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Solar Fields › [ Origin # 02 ]

cd • 10 titres • 77:34 min

  • 1Landform (Origin 2005) 9:17
  • 2Mystic Science (Origin 2007) 8:42
  • 3Active Sky (Origin 2003) 6:55
  • 4Echo (Origin 2009) 7:09
  • 5Unknown Presence (Origin 2008) 5:50
  • 6Surface (Origin 2007) 6:30
  • 7Lifebook (Origin 2003) 8:12
  • 8The Missing (Origin 2006) 9:36
  • 9Falling Shadows (Origin 2005) 6:55
  • 10Asteroid / Time Machine Lullaby (Origin Unknown) 8:28

enregistrement

Matériel composé entre 2003 et 2009.

line up

Magnus Birgersson (Synthés, basse, guitares, claviers, percussions électroniques, échantillonnages et FX)

remarques

On peut avoir plus d'info sur Solar Fields en consultant le site web suivant: http://www.solarfields.com/

chronique

Styles
musique électronique
Styles personnels
psybient et down-tempo

Moi, qui ai découvert le paradisiaque univers musical de Solar Fields qu'avec le très beau Until we Meet the Sky, j'attendais cette compilation de titres créchant dans les recoins du studio de Magnus Birgersson avec énormément d'impatience. Le projet [ Origin ] est une quadrilogie de titres oubliés dans les mémoires archivées du musicien électronique suédois qui maitrise à perfection l'art du mouvement minimaliste et ses oblongues évolutions aussi tortueuses que mélodieuses. Ce volume 2, je ne connais pas le 1, recoupe 9 titres laissés pour compte depuis 2003. Et ce n'est pas parce qu'aucune de ces œuvres n'a trouvé de place sur les albums subséquents qu'elles sont négligeables, bien au contraire. Bien installé dans son studio, Birgersson tisse une stupéfiante toile électronique au-dessus de ces 9 titres qui s'emboîtent dans un univers musical qui fait fi du temps.
L'intro de "Landform" flotte avec insouciance, collant ses couches de synthé vaporeuses à des étangs flottants de bruits blancs. C'est à partir de rien que l'on fait de quoi? Parlez-en à Magnus Birgersson qui jette ses tonalités dans le vide tel un peintre blasé par sa toile blanche à la recherche d'une quelconque idée. Et l'idée germe au travers de percussions d'un genre clanique qui tambourinent un rythme à la recherche de son ossature articulée. Des pulsations s'ébattent, flânent et s'abattent avant de créer un filet de rythme homogénique où des succions organiques et des bruits de chaines spectraux s'agrippent à la pulsation qui fait trembler la délicate charpente de "Landform". Et Birgersson de dessiner un mince serpentin de séquences pianotées qui ceinturent un envoûtant rythme magnétique qui se cache derrière de fines et harmoniques strates d'un synthé carburant à un haut degré d'émotivité. Et "Landform" conclût dans une lourdeur insoupçonnée, éclaboussant une séduisante faune organique et ses arpèges séquencés qui s'évanouissent dans le passé de ce présent sans futur. La musique de Solar Fields est comme une invasion de Body Snatchers. Ça rentre dans nos oreilles pour prendre les formes que Magnus Birgersson veut bien forger tout en laissant la place à nos interprétions cérébrales. Et c'est les deux hémisphères en attente que "Mystic Science" se débarrasse de son intro nourrie de cerceaux stroboscopiques pour plonger dans son rythme linéaire, entrecoupé d'un passage ambiant, flagellé de hululements stratifiés qui déchirent une ambiance sclérosée dans un maillage de pulsations et percussions trépignantes. "Active Sky" se démène dans une approche Hindoue. Le rythme hésite longtemps avant de s'enfoncer avec des pulsations enfoncées à coup d'un marteau métronomique dont les hochets ornementaux tintent sous les brouhahas des aras électroniques et des voix cybernétiques. "Echo" nous enfonce les tympans à coup de massue répétitive avant d'embrasser un superbe mouvement articulé de séquences lourdes et résonnantes dont les amples zigzags nous rappellent les mouvements ondulatoires de la Berlin School. Ici, comme partout sur “[ Origin # 02 ]”, le rythme et la mélodie colligent les données disponibles dans les monstres ordinosaures de Solar Fields pour s'orner des plus beaux atouts que les down-tempos sphéroïdaux psybient dispersent, dans leurs inébranlables tourbillons sonores, aux quatre coins de nos deux hémisphères qui tergiversent entre se laisser aller ou tournoyer comme des zombies sur acide. J'ai le gout d'écouter du Juno Reactor! Les strates vampiriques qui débauchent "Unknown Presence" tempèrent quelque peu l'ambiance qui reste tout de même assez lourde. On entend des roulements furtifs et tenaces rouler en arrière-scène, oblitérant un paradoxe entre le rythme castré de sa fougue et des strates de synthé qui chantent d'une douce émotion métallisée.
