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Stolearm › Glasslight Schwarzfaçade

cd • 13 titres • 00:00 min

  • 1Le Immeuble 01:44
  • 2Tronade Wave 04:00
  • 3Jimpse 04:18
  • 4Smashing Glass 04:12
  • 5Holograms 03:23
  • 6Deterre Unwomb 04:44
  • 7Heat in the basement 03:49
  • 8Fresh Fall 04:39
  • 9Hang On (the waittt) 02:50
  • 10I'm REALLY BLEEDING ... A LOT 03:46
  • 11Factice 06:29
  • 12Black Electronics 03:43
  • 13Carl Zeiss 08:33

line up

Lühje Dell Eglio (musique, sons, paroles, voix, sampler, synthés, batterie sur les pistes 3, 4, 10, 11, guitares additionelles sur les pistes 4, 8, 12)

Musiciens additionnels : Juhass (co-composition et guitares sur les pistes 2,3,4, 6, 11), Gom (guitare et choeurs sur la 11),

remarques

chronique

Styles
electro
ebm
new wave
Styles personnels
futurepop / dreamwave

Il faut avoir la foi, quelque part, pour encore écouter de la musique inspirée par les années 80 en 2015 (ou en 2013, donc, puisque c’est là que je découvrai Stolearm). Avoir vu Stolearm sur scène peut aider un peu, aussi. Le gars Lühje Dell Eglio annonce direct Yello et Young Gods en influences, ce qui montre qu’en restant dans le fromage suisse on peut déjà la jouer double tranchant, cumuler agressivité et ivresse des synthés qui débloquent. Malin, il rajoute même "fœtal pop" dans sa description, ce qui en plus de décrire la prod (mastoc, multiple... et maternelle) renvoie à Fœtus, référence ô combien dangereuse mais dont il se montre digne, et c’est bien là tout le sel de Stolearm : le chant a une personnalité, une vraie, et dieu que ça change tout ! La chose est en voie de disparition, apparemment à Montpellier il y en a qui tiennent le coup sous stéroïdes, entre futurepop et EBM, avec quelques effluves dark-wave. D’entrée, Glasslight Schwarzfaçade impose le respect : Depuis quand au juste un début d’album n’avait pas chopé aux reins avec autant de classe ? L’intro "Le Immeuble" qui ferait presque bailler, l’air de jouer les pompeux goth-wave insipides trop surs de leurs effets, c’est en fait une montée absolument imparable vers le monstrueux tube qu’est "Tronade Wave", ebm mélodieux et sévèrement classe figé dans un mille-couches verglacé, balayé et érodé par un blizzard mentholé de tous les diables… Depeche Mode buteraient leur mère pour pondre un machin pareil aujourd’hui, quant à Trenty Reznor, c’est pire : il en vendrait sa collec de Jim Thirwell… Tout y est : binaire pressé, basse saccadée, manque, sueurs froides, adrénaline rock qui coule dans les veines cold wave, si bleues et si saillantes. J’ai l’air d’en faire trop, en fait non, ce truc met au sol, souffle court, et va vous faire découvrir fissa que même le monde bisounours de bandcamp vous réclame de la thune si vous appuyez trop sur la fonction repeat. Stolearm vous initie aux nouvelles fonctionnalités du ouaibe, c’est pas beau ça ? En plus ce coup-ci les capitalistes ont raison, faut descendre de sa planche de surf et choper tout l’album, parce que juste après, sans transition, que voit-on pas arriver en plage 3 ? "Jimpse". Et là, le constat s’impose : y’a combien de chansons de new wave sur la planète qui sont plus puissantes que ça ? Pas beaucoup. Oui, c’est vertigineux, et pourtant, pourtant, voilà le travelling ; réveil en retard, anxiété, café clope, métro, bruit de freins, yeux révulsés, suées encore, anxiété, grincement des dents en silence, mp3 trop fort, boulot, journée qui passe en un éclair, micro-ondes, anxiété, heure de pointe, retour, lexo, frigo, dodo, insomnie, réveil, mâchoire toujours serrée, tête contre la machine à laver, plaisir du cerveau qui se reformate au rythme du tambour plein de mousse… Non, toujours pas ? Bon, je vais pas y aller par quatre chemins : Stolearm ont le truc. Les autres cherchent. Bien qu’ultra consistant et toujours impressionnant, le reste du disque n’atteint pas le niveau de ces fulgurances (évidemment j’ai envie de dire, ces deux tubes sont des flashes comme balancés au réveil, les neurones éteints mais le rêve encore frais). Volontiers étrange et coupé du monde réèl, Stolearm enchaîne les titres assez variés, truffés de clin d’œil épars et géniaux : "1000 Knives" de YMO, la b.o. de Donkey Kong Country I, parmi ceux que j’ai pu capter, le tout envoyé – sans les mettre à l’amende cette fois - avec la débauche de new wave dark de Depeche Mode période "Everything Counts" et la classe vocale de Nine Inch Nails dans ses meilleurs jours. Et encore, en plus viril et moins énervant que trentoune. A vrai dire s’il y a un vocaliste auquel Lucien Dall’Aglio (c’est même pas un pseudo) fait penser, c’est plutôt… Dick Witts, de The Passage ! Un type maniéré typique du nord de l’Angleterre, à l’éloquence littéraire et aux textes vitriolés. Donc pas d’accent français approximatif ici : Stolearm c’est du rôdé, ça pourrait chanter n’importe quoi que ça passerait, avec une diction et prosodie aussi classe… (écoutez moi ce "Factice", c’est du Mark Hollis qui aurait bouffé du Mark Lanegan, le tout sur une vigoureuse raclée Trevor Hornienne, mécanique et urbaine). Et en prime il y a le petit côté fougueux-méditerranéen-échevelé, le bonus EBM qui vient transcender les références pointues comme une arrête d’immeuble. Cherchez pas un truc de machin-wave plus classe ces dernières années, à part The Knife, y’a pas. Malgré tout, un certain creux subsiste après les deux tubes du début, du moins jusqu’au défoncé et maniaque "Deterre Unwomb" et surtout "Heat in the Basement", bombe europop entre Tubeway Army et Dave Gahan… On restera donc sur un gros 5 aussi mastoc que cet immeuble, illustration parfaite pour ce disque, d’ailleurs. Pour la prochaine fois, espérons un chant plus en avant, et que Stolearm hésite pas à à lâcher les chiens de traîneau sur le côté dreampop discordant.

