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Meurtre › Meurtre (démo)

cd • 5 titres • 21:13 min

  • 1Rompre3:41
  • 2The Witch1:33 [reprise des Sonics]
  • 3Radio Capital5:43
  • 4C.B.1:07
  • 5Paix9:07 [reprise de Catherine Ribeiro et Alpes]

enregistrement

Non crédité

line up

Alexis Cailleton (voix, trompette, textes, bruits & effets divers), Élisa Pône (basse), Antoine Clémot (guitare, synthé, voix, percussions, programmation, prise de son)

remarques

chronique

Styles
ovni inclassable
punk
noise rock
spoken word / lecture / poésie
Styles personnels
Équarissage de proximité

Raoul disait que c’était la forme en creux du don. Le seul acte vraiment gratuit, la générosité ultime : renversée, inversée par une époque qui lui refuse toute issue. Qui en guise de retour lui explose à la gueule. Et certes, ça se tient là… Car le Meurtre n’est pas l’assassinat, l’attentat politique ou crapuleux (sont-ils toujours tellement distincts ?) avec leurs embuscades réglées à la seconde, leurs motifs en coupes claires, dépositions toutes rationnelles ou volumes thésards classifiés à l'index. Non… Il n’est même pas le crime passionnel. Car celui-là, le plus souvent, mûrit ou bien éclate en déraisons bien alignées sur des mobiles expliqués. Le Meurtre, lui, frappe à la sourde et les yeux bien ouverts. Par pulsion. Parce tout le mérite et que l’heure le suggère… Voici donc Meurtre. En deux-mille dix, à deux pas de chez vous. Qui balance là cinq titres où les mathématiques déductives, l’histoire de l’art ou celle des masses, les prolégomènes divers ne déterminent guère plus que l’angle selon quoi la tête du marteau va pénétrer le crâne. Assauts bruts et Boucan, pleins de trompettes délitées qui s’arrachent la plèvre, de hurlements de bestiaux bien trop lucides pour filer doux quand on leur montre l’abattoir. De bribes de magazines jetés comme les dépêches ou les bulletins de propagandes qu’ils sont - déformés par l’électronique la plus élémentaire, qu'une fois sur toute on en saisisse le timbre véritable. Avec une basse cognée par des objets sans nom, aux mains d'une fille au sourire impassible. Une guitare qui vous cause au tranchoir, le même chevelu dégingandé qui vous chantonne sur un clavier pas cher la ritournelle du pyromane en bas de chez vous. Et le type qui n’en avait pas l’air, qui vous braille dans son mégaphone que vous êtes sur le point de rompre. Et de comprendre. Ils faut s’attendre à tout, avec des gens comme ça. Qu’ils choppent -et ça leur prend- un débris de garage génialement décérébré (The Witch, des Sonics, hit au fond assez improbable de l’année mille neuf cent soixante quatre). Et vous le livre cru, toutes les tripes à l’air. Ou qu’ils vous lâchent en borborygmes le peu qui se trouve à dire d'un certain Obama ("Tu sais danser/léger, léger…"). Qu’un peu plus loin, pour conclure, ils désossent -cœurs exhibés en broches et larynx écorchés- le Paix de Catherine Ribeiro et Alpes, le dépouillant de toutes ses équations en volutes jazz-rock pour n’en garder que l’abrasion, le flot d’aorte ouverte, le texte taillé à vif, un lambeau de mélodie pour vous cingler la face. Alors certes, les versions ici contenues n’égalent pas en rage, en excitante panique, ce qu’ils déferlent frontalement sur qui se risque à leurs concerts. C’est entendu, Radio Capital ou CB, ainsi gravées sur le plastique, perdent un peu du mordant qui vous prend les boyaux, à vous y exposer quand ils partent en direct. On sent bien que depuis la chose a pris du muscle, de l’audace, de l’ampleur dans les secousses - à l’exception notable du dernier morceau (Paix, donc), ce qui se joue d’ici en face à face bouillonne parfois jusqu’au méconnaissable. Il n’empêche. Raoul avait raison. Ce Meurtre-là, s’il a des lettres -en cut-ups autant qu’en coupures : d’agit-prop ou de livres noir et sang contrastés, d'Infos du Monde ou d'autres manifestes- s’arrange pour qu'elles vous laisse des traces. De la saleté sur les mains (comme le titre sur la pochette, qui tachera celles de l’impétrant). Et chacun des coups portés vous dit : "Prends, ça ne te coûtera que quelques doigts. Et puis rends-le autour de toi, dans la foule. Plus fort, si ça te dit. Au centuple si ça te chante. Et au hasard, de préférence".

note       Publiée le lundi 15 novembre 2010

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Note moyenne        4 votes

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Klarinetthor › vendredi 21 août 2015 - 18:05  message privé !

Meurtre revient en septembre; et Dogmazic est revenu aussi, avec toujours les morceaux de la demo a reecouter plus quelques autres (le lien ne marche plus par contre): http://play.dogmazic.net/#artists.p....

Wotzenknecht › vendredi 19 novembre 2010 - 10:56  message privé !
avatar

BON, on a "bobo", "hype", "Steve Albini" et "Lord Tom" la quadrature du cercle, tout y est ; vous pouvez fermer votre gueule à présent ?

ericbaisons › vendredi 19 novembre 2010 - 10:53  message privé !

Bagnolet c'est trop hype

Note donnée au disque :       
born to gulo › jeudi 18 novembre 2010 - 23:01  message privé !

big uppppppp

Note donnée au disque :       
M-Atom › jeudi 18 novembre 2010 - 22:12  message privé !

peut être un peu grande, mais quel charme tout de même: http://www.dit-immo.com/index.php?id=228633