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Mesdames › 11 Songs

cd • 11 titres • 39:43 min

  • 1Singing a song2:39
  • 2Christ cereals4:56
  • 3Morons3:41
  • 4Anyone else2:38
  • 5The eternal fight3:46
  • 6Café Chaud4:11
  • 7I’m not sure3:26
  • 8No way out6:34
  • 9D-D-Day1:29
  • 10Mommies and daddies3:39
  • 11Is it clear2:44

extraits vidéo

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enregistrement

Enregistré à la maison, quelque part à Grenoble. Parfois sur K7. Mixes maigres : Loup Uberto. Mastering : Jeremy Henry, La Villa (Montreuil).

remarques

Dessin : Caroline Dahyot.
Les mixages des versions CD, sortie en premier, et LP, arrivée quelques mois plus tard diffèrent, principalement parce que le support vinyle - aux dires des musiciens eux-mêmes - n'aurait pas pu "encaisser" le mixage initial sans que se présentent des problèmes mécaniques à la lecture.

chronique

Les noms de genres sont des ci-git. Les tentatives de généalogie, au mieux, de belles erreurs qui pointent qu’on est ailleurs ; au pire des réductions – trop précises et qui, visant comme ça, mettent à côté. Ils ont bien raison de continuer à le dire : "on s’en fout un peu, en fait". Les "on s’en fout" sont aussi des "pourquoi pas". À moins, bien sûr – c’est pareil mais le sens se renverse, c’est comme ça qu’il vient – que ce soit pris dans le contraire. Bon… Ils ont bien raison de crier. C’est comme ça qu’ils l’entendent – et après tout, c’est eux ! Cette musique, pardi. Enfin non… On n’est pas naïf : ce n’est pas eux, ce sont des bribes, des moments, des constructions, des façons de nous, de se semer. On enterre Jean Graindorge disloqué, on l’enfonce en terre en piétinant sa tête. Hop ! Ça pousse et fait des épis. Qu’on broie. Voilà ! Ils crient. Ça fait des miches à mâcher, déchiqueter, distribuer. Ils s’emballent, sur scène. Ils cognent. Ils se débattent. Enlevez du verbe l’initiale… Il reste un membre de phrase qui jouit. S'ébattent. (Je tiens Lacan pour abomination, je précise... C'est autre chose qu'on veut articuler, comme incidences, coïncidences, discrépances). C’est saisissant. Il y a Jean-Philippe, à la battue tout en brisées ; "ils disent que tu joues plus fort que tout le monde" ; c’est sûrement pour s’entendre mieux retomber ; elle servira peu, cette petite cymbale-gong, il avait un peu peiné à trouver où l’accrocher ; mais ce n’est pas rien, tant le reste surtout n’essaye pas d’être cristallin. Il y a Loup qui s’excite encore ; qui étire ; qui comprime ; qui invente la suite de ses écritures, dans l’instant de la dire. Il y a Fanny qui chante et joue et compose ciselé, au clavier. Lucas, derrière sa basse, qui joue d’une espèce de rondeur enflée à craquer. Ne croyez pas que ceux-là soient exécutants. Ils sont la gravité – ça sait rire ; il y a des choses profondes qui passent, alors ils sont la légèreté. Ça se permute, tout, ça, encore. Les rôles… Et puis on n’est pas post, ici – pas mortem, pas moderne… Enfin si, ils me disaient : on l’est peut-être bien, post, mais parce que ça voudrait dire : "on y retourne". Où donc ? Vers ce non connu, ce non-figé, ce non-ci-git – repetitas, d’accord. On trébuche, ici, on escamote, on force le passage – c’est à dire qu’on le joue, qu’on le fait fort. Ce n’est pas doux à l’oreille, en face, sur la petite estrade – oui, je ne les ai jamais vus qu’en un lieu et l’estrade est petite, là, inexistante, presque. On est pragmatique, quand on décrit… Ce n’est pas doux parce qu’il y a du délicat, dans ce qu’ils disent, essayent, trouvent, dans ce qui vient. Le bruit, c’est peut-être bien la pudeur enfin rendue à cet aveu que souvent, ailleurs, elle rate en déguisant, en amortissant. Mais alors… Il faut bien admettre qu’au débotté, le son de ce disque-ci surprend. Dérange, même. Agresse, quelque peu. Proche, oui – très… très – de ce que rendent ces Onze Chansons, justement, jouées en direct avec leurs plages d’improvisation. Et sans le de-visu, ça se prend d’abord peut-être un peu trop de plein fouet. Ça déborde, dérape, et à force que chaque détail y tonne, on n’y entend alors pas tout. Ça viendra, parce qu’on y reviendra. Parce que de toute évidence – pour qui avait ouï le précédent, Mesdamus Werke Verzeichnis – c’est bien du même chœur et des mêmes libres particules que vient cette musique. Il faudra seulement se faire à son évidence. Pour moi – parce qu’aussi, la raison d’où ça vient ne rencontre pas toujours tout de suite celle dans quoi ça tombe, où ça s’entend – je dois dire qu’il m’a fallu un certain temps. Davantage, oui, que pour le premier. La puissance m’en a déboussolé – et il m’a semblé, un moment, qu’il en allait de même pour ces morceaux, qu’elle les excédait un peu. Pas du tout. Elle en fusait, grâce peut-être irritée, "trop" vive. Mais peut-on être trop vif, comme on dirait "pas assez mort" ? Bizarre… Plutôt suivre cette étrangeté là, qui ne fait pas case, la guidée sans licol, toujours un peu en avant d’eux. "Ils ne se sont pas encore trouvés complètement", me disait quelqu’un qui sait assez de quoi il retourne, dans ces termes, à la fin du jeu, ce soir là. On était assez d’accord, je crois, pour l’occasion… C’est bien de ça, aussi, qu’il est question : ne pas s’arrêter dans ce qu’on vient de creuser, tailler… Ne pas se finir dans cet objet – ici, onze fois de suite – qu’on viendra d’excaver et, quand-même, en même temps, de nommer. On n’a pas dit que les mots devaient cesser d’agir en colle. Tant qu’on oublie pas, au moment de, leur qualité de graisse par quoi l’on glisse.

