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The Sonics › Here are The Sonics!!!

cd • 16 titres • 28:46 min

  • 1(The) Witch
  • 2Do You Love Me [reprise des Contours]
  • 3Roll Over Beethoven [reprise de Chuck Berry]
  • 4Boss Hoss
  • 5Dirty Robber [reprise des Fabulous Wailers]
  • 6Have Love Will Travel [reprise de Richard Berry]
  • 7Psycho
  • 8Money [reprise de Barrett Strong]
  • 9Walkin' The Dog [reprise de Rufus Thomas]
  • 10Nighttime Is The Right Time
  • 11Strychnine
  • 12Good Golly Miss Molly [reprise de Little Richard]
  • bonus CD
  • 13Keep A Knockin' [reprise de Little Richard]
  • 14Don't Believe In Christmas
  • 15Santa Claus
  • 16The Village Idiot

enregistrement

1964, Seattle

line up

Gerry Roslie (chant, orgue, piano), Larry Parypa (chant, guitare), Andy Parypa (basse) Rob Lind (saxophone, chant, harmonica), Bob Bennett (batterie)

remarques

La seconde pochette est celle de la réédition CD des années 90. Il existe quatre pochettes différentes selon les éditions.

chronique

Dans toute la cohorte de chiards leucodermes de Chuck Berry et Little Richard qui se sont agités au cours des sixties, les Sonics se situent du côté velu du nuancier - et j'dis pas ça que pour l'angora du batteur sur cette photo n&b de la réédition avec leurs belles petites gueules patibulaires. Mais j'le dis quand même. Dans toute la cohorte de groupes garage - et y en avait un sacré paquet - les Sonics ne sont pas les plus renversants, mais leur charisme bad boy tiré à trois épingles et demi a un truc, un petit truc tenace. Les Sonics c'est un peu le rouleau de réglisse rabougri dans la grosse boîte Nuggets pleine de couleurs acidulées, que tu vas pas penser bouffer en premier mais qui va te laisser un goût assez persistant après tes chicots. Comme leur culte tardif, un culte de réglisse. Le petit album crade de '65 qui révèle ou rappelle ce qui a toujours lié le rock'n'roll fin 50's et la nouvelle vague de vilains en '76. D'façon entre ces deux époques y a eu plein de musique mégalomane par des hippies entrepreneuriaux, jusqu'à faire des morceaux de dix minutes. Dix minutes un morceau de rock ! Des nazis quoi, des fans de Wagner Van Beethoven... Tout ça c'est de la faute aux allemands. Et moi comme Chuck, et comme les Sonics, je dis roll over Ludwig, qu'on en parle plus. Le chant est du côté Eric Burdon de la force, mais version cancre, ne retenant les leçons rock'n'roll de ses maîtres que pour aimanter un max de jupons (ça n'a jamais servi qu'à ça en fait). Un chant de vaurien extatique - ou plutôt éthylique - tout braillard et moche. Pas aussi pouilleux que c'ui de mon chouchou Sky Saxon, mais bien grésillard. Le tout en s'assurant de placer, comme de coutume quand des albums c'était plus des compilations que des albums, une bonne moitié de reprises de standards dans leur disque ; moins de risques de se vautrer comme ça. Rien de très original à l'époque et on s'en fiche, une bonne dose d'énergie qui laisse un fumet de pétrolette charmant dans son sillage. Je pige tout à fait ce qui peut animer Lucas Trouble et ses troufions depuis des plombes, à vénérer cette musique mal dégrossie par-dessus toutes, tellement le rock n'a pas besoin de plus qu'un bon vieux n'roll entre deux remises au garage. On ne parlera pas non plus d'histoires désuètes de son "le plus dégueulasse qui préfigure machin" malgré ce côté "tâche de cambouis dans un millésime pop" (le rock des Sonics c'est celui des vétérans fifties en plus saturé, donc ça vient du fond du trou du cul du transistor encrassé d'minons d'poussière, mais leurs reprises auraient sans problème pu être sélectionnées pour les scènes musicalement non-anachroniques de Dirty Dancing - en imaginant une version sensiblement différente avec Patrick Swayze en proie à la chaudepisse, certes). On préferera apprécier, plutôt, la façon d'interpréter les classiques - surtout "Do you love me", version d'épaves dépravées - et de faire que leurs tubes à eux s'y fondent nickel rouille, comme si c'étaient déjà des standards. "The Witch" déjà. Une façon de Kinks avec un bon bout de cerveau en moins. Pis la chanson avec un nom de grosse moto, avec ce refrain qui donne l'impression de sauter des dos-d'âne. Y a du cuivre et du clavier aussi, en lambeaux miteux. Le mieux c'est "Strychnine" sans surprise, rien que l'intro avec ses cinq notes à l'index c'est du certifié Stranglers sixties ce feeling. Voilà, "Strychnine". Un vrai putain de tube imputrescible du vice, ça, "Strychnine". Toute la mono-chose des années garage, mais en même temps comment dire, mh, le petit venin aussi, l'épice, mh mh, vitale, le poison pour la récréation, en fait c'est très couillon de chercher la métaphore alors qu'il y a déjà tout dans les paroles ! De la musique de prolos, de la vraie.

note       Publiée le jeudi 14 janvier 2016

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Giboulou Envoyez un message privé àGiboulou

Pour avoir arpenté pendant des lustres les compiles Nuggets US et British Empire & Beyond, c'est toujours aux Sonics que je reviens, auxquels je voue un culte. Cet album ainsi que Boom dégagent un truc en plus question bad boy attitude (leur cover de Walking the dog, putain!). Après, je comprends que ceux qui cherchent du bonbon acide 60's restent un peu sur la réserve. Par conte, ceux qui comme moi pensent que tout ce bordel a commencé dans la caravane d'Hasil Adkins (et finira dans la caravane d'un autre Hadkins un jour !) y voient un mètre étalon du rock garage. Et le nom du groupe lié aux usines aéronautiques alentours (d'après la légende, j'ai pas vérifié) de Seattle est plutôt bien choisi (comme pour la Motor City 5 une paire d'années plus tard !). Et comme le dit justement la chronique de maître corbeau, la reprise de Do you love me bastonne tellement la gueule que Patrick Swayze aurait eu, si elle avait été choisie pour le film culte des filles désormais quarantaines, la tronche des Toxic Avengers.

Note donnée au disque :       
kama Envoyez un message privé àkama

Tout n'est pas excellent dans les Sonics, et certains morceaux sonnent comme du sous Kinks, mais quelques tubes sont des classiques du genre, inégalés de fureur et de feeling. Comment résister à Strychnine, qui dès les 1eres notes souffle un vent de décadence aussi fiévreuse qu'une Betty Page se déhanchant frénétiquement aux rythmes des hurlements sexuels de Larry et Gerry ? Psycho, One love et d'autres titres s'en sorte avec les honneurs, et sans égaler les Kinks dans leur disco aussi tentaculaire qu'inégale, les Sonics font partie des valeurs sûres pour réveiller une piste de danse ramollie...

taliesin Envoyez un message privé àtaliesin

Tiens c'est marrant comme coincidence, dans le genre, je suis justement en train d'écouter Mitch Ryder and the Detroit Wheels ! Les Sonics, il faut vraiment que je m'y attaque !

Shelleyan Envoyez un message privé àShelleyan
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Yeah, les Sonics sur Guts, merci Maître Corbeau ! Rien que pour The Witch ou Strychnine...Sûr, je me lasse vite, mais ça fait toujours du bien de s'en envoyer une bonne dose certains jours...