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Divine Matrix › Invisible Landscapes

  • 2011 • AD Music AD Music AD 87CD • 1 CD

cd • 13 titres • 64:46 min

  • 1Faith in Chaos 5:29
  • 2Invisible Landscapes 4:20
  • 3Fractured Sound 4:48
  • 4The Crystal Womb 5:15
  • 5Orna's Prayer 4:55
  • 6Stargazer 4:29
  • 7Occam's Razor 5:15
  • 8The Fade 4:48
  • 9Space Walk 4:04
  • 10Whistle the Moon 5:00
  • 11Song for Vega 5:55
  • 12Skyrapper 5:24
  • 13Terraforming 5:04

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line up

Steve Barnes (Synthé, claviers, piano et électroniques)

remarques

Pour en savoir plus sur Divine Matrix et entendre des échantillons sonores, visitez son site web; http://www.admusiconline.com/main/divine-matrix.php

chronique

Divine Matrix c’est Steve Barnes, celui-là même qui nous avait donné New Day en 2009. Mais contrairement à New Day, Invisible Landscapes est une bien belle intrusion dans un monde musical riche et varié où l’approche toujours très mélodieuse de Steve Barnes se fige dans des musiques à la fois complexes, sombres, électroniques, électro-acoustiques et ésotériques. Comme le décrit si bien Steve Barnes dans son guide de presse, il exploite au maximum les immenses possibilités des équipements et technologies d’aujourd’hui pour tisser un album hautement diversifié. Un album qui à première écoute peut paraître simpliste, ou très New Age, mais qu’au fil des écoutes étale une surprenante originalité qui n’altère en rien toute sa musicalité. Chronique d’un album divisé entre ses harmonies et sa recherche artistique.
Faith in Chaos débute telle une poésie musicale avec des arpèges délicats et légers qui virevoltent comme dans Snowflakes are Dancing. Il s’agit d’une belle séquence onirique qui vrille en spirale et trébuche sur un agréable piano dont les notes s’accrochent à une douce et soyeuse ballade électronique aux fins arpèges cristallins. En finesse et subtilité, le rythme de Faith in Chaos évolue sur une structure plus animée où la musicalité de son introduction infiltre des percussions un peu plus claquantes, des spirales de piano très romanesque ainsi que des synthés aux couches et solos qui s’enlacent dans un doux écho harmonieux. Cette limpidité musicale verse vers la pièce-titre, Invisible Landscapes, qui connait une intro un peu plus dramatique avec ses couches de synthé à saveur de flûtes chevrotantes qui soufflent sur un piano hésitant. Des notes de guitare acoustique flottent dans une bruine cosmique, donnant le répit nécessaire afin que le piano reprenne son élan rythmique et mouler une mélodie que l’on croirait avoir entendue sur Faith in Chaos. Fractured Sound poursuit cette enchanteresse quête introductive à ce 2ième album de Steve Barnes avec des voix statiques qui semblent errer entre deux mondes. Une intro assez ténébreuse qui trouve assise sur de lancinantes couches de synthé sombres qui survolent une fine ligne pulsatrice. Un délicat piano aux notes mélancoliques en émergent et valse autour de ces longues courbes oscillatoires, rampant comme des spectres glauques sur une rythmique qui prend de plus en plus de poids. On se croirait dans le sombre univers de Memory Geist. Toujours, les notes de piano jaillissent et s’isolent pour dresser une belle mélodie qui s’étire sur The Crystal Womb où les accords de piano s’emmêlent à une comptine enfantine forgée dans des accords de verres. Une belle fusion mélodieuse et mélancolique qui débouche sur une rythmique légèrement animée et un doux passage au violon de Chine. Et c’est ainsi que se déroulera Invisible Landscapes. Chaque titre semble être moulé dans son précédent ou son suivant, à un point tel qu’on a la vague impression d’y entendre la même mélodie sur des structures aux subtiles variations. Ainsi Orna's Prayer, Stargazer, The Fade et Space Walk ont tous cette délicate approche où le piano prédomine paresseusement sur des structures qui lentement s’anime de rythmes fluides mais pas vraiment robuste. Terraforming respecte cette consigne, sans passer par une approche mélodieuse du piano.
Les arpèges qui se succèdent nerveusement et se bousculent en intro d’Occam's Razor font de ce titre un des points forts de Invisible Landscapes. Nous sommes dans l’ère Bowie et Low avec une structure minimaliste nerveuse qui carillonne sur un tempo abstrait. Les couches de synthé sont superbement suaves et le cercle rotatoire hypnotique d’Occam's Razor est absolument fascinant avec son ciel bariolés d’effets sonores éclectiques. Un très bon morceau, tout comme Whistle the Moon qui fait dans l’électro acoustique comme dans les meilleurs moments du label Fax et Skyrapper qui offre quelques réminiscences de Memory Geist. Song for Vega est un lourd mouvement circulaire méditatif où les accords tournent autour de couches de synthé aux sombres sonorités d’orgues. Un titre aussi sombre et efficace que Fractured Sound mais plus mélodieux et qui coule sur un flot incessant de couches de synthé miroitant.
Ça m’a pris quelques écoutes mais j’ai fini par apprécier ce style unique à Steve Barnes où le New Age est tellement près tout en étant tellement loin avec ces douces mélodies qui coulent sur des structures à la fois harmonieuses et électroniques mais parfois complexes et quelquefois sombres. Avec ses 13 titres qui sillonnent la route d’une énorme diversité musicale, Invisible Landscapes est une étonnante collection où les styles se chevauchent dans une délicate liberté harmonieuse. Même si on a toujours cette vague impression d’y entendre les mêmes structures mélodieuses, elles finissent toujours par se perdent et s’enfoncer au gré des ambiances et atmosphères tout autant diversifiées. Beau, parfois poétique mais constamment harmonieux, Invisible Landscapes est l’opus idéal pour meubler les ambiances lorsque l’on est en agréable compagnie.

note       Publiée le mercredi 8 juin 2011

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