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Solar Fields › Until We Meet The Sky

cd | 12 titres | 78:47 min

  • 1 From the Next End [ 9:18]
  • 2 Broken Radio Echo [ 3:55]
  • 3 Singing Machine [ 6:55]
  • 4 After Midnight, They Speak [ 3:40]
  • 5 When the Worlds Collide [ 6:33]
  • 6 Dialogue with a River [ 10:06]
  • 7 Forgotten [ 3:15]
  • 8 Night Traffic City [ 9:53]
  • 9 Sombrero [ 5:45]
  • 10 Last Step in Vacuum [ 9:11]
  • 11 Until We Meet the Sky [ 5:01]
  • 12 Epilogue [ 5:15]

enregistrement

Enregistré entre l'été et l'automne 2011 dans les studios Jupiter

line up

Magnus Birgersson ( Synthés-pour la plupart analogues-, basse, guitares, piano, claviers, percussions électroniques, échantillonnages et FX)

remarques

Pour en savoir plus sur Solar Fields, on visite son site web à l’adresse suivante : http://www.solarfields.com/

chronique

Styles
musique électronique
Styles personnels
ambient psychotronique

Solar Fields est le projet musical du synthésiste et ornemaniste sonore Suédois Magnus Birgersson. Depuis 2001, avec la parution de Reflective Frequencies, Birgersson s’est bâti une solide réputation, tout en colligeant un nombre croissant de fans, dans les sphères de la MÉ ambiante psychotronique. Until We Meet The Sky est sa dernière conception. C’est un album étrangement fascinant qui a vu ses premières idées germées lors de la mini-tournée Australienne de 2011. Des idées qui se sont libérées pour prendre une forme plus musicale lors d’un voyage subséquent dans les territoires glaciaux de l’Ireland. Ces deux contrastes des continents dépeignent à merveille l’univers de dissimilitude qui entoure ce 10ième opus de Solar Fields où les ambiances parfois apocalyptiques croisent de superbes mélopées angéliques sur des mouvances nourries d’électrons métallisés libres et indisciplinés qui font planer leurs ombres menaçantes dans un univers stigmatisé d’ondes métallisées. Des ondes irisées qui étouffent et encerclent des tempos fragmentés et isolés, rongés par des approches mélodieuse aussi mélancoliques que méditatives. Until We Meet The Sky s’écoute comme une longue procession astrale avec des phases qui crescendent et qui s’étriquent dans des néants astraux propres à l’imaginaires de Magnus Birgersson. Et c’est pour cette raison qu’il a voulu abordé sa conception en une seule longue piste, un projet qu’il caressait depuis fort longtemps, qu’il découpa en 12 phases qui s’enchevêtrent dans un sombre décor musical où tempos et les mélodies naissent et meurent de leurs cendres. Les influences des deux continents s’embrassent avec une filiforme onde synthétisée qui enveloppe le silence. De sombres oscillations en ressurgissent, nourrissant les discrets cercles pulsatoires de "From the Next End" qui tournoient avec la délicatesse des ombres parmi des chœurs et leurs chuchotements de paranoïa intergalactique murmurant dans une faune de bruits blancs. Un fin down-tempo épouse la faible perception oscillatoire d’une intro condamnée par un épais brouillard. Tournoyant avec une envoûtante lascivité, il insuffle une vie parallèle à "From the Next End" qui reçoit l’offrande rythmique en échappant bien quelques notes limpides ici et là, mais sans jamais s’abandonner à la mince possibilité d’exploser, ne serait-ce qu’un instant. Avec ses des notes de piano errant dans une ambiance de morosité, "Broken Radio Echo" épouse une approche très mélancolique. Un peu comme contempler les ruines d’une cité qui respire à peine sous une fine pluie acide. Ce mouvement de grisaille apocalyptique se poursuit au-delà de "Singing Machine" et de ses couches de synthé plaintives qui surplombent une intro sclérosée par une injection de fluides carboniques. Il précède un subtil crescendo qui tranche le débat ambiance/rythme avec des percussions/pulsations qui résonnent telle une suave transe tribale dont l’écho des frappes s’harmonise avec une fusion de chœurs et strates irisés pour se lover au-dessus d’une nuée de sonorités éclectiques, faisant ressortir les notes d’un piano oubliées dans des vapeurs âcres. Murmures, gaz en fusion et sonorités de métal en deuil couvrent le très sombre et atonal "After Midnight, They Speak", dont les notes de piano égarées de "Broken Radio Echo" accompagnent des crépitements d’une autre galaxie. Crépitements qui se jettent dans l’intro de "When The Worlds Collide" et de sa fine ligne de basse dont les sourdes ondulations éveillent des strates de synthé qui en épousent les mêmes formes. Des formes aux sonorités ovnioïdes qui enivrent et captent l’intérêt pour plonger dans un savoureux down-tempo dont le rythme hésitant est noyé dans un bain de sonorités d’un jeu d’arcade. Fumant, le rythme de "When The Worlds Collide" tergiverse entre la sensualité de Massive Attack (Mezzanine) et celle des robots