Les objets chroniqués

Vous êtes ici › Les groupes / artistesPPeste Noire › Ballade cuntre lo anemi francor

Peste Noire › Ballade cuntre lo anemi francor

cd • 10 titres • 39:02 min

  • 1Neire peste01:58
  • 2La mesniee mordrissoire06:07
  • 3Ballade cuntre les anemis de la France - de François Villon06:29
  • 4Concerto pour cloportes01:29
  • 5La France bouge - par K.P.N. (chant de l'Action française)00:48
  • 6A la mortaille!04:39
  • 7Vespre01:57
  • 8Rance Black Metal de France06:42
  • 9Requiem pour Nioka (à un berger-allemand)01:41
  • 10Soleils couchants - de Verlaine07:12

enregistrement

Enregistré en automne 2008 par Famine le magnifique exceptés "Concertos pour cloportes", "La France bouge", "Vespre", "Requiem pour Nioka" enregistré par Fureiss. "Vespres" enregistré dans la petite chapelle de la Fraternité Malfé.

line up

Audrey (voix, piano, orgue), Famine (guitare, harmonica, voix), Ragondin (basse), Andy Julia (batterie)

remarques

Réédition cassette par Tour de garde en 2009. Réédition CD par La mesnie herlequin en 2012. Les illustrations de ces deux éditions diffèrent, celle de Tour de garde (cassette) inspirée d'une affiche de propagande du régime de Vichy avec miliciens marchant sous le regard du Maréchal, celle de La mesnie herlequin, verte elle aussi, figurant squelettes sous fond d'éclairs type soleil noir, habillés comme des militaires d'infanterie dans ce qui semble être un pays d'Afrique du Nord, inspiré j'imagine des affiches de propagande de la Coloniale sous la IIIe République.
*La présence de Peste Noire sur ce site ne signifie en aucun cas l'adhésion, même partielle, de la rédaction de Guts of Darkness aux idées véhiculées par le groupe.

