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Fairport Convention › Fairport Convention

cd • 16 titres • 56:58 min

  • 1Time Will Show The Wiser3:04
  • 2I Don’t Know Where I Stand3:43 [reprise de Joni Mitchell]
  • 3If (Stomp)2:45
  • 4Decameron3:42
  • 5Jack O’Diamonds3:28 [reprise de Bob Dylan & Ben Carruthers]
  • 6Portfolio1:58
  • 7Chelsea Morning3:03 [reprise de Joni Mitchell]
  • 8Sun Shade3:46 [reprise de Harvey Brooks & Jim Glover]
  • 9The Lobster4:45
  • 10It’s Allright Ma. It’s Only Whitchcraft3:12
  • 11One Sure Thing2:52
  • 12M.1 Breakdown1:23
  • Bonus de l’édition CD
  • 13Suzanne5:45 [reprise de Leonard Cohen]
  • 14If I Had A Ribbon Bow2:40 [reprise de Huey Prince & Louis C. Singer]
  • 15Morning Glory3:09 [reprise de Tim Buckley]
  • 16Reno Nevada7:43 [reprise de Richard Farina]

extraits vidéo

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enregistrement

Album original (1-12) enregistré au studio Sound Techniques, London par John Wood ; produit par Joe Boyd & Tod Lloyd pour Witchseason Productions.

line up

Judy Dyble (voix lead, autoharpes électrique et acoustique, flûte à bec, piano), Ashley Hutchings (Ashley « Tyger » Hutchings) (basse, guitare, cruche), Martin Lamble (batterie, percussion, violon), Ian Macdonald (voix lead, guimbarde), Simon Nicol (voix sur 6 & 12, guitares électrique et acoustique), Richard Thompson (voix, guitares acoustique et électrique lead, mandoline)

remarques

Suzanne (13) : Prise studio de la chanson de Leonard Cohen, possiblement enregistrée dans la période suivant immédiatement l’album, alors que Judy Dyble faisait place à Sandy Dennis. If I Had A Ribbon Bow (14) : Premier single du groupe. Morning Glory (15) : Reprise du morceau de Tim Buckley, souvent jouée en concert par le groupe, à l’époque. Enregistrée pour l’émission de télé française « Bouton Rouge » en 1968. Reno, Nevada (16) : Reprise de Richard Farina – et « base d’improvisation » typique de l’approche scénique du groupe à l’époque. (D’après les notes d’Ashley Hutchings, auteur des notes de pochettes pour la réédition CD de 2003).