gobeurs d’orgasmes de Gary Numan. Tout est éclectique et métallique sauf les émotions qui transgressent la raison d’un titre à l’apparence si froid mais qui cache tant d’émotivité. C’est un gros coup de cœur qui se réfugie dans la limpidité des accords scintillants de "Dialogue with a River" et sa délicate intro où les reflets du soleil sur une rivière simule un lit d’arpèges scintillant avec l’innocence de sa pureté. Un gros nuage vrombissant perturbe cette quiétude, modifiant l’axe de sérénité de "Dialogue with a River" qui s’éprend d’un bref rythme lourd et spasmodique avec des percussions sèches dont les frappes meurtrissent les auras des elfes ululant. Un lent prélude au superbe à "Night Traffic City", "Forgotten" poursuit cette promenade sous les ponts d’une cité en ruine où l’on entend une ondée crépitée parmi les résonnances d’une multitude de cerceaux dont l’écho se perd dans une onde de synthé anonyme qui conduit vers un bref rythme indécis. Et c’est dans ses bruines que le rythme mou de "Night Traffic City" ondule, épousant les fines pulsations/percussions et les fins accords mélodieux d’un clavier aux tonalités hybrides. La mélodie est belle et accrochante. Le rythme est coulé dans des ambiances vaporeuses avec des cymbales feutrées et cette fusion de percussions/pulsations métallisées qui sonnent comme des gaz radioactifs. Et le débit est de force oscillatoire 3.5, 5 étant le maximum de débilité de transe zombiesque. Mais il y a toujours cette ambivalence dans les rythmes et les fluides harmoniques qui rend tout éphémère, fragmenté ou en constante évolution. Et c’est le canevas d’Until We Meet The Sky. Magnus Birgersson se sert de chaque recoin et de chaque moment pour créer une diversion et donner une nouvelle direction à chacun de ses titres. Ainsi le rythme de "Night Traffic City" passe sous un long tunnel et perd ses transmissions qu’il regagne graduellement avec un puissant crescendo; chœurs angéliques, cymbales papillonnantes, basse lourde et lignes de synthé dramatique. Le tout s’éclaircit et la structure rythmique épouse une nouvelle tangente, en respect avec toute la dimension de bipolarité des rythmes et mélodies qui fourmillent dans le cœur d’Until We Meet The Sky. C’est un superbe titre. "Sombrero" nous plonge dans des ambiances très sombres avec ses accords de piano et clavier qui résonnent dans le néant, avant de nous faire sursauter en tombant avec force dans un rythme aussi inattendu que tranchant. Les cerceaux planants de "Last Step in Vacuum" nous incitent à rejoindre les bras de Morphée. Un délicat rythme se forge au travers une brume angélique. Des percussions de bois transpercent de suaves violons célestes, éveillant un tempo échoïque qui se campe sur de bonnes percussions pulsatoires et traçant les lignes d’une stupéfiante mélodie futuriste qui se balance entre 2 univers. Des chœurs angéliques entourent ce tempo, empêchant toute fuite de cet étonnant crescendo aussi émouvant que désarçonnant. Car ce qui suit restera gravé dans vos oreilles pour fort longtemps."Last Step in Vacuum" est le long et délicieux prélude harmonique qui recueille chaque note disponible afin d’alimenter nos émotions et faire craquer notre âme dans le rythme lourd et la mélodie surréelle de la pièce titre. Et si on n’a pas le frisson de nos émotions, si on ne refoule pas une larme et si on n’éteint pas le chandelier de nos tourments en sentant les percussions martelées le rythme de nos pulsations et en entendant les spectres hurler de douleur et de désolation sur le rythme lourd, lascif et tellement harmonique de "Until We Meet the Sky" qui s’écroule sous un tonnerre de stries déchirantes, c’est qu’on y est déjà au ciel! D’ailleurs, les vents d’éther et de métal qui déraisonnent "Epilogue" sont là pour nous le rappeler. Until We Meet The Sky est une œuvre subjuguante qui vous saisira dès la première écoute. Dubitatif et méditatif, Solar Fields tisse un imaginaire sonore inépuisable où des sonorités explosent de partout, entourant des rythmes et ambiances prisonniers d’une fascinante poésie d’un univers parallèle. Les bribes de mélodies qui errent ici et là, s’accrochant à des rythmes qui naissent et s’évaporent dans des atmosphères de ruines apocalyptiques, sont l’équivalent des œuvres d’un poète à la recherche de lumière. C’est un autre joyau du label Lyonnais Ulimae Records; un label qui ne cesse de m’étonner, tant par la qualité de ses œuvres que de par leurs présentations. Ce label a trouvé le moyen de fusionner l’art électronique. De fusionner l’ambiant et le techno en présentant des œuvres cataclysmiques qui bousculent le courant de la MÉ. Exactement comme Until We Meet The Sky bouscule les structures avec une œuvre remarquable qui respire d’un autre genre de vie ambiante. Chapeau Magnus Birgersson!