Crépitements de poltergeists affamés et roulements de tambour dont l'approche militarisée s'évapore dans des ambiances nourries de particules irisées, "Surface" débouche en un très bon upbeat. Le rythme est splendidement bien cimenté. Les frappes de percussions métalliques et la basse sautillante résonnent dans des lignes de synthés qui ondulent vicieusement de leurs couinements organiques, crachant des brumes psychédéliques et des voix spectrales qui marinent dans de somptueuses nappes aux envolées aussi grisantes que musicales. C'est un des bons titres sur “[ Origin # 02 ]”.
"Lifebook" offre une intro troublante où les cercles de synthé hésitent à entrer dans les lourdes pulsations menaçantes. Ces pulsations échoïques tremblent d'incertitude avant de se bouler en pulsations martelées dans un lent mouvement d'hypnotisme. Les grelots tintent et alimentent une introduction coulée dans le monde organique électronique où tout se peut…à partir de rien. Les cercles, devenus érodés par la rage contenu des frappes pulsatrices, perdent leurs auréoles plasmatiques avant d'être engloutis par une immense masse musicale nourri par une surpopulation de strates morphiques qui s'ébattent et tournoient lascivement dans un désordre planifié, laissant une empreinte auditive d'un rythme lourd martelé avec puissance. Une oblongue réverbération pave la voie stellaire au très enveloppant "The Missing" dont les coups de percussions, aussi pesants peuvent-ils être, n'arrivent pas à éteindre le dense voile de sensibilité qui crie dans une ambiance musicale qui effleure les harmonies de Tangerine Dream. Les larmes de synthé sont criantes de tendresse et nous enveloppe dans un confort d'émotivité qui n'a d'égal que ces finales extrêmement poignantes de Until We Meet the Sky et Random Friday. Le rythme se met à sautiller sur un ardent chapelet de séquences scintillantes et des notes de piano électriques qui pétillent dans des voiles de synthé très sombres. De réal et tangible, le tempo devient organique, conduisant les pleurs des synthés dans une finale un brin apocalyptique. "Falling Shadows" est un intense down-tempo aussi lourd que noir et dont l'enveloppe d'émotivité est aussi troublante que de "The Missing". Le lent rythme circulaire devient une hécatombe sonore aussi noire que dans Faith de The Cure avec des couches de synthé aux murmures larmoyants et aux lignes mélodiques subdivisées entre l'angoisse et l'espoir. Après ces deux titres extrêmement intenses, "Asteroid / Time Machine Lullaby" conclut avec une ribambelle d'arpèges qui tournoient dans un mouvement pétillant de ruades spasmodiques. L'approche est très cosmique avec ces couches de synthé à l'esprit très sci-fi qui embrassent une étrange berceuse cacophonique avant de suivre une structure plus homogène qui connaîtra moult rebondissements sonnant très aux antipodes de ce que j'ai entendu à date de Solar Fields.
Vrai que je connais l'univers de Solar Fields du bout de mes oreilles. Il m'est donc impossible de valider la teneur artistique des restes musicaux de Magnus Birgersson, sauf que “[ Origin # 02 ]” ne me semble pas forgé dans des futilités musicales. C'est un bel album qui suit une courbe tant rythmique qu'intensément émotive pour exploser dans un bouillonnant magma électronique où les larves de synthé crissent et hurlent dans un cosmos étiolé par ses trous noirs. C'est magique et hors de ce monde, comme nous sommes en mesure de nous attendre de la part d'un étonnant sculpteur de rêves électroniques. Et il y en a deux autres à venir…

note       Publiée le mardi 2 avril 2013

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