Les objets chroniqués

Vous êtes ici › Les groupes / artistesTThe Palace Brothers › There is no-one what will take care of you

The Palace Brothers › There is no-one what will take care of you

12 titres - 43:02 min

  • 1/ Idle hands are the devil's plaything
  • 2/ Long before
  • 3/ I tried to stay healthy for you
  • 4/ The cellar song
  • 5/ (I was drunk at the) Pulpit
  • 6/ There is no-one what will take care of you
  • 7/ O lord are you in need ?
  • 8/ Merida
  • 9/ King me
  • 10/ I had a good mother and father
  • 11/ Riding
  • 12/ O Paul

enregistrement

1993 (détails non précisés)

line up

non précisé

remarques

chronique

Styles
country
folk
rock
Styles personnels
alternatif/country lo-fi

Cette musique est du folk venant du sud profond des Etats-Unis. On y entend des guitares acoustiques et électriques au son clair, ou du banjo, entre autres. Vous avez dit « country » ? Eh bien je n’en sais rien ; ce que je sais, c’est que ce disque est un monument de rock dépressif, dont les interprètes se donnent tout entiers, se mettent à nu, et explorent toutes leurs plaies ouvertes. C’est bien sûr au premier chef l’œuvre de Will Oldham (qui se fera ensuite distribuer sous le nom de Palace Music, sous son véritable nom, sous celui de « Bonnie Prince Billy », ou même anonymement, tant il redoute la médiatisation, voulant garder son jardin secret et sa tête froide). Ce premier album date de 1993 et depuis lors, malgré une pléthore d’excellents disques, Will Oldham court toujours après le chef d’œuvre qui pourra égaler celui-ci. Ici, pas de véritable travail de « production » : volontairement, les musiciens ne cherchent pas à voiler leurs défauts, et Will Oldham ne triche pas avec sa voix fragile, qui déraille souvent ; mais ce qui chez d’autres pourrait être ridicule devient ici bouleversant : on est au cœur du groupe, au cœur de cet univers sombre et faulknérien. Car les chansons de Palace parlent de douleur, de solitude, d’inceste, de cette atmosphère délétère qui règne dans leur vieux sud sclérosé. Ces chansons sont grandes, énormes : sur certains morceaux, le banjo s’élève au dessus des autres instruments ; sur d’autres, une nappe de basse ou d’accords ouverts à la guitare recouvrent progressivement le reste ; souvent, Will Oldham chante seul, s’accompagnant simplement à la guitare. Quoi qu’il en soit, l’émotion est toujours là, si vive... des titres comme « Long Before », d'une douleur qui submerge l'auditeur, « Cellar Song » avec basse, guitare et banjo supersoniques, le morceau éponyme et son orgue déglingué, « King Me » ou « Riding », suffocantes de simplicité et de beauté, s’imposent d’emblée comme des classiques intemporels, litanies inépuisables suscitant tout à la fois une une tristesse profonde et un espoir guérisseur. Les mots manquent pour décrire ce disque, dont l'auteur a été depuis la victime d'une certaine hype médiatique (en France surtout) très regrettable, tant elle parviendrait à nous faire oublier la totale sincérité et l'engagement jusqu'au-boutiste du grand Will dans son art. Quelles que soient vos réticences a priori, donnez une chance à cet album, qui est, sans discussion, à l'image des paysages durs et arides dans lesquels il a été conçu : vertigineux.

note       Publiée le dimanche 13 mars 2005

réseaux sociaux

tags

Vous devez être connecté pour ajouter un tag sur "There is no-one what will take care of you".

notes

Note moyenne        11 votes

Vous devez être membre pour ajouter une note sur "There is no-one what will take care of you".

commentaires

Vous devez être membre pour ajouter un commentaire sur "There is no-one what will take care of you".

Alptraum › mardi 1 mars 2011 - 21:42  message privé !

Trop beau :P Rien à rajouter…

Note donnée au disque :       
necromoonutopia666 › jeudi 28 février 2008 - 16:44  message privé !
Une merveille achetée parce que le nom de bonnie prince billy était sur toute les bouches au moment ou je l'ai trouvé en import à la Kefna (c'est ca d'être un trend) et je n'ai jamais regretté mon achat. C'est classieux tout en sentant la bouse, et lumineux même si ca donne l'impression d'avoir été enregistré dans un grange pourrie. Tout le paradoxe du folk ricain contemporain...une merveille
Note donnée au disque :       
Aiwass › mercredi 18 juillet 2007 - 23:30  message privé !
Chef d'oeuvre d'humilité. (et de dépouillement, de beauté, de grâce)
Note donnée au disque :       
saïmone › mercredi 18 juillet 2007 - 22:40  message privé !
avatar
Je lui mettrais la note maximale si je ne le trouvais pas aussi pompeux prétentieux et fier de lui-même.
Note donnée au disque :       
taliesin › dimanche 24 juin 2007 - 21:02  message privé !
Un des rares de la famille Oldham manquant à ma collection - une erreur à réparer au plus vite...