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Red Dog › Comin' Real Wit It

k7 • 10 titres • 42:46 min

  • Face A
  • 1Break You Off4:17
  • 2Kickin' Pimpin'4:02 [featuring Mysta Kang]
  • 3You Better Recognize4:00
  • 4I Wish You Would4:13
  • 5Much Love In The Hood4:10
  • Face B
  • 6Gotta Make A Killin4:20
  • 7Play No Playa4:16
  • 8Campainin' Playas3:48
  • 9Makin' Heavy Profits5:37
  • 10One Mean Stain4:03

enregistrement

Non renseigné ; probablement enregistré et mixé par Shawty Pimp

line up

Red Dog (rap), Shawty Pimp (production)

remarques

Initialement sorti sous le nom de Red Dog. La réédition verra Shawty Pimp s'approprier intégralement l'album, Red Dog étant réduit à un simple featuring (sur tous les morceaux quand même...). La sortie originale sur K7 n'ayant pas de pochette, l'artwork de cette chronique est celui de la réédition de 2014.

chronique

Styles
hip-hop
Styles personnels
artisanat pimp

La carrière de Red Dog, ou l'un des grands écarts les plus fascinants de l'histoire du rap de M-Town. Comment cette petite frappe a-t-elle bien pu passer du rap horrifique mais sincère de Children of the Corn au giron de Shawty Pimp, petit baron local de la pimpologie cheap ? Manque de documentation oblige, on en restera aux conjectures, notant juste les quelques rares analogies entre les deux projets : le hip-hop comme atelier-théâtre pour échapper à la morosité, et un son terriblement lo-fi, qui allait comme un gant à une tape telle que « The Havoc », moins à une sortie qui se voudrait clinquante telle que « Comin' Real Wit It ».

Shawty Pimp, qui s'est attribué l'entière paternité de l'album à l'occasion de sa réédition, aurait voulu tisser des visions de palaces pleins de velours ; il arrive seulement à sonner très étrange et enfumé. La Cadillac qu'il aurait aimée équipée de fourrure mauve n'est qu'une vieille tire brinquebalante, son duo avec Red Dog, guère une réunion de hobos aux yeux rougis par les blunts. Un peu de magie est pourtant véhiculée par ses collages de samples soul, hautement inspirés par le G-Funk, et certains des voyages qu'il propose dans son véhicule douteux valent le déplacement. « Kickin' Pimpin' » est de ces miracles : le producteur y détourne le « Munchies for your Love » de Bootsy Collins, ici bien-mal calée au millimètre près et rendue instable par des sub-basses vicieuses. L'illustre inconnu (et probablement ramassé sur le trottoir le jour-même) Mysta Kang vole même la vedette à Red Dog, par un couplet plein de charisme bancal. Je retiendrais également l'hypnotique et minimaliste « I Wish You Would », dont l'instru est essentiellement constituée d'une cowbell et de basses, et ramène le hip-hop du duo à l'essence du genre : un MC qui kicke sur un beat...

Shawty Pimp a hélas concentré tout son talent sur ces deux titres, et rien de ce que « Comin' Real Wit It » a par ailleurs à proposer n'a été mieux fait ailleurs, que ce soit par des artistes hip-hop de Californie, de Houston ou d'Atlanta. Combien de fois devra-t-on encore entendre le « Everybody Loves the Sunshine » de Roy Ayers, samplé avec beaucoup de fainéantise sur « One Mean Stain », par ailleurs également incluse sur « Still Comin' Real », l'autre projet le plus connu de Shawty Pimp ? Saluons tout de même l'indépendance du producteur, un des seuls à tenter ce genre d'instrus planantes du côté d'une M-Town entièrement livrée aux évocations horrifiques en cette année 1995 ; et ne crachons pas trop sur ce petit disque bizarre, jamais pénible même quand il tire à côté, et qui gagne probablement une boule en cas d'écoute enfumée par une journée ensoleillée. « Comin' Real Wit It » est un disque trop culte pour son propre bien, mais que je suis heureux d'avoir croisé sur ma route.

note       Publiée le jeudi 27 mai 2021

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