note       Publiée le samedi 25 février 2012

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kain2097 › vendredi 30 août 2013 - 20:48  message privé !

Cet album est monstrueux! Pwalala!

mangetout › jeudi 6 décembre 2012 - 09:24  message privé !

Je suis sur la même longueur d'onde que Phaedream, même si par-ci, par-là on trouverait, et en cherchant bien, quelques bribes de sons ou d'atmosphères qui pourraient faire penser à Blade Runner, on reste quand même assez loin de l'excellente bande orignale de Vangelis, enfin du moins c'est mon ressenti, écoutant régulièrement cette dernière depuis sa première édition sur disque en 1994 et ayant vu le film à sa sortie sa musique est toujours resté bloquée dans un coin de ma mémoire depuis 30 ans. Dire ceci par contre n'enlève rien au talent de Solar Fields car cet album est une merveille de nuances, de développements harmonieux et somptueusement construits, de textures travaillées à cœur, d'arrangements cinématographiques panoramiques, tout concours à créer une atmosphère où le macroscopique joue avec le microscopique une merveilleuse danse des sens et des sons.

Phaedream › mardi 20 mars 2012 - 15:32  message privé !
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Voilà! Je réécoute et réécoute. J'entends des trucs à la BR sur Broken Radio Echo mais pas assez pour en dire que l'album baigne dans l'influence. Mais après toutes ces ré-écoutes j'ai toujours ces frissons et cette passion qui me grugent les sens, donc j'ai changé ma quotation pour lui foutre un 6 boules! J'ai attendu, juste pour voir et c'est vraiment à jeter par terre. Tout simplement délicieux. Et la finale....Hum...

Note donnée au disque :       
Phaedream › mardi 20 mars 2012 - 12:08  message privé !
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Tu trouve? Je l'écoute beaucoup et pourtant! Peut-être au niveau des ambiances mais au niveau musique? J'ai dû louper quelque chose car non ça ne m'a pas effleurer l'oreille. Je trouve ça tellement intense. Un immense collage qui coule avec une belle fluidité alors que BR est une belle mosaïque aux dénouements plein de perplexité. Mais c'est possible sauf que j'ai pas encore fait le lien....À suivre donc

Note donnée au disque :       
Wotzenknecht › mardi 20 mars 2012 - 11:13  message privé !

marrant que tu ne fasses pas le rapprochement avec le Blade Runner de Vangelis, sur cet album c'est presque criant !