chronique

Cet album est un recueil de chants militaires et de poèmes. Je précise : cet album est un recueil de chants de parachutistes, de ligues contre-révolutionnaires (cf. dans le livret de la réédition Mesnie herlequin la jolie francisque où est crucifié le chanteur), de scouts, de légionnaires, de troupes de la Coloniale, cf. l’illustration de la pochette de la deuxième édition. Plus une chanson de Villon envoyée au Roi en remerciement de l’avoir sorti de son cachot. Plus un poème, un de mes préférés de Verlaine, respirant l’ennui et la déprime d'une manière ultra synthétique et géniale. Bien. Je précise : ceci est une réinterprétation de ces standards tout sauf rock and roll, extrêmement attachés à la défense du patron (l’Etat, le Roi, l’Armée, le Chef). Leur point commun ? La mort rôde, la vie n’est belle que lorsqu’elle est combattue, la France est un concept relevant de la biologie : France Maman, Français Fiston. Je précise : leur point commun ? Réécriture partielle entaillée de nombreux interludes destinés à faire rentrer tout ce répertoire dans un creuset plongeant à plein le nez dans le kitsch (cf. certains interludes), se prenant le groin du gros Jean-Marie (cf. certains samples), se prenant la tête avec les petits oiseaux. Remix de chansons FNJ ou béret rouge avec des bouts de morceaux de guitare que vous retrouverez avant cet album (les guitares de la Sanie des siècles ou de Folkfuck Folie), ou après - (le début de « La Chaise Dyable »), cet album, cette anthologie révisée saura ravir les gars qui font de la marche dans la nature en culottes courtes et bérets, ou les gens restant au chaud quand il fait froid et qui ont envie de déprimer devant le portrait de pépé en uniforme, grâce à la tonalité de la musique triste, et lente, de ce folk metal carnet de chansons, bourré jusqu’à la moelle d’un certain répertoire qui semblait obséder l’auteur à l’époque, un répertoire et des obsessions qui seront passées à la moulinette techno zouk dans sa prochaine « Ordure », laissant l’auditeur dubitatif, soufflant, ou juste curieux de ce cirque monté de force contre toute idée de prise avec le réel, avec la vie contemporaine, avec la vie tout court. Le précédent opus était vraiment une ode à la folie pure et simple en prenant comme témoins Artaud, Lautréamont ou Brasillach, trois spécimen de la poésie sombre et expérimentale oufe gueudin de la Frankreich, en dehors de toute autre considération que celle morbide qui est de se démener contre le monde et le corps. Ici c’est bleublancrouge, oui chef sergent-chef, drapeau baïonette médaille baston scrogneugneu à tous les étages, avec des pics de nawak, notamment dans la reprise du chant de l’Action Française ultra kitchisé par des voix claires sorties d’un séminaire. Ces ballades contre ze enemigo og France, oscilleront, pour moi, entre la nausée (la basse souvent à l’arrache quand on l’entend, les plans de batterie très basiques, un son grossièrement saturé, un discours à des milliards d’années lumière de ma caboche) et de grands moment mélodiques (la guitare, encore et toujours), pour ne laisser au bout du compte qu’un moment de gêne pas très glop, celui-ci devenant omniprésent sur « l’ordure à l’état pur » le pivot du projet Peste Noire : gaver l’auditeur de remords et de doute, se dire que finalement c’était mieux quand on envoyait des troupes en Algérie que maintenant où « les blancs » semblent se définir comme « minorité combattante », gavage avec la manière forte, jusqu’à en devenir trop brutal pour finalement, une fois sur deux, taper à côté. Ici, c’est encore moit’ / moit’, avec donc de grands moments musicaux (les moments les plus rock and roll, bizarrement), la reprise de Verlaine en tête, et des nids de poule où choix des textes, d’orchestration, interprétation vont être zut (les voix féminines, les claviers gnangnan, les voix claires stressantes, une ambiance « petit pont de bois », un harmonica plof, un orgue bof, exprimant des textes bien guerriers, paf), et finalement ça gâche bien le plaisir de mon oreille sensible, mais néanmoins compréhensive, mais néanmoins plus très patiente avec l’âge. C’est sûrement parce que je n’ai pas eu à effectuer le service militaire. Je n’ai pas eu à frissonner en chantant l’hymne à Saint Michel. Bon, j’ai beaucoup chanté de chansons paillardes mais là, y en a pas, car là d’dans, quoi qu’y a ? Ben y a un condensé de black bleu blanc rouge de loin, noir blanc rouge de près (les « sieg he(i)ll » au début de l’album avec Le Pen derrière, POUAH, l'édition québécoise à la Francis Kuntz), la grosse queue-queue dans la culotte, le passé qui passe pas dans les poches, et une envie de sortir des carcans du rock pour finalement retomber dans la chanson à papa. Drôle de genre que ce black metal, la révolution déjà effectuée, on repart en arrière, on se retrouve avec un béret sur la tête, une gibson américaine dans la main, comme si la sensibilité se bouffait la tête, comme sur Folkfuck Folie, mais sans cette touche abyme sans fond qu’on pouvait y trouver. Ici, sur cette « ballade », il y a trop de moments où l’histoire est prise de travers pour devenir un argument artistique pas très bien porté par l’interprétation, et ça n’attaque pas trop l’hypothalamus, un peu comme lorsque je regarde un défilé militaire : y a de beaux costumes, mais ça sent trop la naphtaline.

note       Publiée le samedi 10 octobre 2015

réseaux sociaux

tags

Vous devez être connecté pour ajouter un tag sur "Ballade cuntre lo anemi francor".

notes

Note moyenne        12 votes

Vous devez être membre pour ajouter une note sur "Ballade cuntre lo anemi francor".

commentaires

Vous devez être membre pour ajouter un commentaire sur "Ballade cuntre lo anemi francor".

Rastignac › dimanche 4 février 2018 - 17:08  message privé !
avatar

C'est pas si bizarre si tu lis bien la chronique (de la chaise dyable). :-) C'est pas une question de cohérence non plus, de mon point de vue.

Note donnée au disque :       
Rikkit › dimanche 4 février 2018 - 17:04  message privé !

Bizarre que "La Chaise-Dyable" t'aies plus plu que "Ballade". Il me semble plus cohérent et marquant.

Note donnée au disque :       
Rastignac › dimanche 4 février 2018 - 16:20  message privé !
avatar

Oui, on pourrait aussi ajouter "chantier de jeunesse" black metal, "colon" ou "parachutiste" black metal ou bien "camelot du roy" black metal. Faut aimer.

Note donnée au disque :       
Rikkit › dimanche 4 février 2018 - 15:01  message privé !

Hodari Black Metal en fait.

Note donnée au disque :       
Rikkit › dimanche 17 avril 2016 - 22:46  message privé !

"Ballade" c'est le meilleur. Avant c'est aussi très bien, après c'est un peu plus chiant et concon. Mais "Ballade", Famine a jamais fait mieux je pense.

Note donnée au disque :