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Deafheaven › Sunbather

cd • 7 titres

  • 1Dream House
  • 2Irresistible
  • 3Sunbather
  • 4Please Remember
  • 5ertigo
  • 6Windows
  • 7The Pecan Tree

line up

George Clarke, Kerry McCoy, Daniel Tracy

remarques

chronique

Incroyable, de voir Kayne West déclencher les passions. Sa présence sur Guts, qu'elle soit ou non de l'ordre du lol, soulève des questions sur lesquelles chacun y va de son bon mot. Sur le mainstream, sur l'underground. Sur la séparabilité de l'expérimental et de la supercherie (ce qui est un mirage, bien sûr). Sur le concept, la popularité, l'accessibilité. Chacun y va de sa version, de préférence en rabaissant l'autre comme la moindre des merdes. « Tu dois être sacrément impressionnable pour trouver ça dangereux ! ». « Tu dois être borné pour ne pas voir l'audace dans la démarche ! » etc... Bon au final on pourrait s'en branler, si ce n'était pas justement le problème de Deafheaven. Vous le savez sans doute, mais ce disque est arrivé premier sur la quasi totalité des top 2013 de la quasi totalité des webzines musicaux, des webzines mainstream, underground, élitiste, poseur, hipster, bref tout ce qui alimente des commentaires qui se surpassent les uns les autres. Deafheaven réussi ici le pari d'être à la fois plus extrême et plus mainstream que son précédent album. Comment est-ce possible ? C'est pas justement ce qui faisait séparation d'avec le grand public ? Les blasts et tout ça ? Il semblerait bien que non, et que ce ne soit pas si évident. La rencontre entre la mièvrerie des derniers album d'Envy avec l'opportunisme des gars de Liturgy, ça ne pouvait rien donner de bon. Offensif, le disque n'essaye pas de l'être – sa pochette rose, ironique elle aussi, vient en témoigner. Le disque se contente d'être ironiquement violent. Ironiquement extrême. Des gros blasts, des hurlements black metal, et des mélodies post-rock-screamo rêveuse et chatoyante. Le précédent album assumait ses penchants neuneus dans des mid-tempo cajoleurs, des arpèges cristallins et tout le barda. Ici, nous avons passé un palier. L'intensité brutale et ironiquement vénère de la musique (suffit de voir les gaziers en chemises sur scène pour rire un bon coup) révèle un profond malaise : à force de bouffer de tout et du n'importe quoi, d'être éclectique comme jamais, de tout écouter tout le temps et n'importe où et n'importe comment, de tout écouter instantanément (combien iront de suite lancer leur youtube pour écouter en qualité immonde le premier morceau du résultat de la recherche ?) avec un manque de recul qui n'a d'égal que l’intarissable verbiage Facebookien de ceux qui ont un avis sur tout, la substance musicale se dévide d'elle-même dans un mouvement d'auto-sabordage inconscient. Comment rester « authentique » quand tout devient une farce ? Voir Miley Cyrus porter des t-shirt Darkthrone ne choquerait personne : Thelightcarrier est bien l'un des 40 parisiens qui vont vous faire aimer Paris, selon le magazine Elle. Je ne doute aucunement des bonnes intentions du groupe, de composer un truc profond, fouillé, léché. Mais encore une fois, il ne s'agit pas ici d'être impressionnable ou hardcore ou mainsteam ou que sais-je. Le problème de ce disque, c'est qu'il a été réalisé pour ses auditeurs. Des auditeurs qui n'ont eux-même aucune substance, aucune personnalité, qui enchaînent la musique comme des statuts Facebook. Putain, la musique mérite autre chose, non ?

note       Publiée le jeudi 3 avril 2014

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notes

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Cera › samedi 25 juillet 2020 - 12:47 Envoyez un message privé àCera

j'entends pas un black metal qui cherche a ratisser en dehors de son territoire naturel. plutôt un album de post rock qui pousse vers du metal extrême. Et ça fonctionne assez bien je trouve, en permettant de sortir de l'ennuie habituel du post rock, et en procurant plus d'émotion que la froideur du black metal.

Note donnée au disque :       
Aladdin_Sane › vendredi 13 juillet 2018 - 10:10 Envoyez un message privé àAladdin_Sane

Tiens, je viens de voir que Pitchfork encense (encore) le nouvel album du groupe. Je ne connaissais pas donc j'ai jeté une oreille. A la base, n'étant pas fan de métal extrême, je me suis dit que ça n'était pas si mal mais j'ai quand même l'impression que ne tient pas sur la longueur...

saïmone › lundi 2 juillet 2018 - 11:25 Envoyez un message privé àsaïmone
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Le sponsor Paco Rabane ? Ou Ray Ban ? je sais plus... quand sur scène t'es en défilé, c'est que tu t'es trompé de produit... quand j'étais geek ET metalleux y'a 20 ans, on se foutait de ma gueule doublement. Aujourd'hui je serais la star du lycée. Quelle époque de merde

Rastignac › dimanche 1 juillet 2018 - 23:12 Envoyez un message privé àRastignac
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Me rappelle une interview récente de Mike Scheidt, qui rappelait aux métalleux qui ne tolèrent pas l'esprit vestimentaire hors de propos de ceux qui ne s'habillent pas comme eux que, il n'y a pas si longtemps, et je peux en témoigner, se balader avec la gueule de Mike Scheidt, et, donc, avec la gueule d'un métalleux moyen pouvait vous valoir au mieux du mépris, au pire je vous laisse imaginer. Faut pas oublier qu'on est moche pour la norme, que le cd soit rose ou non. En tout cas, Deafheaven, j'avais commencé avec le premier, j'ai pas du tout accroché, je sais pas ce qui me fait changer d'air, parce que j'en ai bouffé du "black atmo", mais eux, ça m'a toujours ennuyé (alors que Fell Voices par exemple...).

saïmone › dimanche 1 juillet 2018 - 21:45 Envoyez un message privé àsaïmone
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Aborder un disque en oubliant le passé, ça n'existe pas. D'ailleurs, ce disque n'existe plus, qui s'en souvient ?