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Bernhard Günter › Brow, blue, brown on blue (for Mark Rothko)

1 titres - 38:30 min

  • 1/ Brow, Blue, Brown on Blue [for Mark Rothko] (38:30)

enregistrement

Allemagne, juillet 1999

line up

Bernhard Günter (programmation)

chronique

Styles
ambient
electro
Styles personnels
avant garde

Voilà un disque que je ne recommanderais certainement pas à ceux qui habitent dans des quartiers bruyants. Même si vous avez du double vitrage à la maison. Si vous vivez à côté d'une autoroute ou si vous ne comptez plus vos nuits sans sommeil depuis que le gouvernement fédéral a eu la lumineuse idée de dévier les routes aériennes que doivent emprunter les longs courriers juste au-dessus de votre toit, s'attarder sur ce disque du compositeur allemand Bernhard Günter pourrait s'avérer être une pure perte de temps. Et du temps et de la patience, il en faut pour se laisser absorber par ce disque hommage au peintre Mark Rothko. Une notion dont Günter a décidé de se débarasser en instaurant son propre système de mesure, la DIM (Durée/Ici/Maintenant). Ainsi apprendrez-vous que "Brow, Blue, Brown on Blue" fait en réalité 770,0 DIM. Toute cette conceptualisation rend au moins intéressant - si pas intrigant - ce digne héritier de John Cage, mais que peut-on dire du résultat ? L'impact émotionnel procuré par la toile de Rothko auprès du musicien a motivé ce dernier à exprimer les sentiments qu'une telle vue lui procurait. C'est à dire presque rien puisque tout au long de ces quarante minutes, c'est le silence qui nous oppresse, seulement déchiré par des ondes sorties de l'Inframonde. Günter ne joue pas avec les dynamiques ; il les garde sciemment à leur niveau le plus bas si bien que le peu d'éléments sonores qui parviennent à s'échapper de vos enceintes finiront par paraître totalement dérisoires. Les peintures de Rothko génèrent-elles donc un tel ennui ? Ou l'expression de ce qu'elles suscitent demeure-t-il toujours, même transposé dans le langage musical, dans le domaine de l'indicible ? Bien sûr, vous me direz qu'on n'a pas inventé les casques d'écoute pour faire joli... Mais enfin, recourir à ce procédé - dont je suis en temps normal un fervent défenseur - ne me semble guère approprié dans le cadre des musiques ambient qui, par essence, se doivent d'exister dans un espace ouvert.

note       Publiée le lundi 25 juillet 2005

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vargounet › mardi 16 mai 2006 - 04:12  message privé !
Oh you touch my tralala , hm my ding ding donc ! Je crois apercevoir une lumière ,je sors !
mangetout › lundi 15 mai 2006 - 20:41  message privé !
Après aller encore plus loin (est-ce possible ?) que le 4'33" de Cage, là je ne vois pas ? Je pense plutôt que c'est le jeu avec le silence qui est intéressant et du même coup avec les notions de temps, de flux, de contraste, de respiration... Dans le genre il faut aller écouter (si on a le temps, ça en demande !) ce qu'a fait Morton Feldmann ou Robert Rich avec son énorme "Somnium" et ses... 7 heures d'écoute !
taliesin › lundi 25 juillet 2005 - 20:04  message privé !
Tout l'opposé de Merzbow ;-) Notez qu'au niveau silence, Francisco Lopez fait encore mieux !
Note donnée au disque :