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Esoteric › Paragon of Dissonance

cd | 7 titres | 90:08 min

  • 1 Abandonment [13:34]
  • 2 Loss Of Will [07:06]
  • 3 Cipher [09:16]
  • 4 Non Being [15:31]
  • 5 Aberration [15:46]
  • 6 Disconsolate [15:33]
  • 7 A Torrent Of Ills [13:37]

enregistrement

Enregistré, mixé, masterisé par Greg Chandler et Esoteric au Priory Recording Studio. Produit par Esoteric.

line up

Greg Chandler (voix, guitare, claviers), Mark Bodossian (basse), Joe Fletcher (batterie), Jim Nolan (guitare, claviers).

Musiciens additionnels : Gordon Bicknell (guitare, claviers), Mark Lockett (piano).

remarques

Version vinyle chez Svart Records, masterisé pour ce format par Joona Lukala.

chronique

Attendez, hé attendez-moi ! J’en veux bien un aussi de disque d’Esoteric, moi. « Tiens, prends celui-là ». Consternation : le titre est compréhensible, même pas d’adjectifs sortis d’une chanson de Om ou d’un bouquin de Deleuze ; la pochette est un peu moche, un peu Josh Grahamesque, synthétique, symétrique, mais pas trop dérangeante après le monument graphique, esthétique, musical, fou à lier, hénaurme que fut "The Maniacal Vale". Allez, on ouvre le truc, deux disques, peu de morceaux ? Meuh, ça me fait pas peur, ça va, et puis j’aime bien quand c’est compliqué et j’aime bien quand ça se veut un peu mystérieux et profond. Esoteric, c’est ésotérique, mais c'est un groupe qui rencontre du succès quand je lis les chroniques par ci par là et j’avais pu être en accord avec les réactions face à ces morceaux un peu « compliqués » pour du doom après écoute d’autres albums, plus compliqués que Saint Vitus quoi, mais denses, tourbillons, implacables, psychédéliques, inquiétants, hors-normes… je suis prévenu. J’aime les morceaux longs avec mouvements dans le rock, j’écoute même du Yes des fois, pas trop quand même, j’ai l’impression de me transformer en elfe sinon et ça ne me rassure pas… là, j’imagine qu’on pourrait se transformer en démon si le pouvoir du crâne ancestral était bien géré… mais hélas c’est du *trop long*, et le temps ne passe vraiment pas vite en écoutant ce disque pas très équilibré, cette voix qui beugle au maximum, avec des variations, mais toujours les mêmes, et pourtant la musique semble être un peu complexe et tout derrière, mais je ne trouve pas grand chose de très enrichissant, de définitif, j’ai comme plutôt une drôle d'impression d’esbroufe derrière cette quantité de breaks astronomiconescarumus… je m’ennuie, je stresse. La frontière est souvent ténue entre la réception pleine de joie et celle pleine de haine avec ce genre d’objet qui se veulent monumentaux, qui peuvent vite devenir plus bavards qu’autre chose, je veux dire plus bavards qu’insensés ou trippants, un peu comme lorsqu’on a le malheur de se retrouver happé par le discours d’un vieux hippie qui veut vous apprendre la vie et qui en arrive juste à vous racketter votre énergie… c’est mon malheur avec cet album, j’ai l’impression de me faire seriner par un nécromancien de comptoir épuisant : « hé, je t’ai pas raconté cette fois où je me suis planté sur mon invocation ? Je me suis retrouvé avec une mite et Manuel Balls, alors que j’avais commandé un billard ! ». Ouais, oui, tu me l’as déjà racontée. Tout ça pour dire que je suis épuisé, et même pas avant la fin de la première face avec cet album que je trouve laborieux au possible… pourquoi ? Qu’est-ce qui manque ? Ou plutôt qu’est-ce qu’on pourrait enlever dans tout cet amas de bonnes intentions ? Les mélodies gnangnan ? Cette voix qui n’en finit pas de beugler devant un parterre qui se bouche les oreilles ? Ma patience ? Surtout la sensation d’écouter brasser beaucoup pour peu de résultats, ce qui est encore plus triste car on peut écouter un mauvais groupe de hardcore pas original et mal fichu, ça passe mieux finalement que le propos chroniqué ici parce que c’est du brut, c’est simpliste… là avec « Paragon of Dissonance » je me trouve noyé, gavé par une succession d’empilements d’idées mélodiques compassées qui vont jusqu’à la nausée, qui me provoque une forme de rage assez intense même… c’est gênant, parce qu’on ne parle pas ici de premiers venus, le groupe a une aura d’entité tissant des liens, happant en loucedé, immergeant mais dans un sens particulièrement riche, mais bof ici parce que les mélodies sont trop convenues, les surprises qu’on peut avoir aux breaks retombent à plat sur des recettes pas très prenantes, que ce soit lorsque le groupe veut suggérer le mystère, ou le cosmique, ou la détresse totale, par des slows, des slows de death doom qui n’en finissent plus de se dire « tiens on va rajouter quelque chose par dessus les trois couches"… A conseiller en fait aux amateurs de purée bien compacte. Avec beaucoup de viande. Et trois sauces différentes, plein de légumes, quinze desserts et deux pizzas, tout cela cuit au micro-ondes, on se fait engueuler en plus parce qu’on ne mange pas assez vite. Voilà, non transmission chez moi de ce dernier Esoteric, les récepteurs ne sont pas au bon endroit, peut-être que je passe à côté de quelque chose de monumental, comme on passe tous les jours devant une meringue architecturale comme la basilique de Fourvière ou la tour Eiffel, je n’ai pas reçu la bonne initiation, mais pourtant j’aime bien Yob ! Je m’écoute Earth2 à fond dans la voiture pour me masser les poils des pattes ! J’ai communié avec Mournful Congregation ! Ou en fait oui, je suis pris par cette musique, je suis trop happé par ces petits solos inutiles, cette overdose de discours empilé comme un sandwich « Hummer », cette ambiance qui se veut mystérieuse, opaque et envahissante comme un cyberpoulpe mais qui ne me ratatine juste que de la patience, et qui ne développe encore juste, ici, à Nagano, que de la détresse mêlée à une envie de furieusement couper le son. Du kidnapping sonore qui me donne, du début à la fin de cet album la force de dire NON.

note       Publiée le dimanche 6 décembre 2015

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born to gulo › mardi 9 janvier 2018 - 22:04  message privé !

Bien plus touchant que le précédent, finalement.

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Wotzenknecht › lundi 7 décembre 2015 - 22:16  message privé !

Vu a l'epoque Maniacal Vale a Lyon avec Celeste, c'etait bien cool. Par contre, ce dernier album, rien qu'au titre on devine la note.

Klarinetthor › lundi 7 décembre 2015 - 22:02  message privé !

le cote chiant probablement; je vais dire que c'est le genre qui veut ca.

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Rastignac › lundi 7 décembre 2015 - 20:25  message privé !
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C'est quoi qui est pénible dans les concerts d'Esoteric (jamais vu, pour savoir) ?

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saïmone › lundi 7 décembre 2015 - 20:01  message privé !
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mortel oui, c'est le mot

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