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Mercan Dede › Su

cd • 12 titres • 73:05 min

  • 1Ab-ı Rû5:22
  • 2Ab-ı Lâ'l5:44
  • 3Ab-ı Zen5:45
  • 4Ab-ı Tarab6:16
  • 5Ab-ı Beka6:30
  • 6Ab-ı Hayat7:37
  • 7Ab-ı Çeşm (Kerbela)5:43
  • 8Ab-ı Nâr5:43
  • 9Ab-ı Beste6:27
  • 10Ab-ı Nâfi5:02
  • 11Ab-ı Hazân6:19
  • 12Ab-ı Verd6:37

extraits vidéo

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enregistrement

Produit par Mercan Dede. Enregistré à Virtual Studios & Istanbul Technical University MIAM Recording Studios, Avril-Mai 2004.

line up

Göksel Baktagir (kanun), Hugh Marsh (violon électrique, clavier), Mercan Dede (électronique, ney, bendir, percussions), Hüseyin Ceylan (percussions), Serhan Yad?man (guitares), Aykut Süto?lu (clarinette, trompette), Hüseyin Ceylan (percussions), ?smaïl Dar?c? (tef, percussions), Eyyup Hami? (ney, kaval), Mahmut Yalay (contrebasse), Muhittin Dar?c? (violoncelle)

Musiciens additionnels : Sabahat Akkiraz (chant 7), Sheema Mukherjee (sitar 2), Susheela Raman (chant 5), Özcan Deniz (chant, effets sonores 9), Ceza (MC, chant 10), Dhafer Youssef (chant 11)

remarques

chronique

Styles
world music
electronica
Styles personnels
world fusion soufie électronique

Après le feu vient l’eau. Mercan Dede, le derviche DJ, le joueur de ney disciple du poète soufi Rumi, se consacre cette fois-ci à l’élément liquide originel et se faisant, laisse d’autres influences musicales s’infiltrer dans son électro-fusion world. Moins portée vers la danse giratoire, avec des morceaux taillés plus courts, même si toujours autant porteurs d’enchantements. Toujours le violon électrique, toujours le kanun, mais une formation traditionnelle plus éparse, une présence plus prégnante des sons électroniques, autant en nappes qu’en percussions. Ah oui, et toujours ce ney, cette flute au son mystique que Dede maitrise à merveille. Un drôle de type ce Arkın Allen, avec sa tête de punk, ses cheveux teints hérissés de piques, qu’on voit dans le documentaire de Fatih Akın « Crossing the Bridge », sourire énigmatique, penché au dessus de ses machines. Malgré le qualificatif de fusion world qui lui sied parfaitement, et de plus en plus, aucun gimmick dans sa musique, aucune facilité, juste une recherche d’harmonie, de métissage (ouh le vilain mot) par delà les frontières aussi bien temporelles que spatiales. Il ouvre d’ailleurs les portes de son temple à d’autres Orients, à l’Inde d’abord en la personne du joueur de sitar Sheema Mukherjee qui apporte une touche de mysticisme empreint de psychédélisme naturel, sans agent transformateur aucun. C’est l’avantage de la Turquie, on n’a qu’à tendre la main pour goûter aux arcs-en-ciel du Levant, ils sont cousins voire frères de cette culture-là, aucun exotisme à aller les importer au coeur d’Istanbul. L’Inde toujours avec la présence de la magnétique Susheela Raman, au chant d’une intensité grave qui tranche avec les habituelles vocalistes assez suaves entendue chez Mercan Dede jusque là, avec une flute presque jazz en contrepoint. Ailleurs, une trompette et une guitare classique se font andalouse sur « Ab-ı Hayat », où déjà des sonorités étrangement aborigènes de didjeridoo en filtre électronique s’étaient faites entendre. Sacré farceur le Dede, impossible de prévoir les détours du parcours. Le folk turc a aussi droit de cité quand un traditionnel est magistralement interprété par la fameuse Sabahat Akkiraz, le mélange d’arrangements électroniques, ici sombres et gorgés de crevasses menaçantes, et des instruments organiques rappelant la fusion d’Orient Expressions, compagnons de label avec qui la chanteuse a également collaboré à plusieurs reprises. Sur « Ab-ı Nâfi », une fusion jazz et hip-hop bien fluide avec le MCing de Ceza, rappeur phare de la scène stambouliote des années deux-mille, qui avait autre chose à faire que de jouer au gangsta. Et puis la voix profonde du joueur de oud et chanteur tunisien Dhafer Youssef planant au-dessus des nappes nuageuses de Mercan Dede, toujours prompt à viser l’élévation par tous les moyens possibles. Et malgré tous ces invités, ensemble apparemment hétéroclite, l’album semble glisser tout seul, les compositions plus concises, plus mélodiques même si toujours basées sur la répétition, plus variées que sur l’opus précédent, entrainent l’auditeur vers un émerveillement auditif pour qui sait prêter l’oreille aux nuances et en respirer les essences. Des bribes de voix, de poèmes ou de prières peut-être, sorties des machines entre les beats délicats, des lignes de basses moelleuses et quelques soli envouteurs de kanun et de ney pour une musique soufie contemporaine, même si les orthodoxes de l’authenticité n’y verront qu’un syncrétisme ratissant beaucoup trop large. Si la musique est belle, où est le problème ? La tradition étant l’illusion de la permanence, il n’y a aucun mal à lui faire subir quelques délicieux outrages quand ceux-ci sont de goût. Et de l’eau non-sacrée de Mercan Dede, il est bon de s’abreuver sans retenue, chaque gorgée offrant une vision différente et merveilleuse.

note       Publiée le mardi 12 juillet 2016

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