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Fairport Convention › Liege & Lief

cd | 10 titres | 55:23 min

  • 1 Come All Ye [5:02]
  • 2 Reynardine [4:33]
  • 3 Matty Groves [8:09]
  • 4 Farewell Farewell [2:39]
  • 5 The Deserter [4:23]
  • 6 Medley : The Lark In The Morning ; Rakish Paddy ; Foxhunter’s Jig ; Toss The Feathers [4:08]
  • 7 Tam Lin [7:13]
  • 8 Crazy Man Michael [4:40]
  • Bonus de l’édition CD
  • 9 Sir Patrick Spence [4:00]
  • 10 Quiet Joys Of Brotherhood [7:48]

extraits vidéo

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enregistrement

Enregistré par John Wood, Sound Techniques, Londres, les 16 octobre (4 et 5), 19 octobre (8), 29 octobre (1, 6, 7 et 10), et 1er novembre 1969 (9). Produit par Joe Boyd. Titres 9 et 10 mixés par Paschal Byrne aux studios Universal en janvier 2002. Remaster CD par Gary Moore, Joe Boyd et Ashley Hutchings.

line up

Sandy Denny (voix), Ashley Hutchings (guitare basse), Dave Mattacks (batterie), Simon Nicol (guitares), Dave Swarbrick (violon), Richard Thompson (guitares)

remarques

Les titres 9 et 10 sont les bonus de l’édition CD Island de 2003.

chronique

Une trajectoire se brise. Ç'aurait pu être une fin. Au printemps 1969, le van qui transporte Fairport Convention – en tournée après deux albums déjà sortis cette même année – quitte la route. Accident. Deux passagers y laissent leurs vies : le batteur Martin Lamble, dix neuf ans ; et Jeannie Franklin, la compagne de Richard Thompson. Le groupe pense d’abord se séparer, ne pas s’en remettre. Pourtant... Joe Boyd – producteur du groupe, Américain établi à Londres, à qui la scène folk anglaise, rock ou pas, doit tant – loue une maison à la campagne, isolée. Propose qu’ils s’y retrouvent, qu’ensemble ils y recouvrent. Voilà : l’histoire est dite. Mais il n’y a pas, mais elle n’est pas que ça. Ce disque ne porte pas, n’est pas la marque sinistre du deuil, son ombre seule qui planerait. La vie n’a pas cessé, de ceux qui sont restés… À vrai dire, Liege And Lief commence par une fête, un appel, une injonction de joie. "Venez, roulants ménestrels/Ensemble nous essaierons/De réveiller l’esprit de la Terre/Et de mouvoir le ciel roulant". C’est Sandy Denny qui écrit la chanson. En anglais infléchi de dialectal (Come all YE rolling minstrels…). Et celle-là – comme toutes sur cet album – plonge ses racines à d’anciens répertoires. Locaux. Anglais, donc, "celtiques". Médiévaux, populaires. Parfois étranges… Gigues, ballades, légendes. Sandy, paraît-il, chantait et jouait déjà, à son arrivée dans le groupe, de ces poèmes et danses tirés du fonds anonyme, passés par tant de mains et de gorges qui, les transformant, avaient rendu presque impossible de remonter à une origine unique, certaine. Ashely Hutschings, semble-t-il, s’en délectait particulièrement. Et puis un autre choc – celui-là heureux – les avait tous frappés quelques mois plus tôt. Un disque. Le Music From Big Pink de The Band, sorti à l’été 1968. Incroyable plongée folk, country, formes appropriées complètement, absolument pas jouées comme au musée. Un bout d’histoire américaine – soudain vivante – s’était animé devant eux. Il n’était plus, il n’était pas possible d’imiter ce voisin d’en face. Il fallait – à leur tour – que ceux là trouvent d’autres sources. Hutchings se mit à fréquenter assidûment, à Londres, les archives de la Cecil Sharp House, afin d’y recueillir des textes anciens, de s’immerger dans ce trésor alors largement oublié. Tout ressurgi, ici, sur ce disque. Les légendes jaillissent. Les membres du groupe choisissent, remodèlent. Ils épousent les métriques parfois inhabituelles, irrégulières – caractéristiques qui parfois peuvent venir d’un village, d’un lieu dit, d’une cour, qui sait, particularismes de lignées, de tribu ou fantaisie de poète (si tant est que l’on puisse toujours démêler qui de quoi). Ils trouvent ce que celles ci accentuent, comment elles articulent les pièces. Il ne s’agit pas de recréer un modèle, d’imiter. Pas plus de croire, de se faire croire, qu’on fait renaître tel quel ce qui avait été interrompu, recouvert, suspendu. Il ne s’agit encore pas, cette matière investie – et modifiant elle-même le jeu, posant et poussant ses territoires – de "moderniser" à tout prix l’interprétation. Il est question, toujours, toutes techniques informées, idées découvertes, de jouer à même le jour, de continuer ainsi ce qu’on a saisi. Ils y parviennent – avec une sûreté de geste, un sens des durées, des vitesses adéquates, des changements et répétitions assez stupéfiants. Ces jeunes citadins se font une commune en pleine terre. Une place sans parquet pour la danse. La propulsion du jeu collectif, sur les morceaux, les parties enlevées, emporte comme jamais (ou autrement, plutôt… la cohésion du groupe était déjà palpable, magnifique, sur l’album précédent). Le jeu du nouveau batteur – Dave Mattacks – n’imite surtout pas celui de l’ami défunt. Tout en frappes brèves mais roulées sur la caisse claire et les toms, véloce mais sans brillance métallique – proche dans sa façon de lancer et tourner de ce qui se pourrait jouer sur des tambours sur cadres frappées des doigts, des paumes. Pas de syncopes, là, d’accents jazz dans les cymbales, comme auparavant dans le jeu de Lamble. Ce n’est pas qu’ils fassent défaut : c’est aussi que la musique passe, est passée ailleurs. Matty Groves ou la suite initiée par The Lark In The Morning sont d’irrésistibles rondes. Et pas vidée de toute autre substance, d’émotion. Une chaleur, aussi, les tient. Beaucoup de ces récits nous content sorts cruels, jalousie de dieux, déesses envers des mortels qui leurs résistent, vengeances atroces... L’amant y tue l’aimée de ses mains. Ce sont des thèmes – des couleurs, des choix – dont s’emparera bientôt le "mouvement folk", en Angleterre et au delà, en France, ailleurs. Certains en feraient peu ou prou un système figé, des musée ou kermesse ; d’autres sauraient en garder, en exprimer des substances vives, à leur tour. Pour l’heure, en de tels lieux, ce qui se joue, ce qui se dit, a quelque chose d’inédit. La forme poétique a quelque chose d’unique. Elle trouve sa concision, se fait un moteur des répétitions, des réitérations, de cette apparente simplicité ; les variations, déclinaisons d’images – dans la succession des vers, par exemple, de Tam Lin, qui commencent par "They will turn me in your arms…" – prennent dans ce contexte, cette économie, cet art de l’épique, une force expressive inouïe, puissante aussi parce qu’elle est directe, en langue du commun, ramenée hors l’allégorie en plein monde sensible, directement appréhensible. La scansion des strophes, sur ce même morceau, suit d’ailleurs avec un confondant naturel la curieuse battue du temps – mesures paires et impaires alternées. La poignante chanson qui suit, et conclut le disque – Crazy Man Michael – est de Sandy Denny, encore. Rien ne choque, ne fait rupture – de ton, de cohérence, irruption d’un autre monde – entre les deux. On les croirait d’une même plume. Le violon de Dave Sawbrick – déjà présent sur Unhalfbricking, qui avec la guitare de Thompson élevait en tournoyant, à de telles hauteurs, le traditionnel A Sailor’s Life – coure et s’alanguit de l’un à l’autre. Tout au long du disque, se mêle aux autres timbres, aux autres traits. Voix chorales et solistes mais jamais isolées, détachées, cherchant à faire aparté. Fairport trouve encore, à nouveau. Le groupe se fait à lui tout seul un genre. C’est en fait un début – celui d’une longue carrière, l’attaque d’une veine qu’aujourd’hui, encore, certains de ceux-là continuent de creuser. C’est un disque, aussi, une fois de plus unique, distinct de ce qui s’ensuivra. Sandy Denny, dès le suivant – Full House, en 1970 – n’y serait plus. (Pas plus qu’Ashley Hutchings d’ailleurs – alors que ce sont ces deux là, on l’a dit, qui avaient poussé le groupe, le plus fort, sur ces nouvelles terres folk). Et Richard Thompson partirait avant le suivant - Angel Delight, en 1971. On ne dira pas que leurs voix – les plus saillantes, dès Unhalfbricking au moins – viendraient à manquer. Elles résonneraient ailleurs. Et celle du groupe ne cesserait pas, plus que jamais d'être question collective. Je le disais : ce ne serait plus, tout à fait, la même histoire. Dès ici ces hérauts ont trouvé un pays.