note       Publiée le jeudi 2 avril 2015

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Note moyenne        3 votes

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born to gulo › lundi 6 avril 2015 - 17:43  message privé !

Lucien est un mec bourré de culture, genre jusqu'à la pointe des cheveux ; mais il a encore plus de talent, c'est ça le truc.

Note donnée au disque :       
dariev stands › dimanche 5 avril 2015 - 14:20  message privé !
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Je crois que j'en avais causé à l'ami twilight un jour de beau temps au pays des ricola (sorry!)... Et oui, j'ai oublié les références à tonton Jaz et à Killing Joke, bien sûr, elles sont justifiées... comme tant d'autres, et pourtant, c'est complètement original. en tout cas si ça peut en motiver d'autres : je suis plutot réfractaire à l'ebm et à la futurepop d'habitude, mais ce disque décoiffe et dépasse allègrement ces genres un peu trop codifiés.

Kagoul › samedi 4 avril 2015 - 19:24  message privé !

La baffe ! écouté une fois sur bandcamp.com, commandé aussi tôt ! De mon côté je ne vois pas trop le creux ^^ Quelle voix en effet pour le chanteur ! sur Smashing Glass, il y a du Jaz coleman dans sa voix. Merci Dariev pour cette fantastique découverte ! à mon avis Twilight devrait apprécier. Twi, j'ai hâte d'avoir ton avis sur cette tuerie. que ça fait du bien d'entendre des merveilles pareilles en 2015. Du coup va falloir que j'écoute leurs précédents méfaits ^^

Note donnée au disque :       
Seijitsu › jeudi 2 avril 2015 - 17:44  message privé !

"dreamwave"... Tu as dit le mot magique Dariev.