note       Publiée le lundi 9 novembre 2015

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Dioneo › dimanche 10 avril 2016 - 19:41 Envoyez un message privé àDioneo
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Du coup je n'ai jamais eu l'occase d'écouter la version vinyle... Mais comme dit dans l'interview, le mix est différent (de celle du stream/de la version CD), parce que le support n'aurait pas supporté la brutalité du truc ("ça sauterait tout le temps", en gros, disent-ils). (Racine touffue toi-même, sinon, oh !).

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Klarinetthor › dimanche 10 avril 2016 - 19:30 Envoyez un message privé àKlarinetthor

c'est de la faute du o barré et pas du chroniqueur tu impliques? J'aime bien rearforest comme nom, mais reafforests avec ces rhizomes ou racines touffues qui partent dans toutes les directions, ca veut bien dire ce que ca veut dire; et associé a la musique de Mesdames, ca fait sens, comme on dit aujourd'hui. J'ai trouvé le son du LP un peu moins incisif que sur le stream, la faute a mon matos ou au volume reduit auquel je l'ai ecouté, peut-etre...

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Dioneo › dimanche 10 avril 2016 - 17:43 Envoyez un message privé àDioneo
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Ah oui, merci, c'est corrigé. (Cette idée de doubler aléatoirement ou pas les consonnes entre les caractères spéciaux, aussi...).

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Klarinetthor › dimanche 10 avril 2016 - 17:16 Envoyez un message privé àKlarinetthor

Enfin ma copie chaude encombrante de boite aux lettres (surtout avec de la musique chargée pareillement). @ dio : il y a une petite typo sur le nom du label si j'en crois leur joli logo.

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Dioneo › mardi 10 novembre 2015 - 14:41 Envoyez un message privé àDioneo
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Ouep - interview coming soon -, y'a des chances que le prochain... Soit encore un peu autre chose, si j'en crois cette conversation qu'on a eu. Patientons, en effet, qu'ils peaufinent sans perdre l'élan !

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