chronique

Un disque de prime jeunesse, une première époque finalement assez brève… Voici que ce disque n’a pas perdu sa fraîcheur. Aussi, voilà qu’on y entend pas – encore aujourd’hui – plate naïveté, airs désormais passés, jeu d’imitation qu’ils auraient enregistrés trop tôt… Il est évident que les membres de Fairport Convention – certains alors âgés de dix-huit, dix neuf ans à peine – adulaient de mêmes idoles que tant d’autres, de cette génération… Il fait peu de doute que ces types et cette fille étaient encore fascinés, à ce moment de l’histoire, par la lointaine Californie, la scène de San Francisco, autant que par le folk New Yorkais. Les chansons originales ont encore ce souffle Beat qui serait un lien commun, la chose en partage avec ces modèles - Bob Dylan, Joni Mitchell, tous deux déjà repris, ici ; Cohen ou Tim Buckley … – qui étaient à peine leurs aînés. On entend pleinement, aussi, ce goût des lumières qui flottent en touches colorées, vives, des sons réverbérés, des guitares claires, scintillantes, carillon – reprises aux Byrds, aux tout premiers Jefferson Airplaine… Bien sûr : on peut penser qu’en 1968, tout, depuis là, avait déjà muté ; que ces chevelus Anglais avaient sur les hippies d’en face comme un avion de retard. Seulement il y a là plus que de supposés tics, mieux que des genres appliqués. Une sûreté dans l’arrangement, un sens des séquences et de leur découpage, dans un même court morceau, assez étonnants pour des gens de leurs âges. Une surprenante subtilité – et une vivacité donc – dans le jeu de guitare de Richard Thompson, le plus jeune, si je ne me trompe, d’entre eux tous. Un sens peu commun des variations de dynamiques, les accents très souples et nets de cette batterie parfois assez franchement jazz qui soudain s’emballe en roulements rhythm’n’blues, en même temps que le reste du groupe est tout à coup chopé par l’électricité. Oui : ce disque est un peu erratique, bribes d’univers déjà bien "pris" mais cousus là "comme c’est venu", sans souci de continuité, probablement – de progression, d’équilibre, de cohérence entre ces scènes pourtant chacune parfaite, en soi ; sans doute une part de son charme vient-elle de là, de cette absence de plan, de cette spontanéité qui donne sans calcul, sans arrière pensée de faire œuvre. Peut-être, aussi, la beauté de la chose tient-elle en partie de ce décalage, de ce contraste pas complètement maîtrisé, un peu étrange : tout ce qu’ils prenaient à l’autre continent soudain plongé dans les bruine insulaires, résonnant d’autres rues, d’autres clubs, d’autres chambres autrement arrangées. C’est après tout la suite, la marche de cette histoire de pillages mutuels, admirations, reprises au point où l’autre arrivait, d’Amérique en Angleterre en retours etc. Il est indéniable que Judy Dyble chante au plus proche qu’on peut l’être – c’est à dire en se rappelant quelle était (et restera) inimitable – de Grace Slick. Tout le groupe est ainsi : encore très près de ses inspirateurs ; déjà bien plus que simplement compétent quant à la matière qu’il en tire, l’intégrité de ce qu’il tisse avec ces brins. Rien de gênant là-dedans ; rien que ces mêmes musiciens – les notes de pochette de la réédition, écrites par Ashley Hutchings semble d’ailleurs en attester – devenus adultes, auraient lieu de renier. Il restait à la bande, cependant, au groupe – ça n’est guère contestable à écouter la suite – à devenir autre chose.

note       Publiée le lundi 18 mai 2015

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Jean Pierre Moko › mercredi 6 septembre 2017 - 09:19  message privé !

J'en parlerai a mon cheval

saïmone › vendredi 1 septembre 2017 - 14:17  message privé !
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Si ça fait 15 ans que tu viens juste pour te "renseigner", tu serais déjà parti depuis longtemps, non ? Dois bien y avoir quelque chose qui te plait, dans cette pompeuserie ? Sinon c'est faire confiance à ton pharmacien pour ta tumeur au cerveau

Jean Pierre Moko › mercredi 30 août 2017 - 14:57  message privé !

"on est passé de chros informatives à des chros plus "vécues"" > effectivement, et c'est bien ce que je deplore. Je viens ici (depuis 2002 a peu près) pour me faire une idée sur un disque/groupe, pas pour la "créativité littéraire" d'un chroniqueur. Mais comme on dit, chacun voit midi à sa porte. Merci pour ton avis sur Fairport, je vais donc creuser dans les premiers !

WZX › mercredi 30 août 2017 - 14:45  message privé !

Je les trouve au contraire très informées, ces chros... La mise en perspective, elle est là, par rapport aux albums suivants et à d'autres groupes de l'époque. On est bien loin des chros où on te raconte des histoires de forêts au clair de lune, ou de gens torturés dans des caves.

Après le style, j'ai envie de dire que c'est comme pour les disques, y en a pour tous les goûts. Mais demander une fiche technique je trouve pas ça très excitant !

Klarinetthor › mercredi 30 août 2017 - 13:19  message privé !

Quant à Fairport, oui je dirais les 5 premiers - plus le Fotheringay. J'ai essayé Angel Delight un matin tranquille de vacances la semaine dernière, c'est vraiment kitsch, un peu autoparodique. Par contre, le disque de retour de Sandy Denny (Rising for the Moon) a l'air déjà plus intéressant de prime abord.

Note donnée au disque :