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Nekropsi › Nekropsi

cd | 10 titres | 44:29 min

  • 1 Harf Devrimi [4:52]
  • 2 Erciyes Şokta [5:13]
  • 3 Foklar [3:54]
  • 4 BABA [3:55]
  • 5 PAPA [3:50]
  • 6 Harf Devrimi 2005 [4:11]
  • 7 Yok var [3:32]
  • 8 Ebo [5:10]
  • 9 Die Neue Papa [5:10]
  • 10 Bağlama [4:42]

extraits vidéo

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enregistrement

Enregistré entre 1993 et 2006 à MIAM, mixé à Özden Stüdoyoları, Istanbul + Rijksakademie, Amsterdam; Stüdio 18 et Atlantis, Istanbul; chez Jean-Michel, Paris.

line up

Cevdet Erek (batterie, chant, machine à écrire, shaker, sifflet, programmation), Tolga Yenilmez (guitare, basse, chant, sampleur, sifflet, bağlama, cymbales), Cem Ömeroğlu (guitare, chant), Kerem Tüzün (basse, chant)

Musiciens additionnels : Brenna Maccrimmon (chant 7, 8), Patrick Chartol (basse 1), BIL (synthé 4, chant additionnel 5), Tine Melzer (chant 9), Sumru Ağıryürüyen (chant 8), Güzin Yenilmez (chant 8)

chronique

Styles
metal alternatif
progressif
krautrock
metal atmosphérique
post punk
electro
Styles personnels
postkrautmétalélectronawak

Un album tous les dix ans (c’était même marqué sur un autocollant sur le CD), on ne peut pas dire que Nekropsi matraque. Formation indéfinissable ayant débutée par faire du trash metal avant de prendre une orientation plus progressive sur leur premier album, Nekropsi est un des groupes déclencheurs de l’underground musical d’Istanbul dans les années quatre-vingt dix. Voilà que dix ans plus tard, le groupe revient avec une somme d’enregistrements de sources diverses, avec un son de plus en plus bizarre et excentrique. Krautmetal électronique ? Oui bon, on va oublier les catégorisations stériles, ça va pas beaucoup aider. Mais y a du riff qui frotte et de la rythmik motorik hypnotik, avec les breaks du batteur/artiste contemporain Cevdet Erek qui sentent bon les influences jazz-prog déjà présentes sur l’album précédent. Des vocaux graves et un peu fantomatiques, pas loin d’être absurdes, ou comment apprendre la prononciation des voyelles turques (pratique pour le terrible i sans point) dès le premier morceau. Du groove gazeux et nerveux, du métalintello de magnétiseur et que sais-je encore ? Un esprit de pas sérieux quand ils enquillent les BABABABABABABABABA vocaux du morceau éponyme à une bombinette post-punk-dancefloor nommée PAPA mêlant Turc et Allemand (c’est que Baba signifie Papa, ça fait enchainement BABAPAPA). Et malgré les samples et bizarreries sonores, le son reste plutôt près de l’os, en dégradé de gris. Black & white is beautiful, ça suffit pour foutre le feu ou insuffler une atmosphère expressionniste. C’est un peu des morceaux échappés de l’asile parfois, voir ce « Harf Devrimi 2005 » pris de convulsions de partout, kraut au cube enregistré pendant une secousse sismique. Y a la dessus un esprit qui plane, qui rappellerait les moments les plus flingués de California de Mr. Bungle, seulement pris dans les filets de pêches jetés dans le Bosphore, sous le pont, là, sur la pochette. Comparaison abusive ? Non mais jetez une seule oreille sur le dingo « Yok Var » (le titre est déjà impossible, « Y a pas Y a »), où c’est la divine voix de Brenna MacCrimmon, habituée de BaBa ZuLa, qui ouvre une séance d’hallucination collective avec esprits siffloteurs, esprits cogneurs en cadence ectoplasmatique. Atmosphérique aussi toujours la musique de Nekropsi, sur « Ebo » chargée en pesanteur, avec une polyphonie féminine dramatique qui souffle au dessus d’un post-metal lancinant, avec cette basse graisseuse comme un moteur de vapür. Et une nouvelle mouture du « Neue Papa », cette fois carrément électro-goth, avec voix étranglées dans l’écho et synthés aux arpèges huileux, das groß minimal wave et compagnie. Identification délicate, impossible, suffit juste de tamponner le nom du groupe sur l’album et ça fera la rue Michel, enfin la rue Kadife, celle des bars à musique, ça sert de carte de visite. Ils viennent pas tous les quatre matins non plus, les quatre de Nekropsi, alors autant se lâcher la bride et danser dans les friches immobilières, ça pullule. Pour dire au revoir, car il arrive toujours un moment où il faut se dire au revoir, ce sont des boucles de bağlama montées les unes avec les autres, ponctuées de quelques symbales et bourdonnement, ça berce comme des vaguelettes, ça laisse rêveur. Du collage post décollage. Dix ans c’est long, mais au moins les retrouvailles sont imprévisibles. Alors Nekropsi, c’est quoi ? Rien n’est moins sûr.

note       Publiée le jeudi 14 septembre 2017

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Klarinetthor › mardi 6 novembre 2018 - 20:45  message privé !

C'est bien spécial; et les albums ont l'air de ne pas se ressembler des masses. J'aime bien le son synthétique bien cassant de celui-ci

glaire › jeudi 14 septembre 2017 - 18:34  message privé !

Cevdet Erek (le leader / batteur de nekropsi) a d'ailleurs sorti en solo le meilleur disque de 2017 récemment : Davul. Et sa BO du film Frenzy est également incroyable.