randan ; on n'est jamais assez servi, il nous faut du ragot pour agrémenter les espaces et les vides. Il nous faut de la maladie, de la tristesse. Évidemment, ça va encore mieux avec du black metal qui est selon certaines bibles l'expression de la mauvaise foi, de la crise, des lacérations, cicatrice après cicatrice, sur les avant-bras, sur les tibias, les chevilles et poignets. Comme si une musique ou bien n'importe quel mec pouvait dire "c'est ça la liaison entre la cendre et le sang : un album de black metal. Et en plus je suis Norvégien donc j'ai le passeport universel, c'est Michael Moynihan qui le dit, non ?". Je traine un peu, mais je voulais exprimer ici comment cet album pouvait, avec un dépôt suffisant, instiller toutes ces interrogations primaires sur la vie, la mort, et le reste. Il suffit de regarder la pochette pour retrouver cette interrogation classique : la jeune fille / le jeune homme et la mort et le vent qui souffle, entame / problématique / annonce du plan / développement / conclusion / ouverture... Je crois que ce petit disque nous dit, râle et grogne qu'il faut ralentir pour bien articuler, pour bien décrire que l'on est impuissant face à la perte de conscience ; nul, incompétent, comme un ingénieur qui ne saurait construire son pont, malgré les signes qui représentent sa confrérie - bagues, tatouages, coupes de cheveux, métiers, opinions, votes... Satyricon, groupe norvégien empruntant son nom à un vieux bouquin qui n'a rien de nordique laisse encore se balader deux héros, et là, ce n'est pas Encolpe et Ascylte, c'est Satyr et Frost qui se prennent quand même beaucoup plus au sérieux... enfin, j'étais pas né il y a près de deux mille ans, et ce soir je m'écoute encore une fois cet album, lent ou "mid-tempo" selon le réglage de votre métronome, et on pourrait même éviter de qualifier cet album de "metal"... il faudrait juste que Satyr se mette à grogner moins comme un crapaud grincheux et plus comme Cpt. Beefheart... Vous ne trouverez donc pas ici des performances dantesques, ça fatigue, on joue doucement et hypothèse : peut-être que tous ces groupes mettant la célérité sur la plus haute marche du podium quand ils avaient quinze ans, ben tous ces groupes se retrouvent aussi à la fin des olympiades, quand tout le monde a déballé le paquet, tous ces projets qui s'appliquaient gamin à montrer qu'ils étaient forts et bons vieillissent, parfois bien, bien dans le sens où ils montrent le chemin parcouru. C'est comme ça aussi que je reçois cet album, avec patience, tout le monde n'est pas aussi fort que prévu, ni surhumain, ni lié à quelque pouvoir que ce soit. Et c'est pour cela que j'aime cet album, juste parce qu'il est humble, même s'il mouline encore des thématiques qui se veulent dantesques, mais avec une expression tellement minimale pour un groupe comme Satyricon que bon... je vois ça comme une méchante personne qui grince les dents en délivrant des compliments... ils sont toujours méchants, bruns, mouillés et haineux si l'on veut, nationalistes, destructeurs ou bien photogéniques mais ça ne tient pas trop debout, ça tangue... c'est pour ça que j'aime cet album, parce qu'il est simple. Ma foi, au bout de quelques milliers d'écoutes de trucs divers et variés, j'aime m'accrocher à des choses connes comme des ballonnes - et peut-être est-ce comme ça que le public a reçu cet album, comme quelque chose de con, et sûrement que le public a raison ? D'ici, je ne vois qu'une bonne expression encore une fois, d'une simulation de ce qu'est l'effacement progressif des repères, des habitudes, du gommage partiel de ce qui remplit nos regards... beaucoup d'images et circonvolutions abstraites pour vous dire que cet album vaut le coup d'être écouté, tranquillement au coin du feu, puis, petit à petit comme un compagnon qui chante toujours aussi bien ces vieilles rengaines sur la vie, son cours et son terme.

note       Publiée le jeudi 28 juin 2018

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Hallu › lundi 2 juillet 2018 - 15:48  message privé !

4/6, c'est désormais le tarif pour Satyricon. Ils ont trouvé leur style et n'en bougent pas... Pas de surprise, pas de technicité ni de violence. C'est juste quelques bons riffs, un bon feeling sur certaines parties de batterie, mais bon. Moi je me fais chier. Rendez-moi du Volcano ou Rebel Extravaganza car ça c'était quelque chose... Et puis franchement le mix est pourri. On dirait une batterie en carton et une voix qui vient de la pièce d'à côté...

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