note       Publiée le samedi 6 juin 2015

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Rikkit › mercredi 16 mai 2018 - 20:59  message privé !

Merde, je cherche et je vois qu'il y a pas Malicorne ici alors que j'en étais persuadé.

Rastignac › jeudi 31 août 2017 - 02:59  message privé !
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Beau à en chier des perles de pluie venues de pays où il ne...

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(N°6) › lundi 14 août 2017 - 16:08  message privé !
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La face A de Unhalfbricking contient deux morceaux parmi mes préférés tout genre confondu (Genesis Hall & Autopsy), mais celui-là, c'est une autre histoire. Matty Grooves, The Deserter, le medley, Tam Lin, les morceaux bonus… Sandy Denny est devenue à ce moment-là (pas en 69) une de mes voix préférées (Led Zepquoi ?). Sublime du début à la fin.

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Klarinetthor › dimanche 16 octobre 2016 - 17:41  message privé !

On va rendre a Swarbrick ce qui appartient a Swarbrick, celui qui maitrisait ce violon hypnotique, sur celui-ci, Unhalfbricking, Full House,... Decédé plus tot dans l'annee, et le seul membre de Fairport a venir de Birmingham, les autres venant de Londres et de sa region.

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Dioneo › jeudi 30 juillet 2015 - 12:11  message privé !
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Oui oui, Cruel Sister - spécialement -, Sweet Child... Ça viendra. (Par moi ou... Par pas-moi, si quelqu'un d'autre s'y colle avant que ça me prenne).

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