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Spyra/Lang › Sequest

cd | 4 titres | 66:10 min

  • 1 1 Last Train to Holmberg III 29:38(Enregistré en concert au Bad Schandau)
  • 2 2 Nenikekamen 15:33(Enregistré en concert au Bad Sulza)
  • 3 3 Santorini 10:56 (Enregistré en concert à Essen)
  • 4 4 SeQuest 10:03 (Enregistré en concert à Kassel et mixé à Berlin)

line up

Wolfram Der Spyra: Synthétiseur Kurzwell K2500, Roland JD-800, Clavia Nordlead et Modulaire, Yamaha VL70, Korg Prophecy, Ableton Live, Apple Logic Pro et Bowchimes Chris Lang: Synthétiseur Roland XP-30, Quasimidi Polymorph et E-MU E5000 Ultra

chronique

Après un premier superbe album paru en 2003, le duo Spyra/Lang remet cela avec Sequest; un album qui regroupe des titres enregistrés en concert et qui marche par moments sur les traces de Achtundsechzig 24, tout en caressant un univers sonore propre à la signature musicale de Spyra. Des voix d’outre espaces s’entremêlent à des chœurs angéliques, en plein cœur d’une gare stellaire où circule des trains venant d’un autre monde. De fines séquences papillonnent au-dessus de vagues émergeant de l’inconnu, creusant encore plus l’irréalité introductive de Last Train to Holmberg III, ville siégeant dans l’inconnu. Le mouvement séquentiel devient plus linéaire, épousant une ligne de résonnance qui ondule à la verticale sous un dense manteau mellotronné. Lentement Last Train to Holmberg III prend vie avec une fine ligne de basse qui pulse parmi ces séquences résonnantes, ces chœurs perdus et de belles nappes d’un synthé mélodieux. Le rythme se stabilise avec des percussions qui claquent dans un monde électronique où les séquences fourmillent sous d’épaisses nappes mellotronnées et les synthés fusent des solos nasillards aux torsades bien prononcées. Comme une spirale qui serpente de haut en bas, le tempo de Last Train to Holmberg III ondule d’un mouvement minimalisme où les intonations permutent au gré des solos de synthés qui empruntent moult sonorités. Last Train to Holmberg III défile au travers un paysage musical teinté de plusieurs modulations, dont des accords de piano qui coulent parmi des solos d’un synthé symphonique et des souffles de sarbacanes chimériques. À la fois poétique et intuitif Last Train to Holmberg III nous fait visiter des gares d’une douce musicalité où les tempéraments musicales diffèrent d’une station à l’autre, mais conserve toute sa prestance auprès d’un synthé aux multiples modulations et sonorités. Nenikekamen enchaîne avec de superbes séquences qui sautillent tendrement, sous les souffles d’un synthé jazzé qui pousse ses solos telle une trompette poussant ses soupirs en plein cœur d’une nuit isolée. Ici le jeu des séquences est superbe et encadre à merveille les errances du synthé qui moule ses solos sous le son d’un train qui avance. Hypnotique et tendre, le tempo s’agite fébrilement sous des solos spectraux et des séquences qui ourlent avec grâce, alors qu’un beau mellotron jette une superbe aura feutré sur un mouvement devenu de plus en plus mordant. Un rythme dont les séquences s’essoufflent vers la 12ième minute, plongeant Nenikekamen dans une finale très ambiante. Santorini dépeint à merveille l’univers musical de Spyra. Un long titre aux effluves de jazz qui bouge lascivement sous une belle ligne de basse, de fines percussions qui claquent sous des pulsations feutrées, des chœurs pensifs, un piano aux accords rêveurs et un synthé aux souffles de trompettes. Un titre sensuel et léger qui se termine dans la dualité des sonorités industrielles. Plus syncrétique, la pièce titre nous plonge au-delà des frontières harmonieuses de Spyra/Lang. L’intro y est pourtant sulfureuse avec un superbe synthé aux souffles vocables qui souffle d’oniriques chœurs, précédant une moelleuse ligne de basse qui pulse autour d’accords séquencés qui papillonnent nerveusement dans un lourd piège métallisé. D’onirique, Sequest permute en une sombre odyssée spectrale où des lourdes lignes de synthé résonnent en déchirant un voile feutré sur des pulsations qui tambourinent constamment dans une toile tétanisée. Des sirènes fantomatiques ululent dans un sombre canevas musical où le drame se joue derrière de fines séquences et nappes synthétisées qui percent momentanément cette toison de métal, avant de conclure sur une tendre finalité qui embrasse les effluves de son intro, témoignant de cette étrange dualité des styles qui habite Spyra. De douces rêveries hypnotiques à de sombres dédales cauchemardesques, Sequest est d’une musicalité unique au monde très avant-gardiste et coloré de Spyra. Ce 2ième album de Spyra/Lang progresse tel un voyage en train. Un voyage qui nous fait découvrir de superbes paysages musicales près des racines d’un Berlin School à la Schulze, avant d’embrasser des nuits de jazz à la Spyra pour se conclure dans un étrange terminus qui dépeint aisément la multiplicité des styles qui confirment Spyra dans son titre de prince de la MÉ contemporaine.

note       Publiée le mercredi 15 septembre 2010

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