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Mazzy Star › So Tonight That I Might See

cd • 10 titres • 00:00 min

  • 1Fade Into You4:56
  • 2Bells Ring4:32
  • 3Mary of Silence6:02
  • 4Five String Serenade4:25 [reprise de Arthur Lee & Love]
  • 5Blue Light5:11
  • 6She's My Baby4:25
  • 7Unreflected3:42
  • 8Wasted5:32
  • 9Into Dust5:37
  • 10So Tonight That I Might See7:20

enregistrement

Produit par David Roback

line up

David Roback, Hope Sandoval, Jason Yates, William Cooper, Keith Mitchell

remarques

chronique

Styles
indie rock
psychédélique
folk
rock
Styles personnels
neo-classico-psychedelia

Fut un temps, « Fade into You » était un morceau omniprésent, le va-tout des BO de film en manque d’une petite touche aussi mélancolique que sensuelle, un morceau qui passe crème partout, la perfection de la suavité sans racolage excessif, la triste douceur, la beauté ténue et le mystère familier, la guitare subtilement twangy, la rythmique folk jamais chiante, l’indie cred des musiciens, du velours underground pour accompagner tous vos moments les plus intimes, sans en faire des caissons. Le morceau parfait, somme toute. Le reste du deuxième album de Mazzy Star est à l’avenant, mais qui se souci encore de devoir en parler ? Tout ceux qui ont vécu les années quatre-vingt dix du côté de l’indie (avant que ça ne devienne un genre en soi, la petite formule pitchforkienne du millénaire suivant) connaissent sans doute tout ça par coeur. Le grand-oeuvre de Dave Roback, figure emblématique du mouvement paisley underground de Los Angeles dans les années quatre-vingt, avec Rain Parade d’abord puis Opal, fabuleux Opal qui préfigurait de façon plus acide le non moins fabuleux Mazzy Star. Ou quand les ricains redécouvrent leurs racines folk et psychédélique à travers le filtre du rock arty d’un groupe que j’ai dissimulé plus tôt sous une formule follement astucieuse. La voix de Hope Sandoval, à elle seule réincarnation moderne mais dissimulée dans l’ombre de ces chanteuses de psyché de la grande époque. La où Opal n’hésitait pas à faire péter le noisymetre, Mazzy Star garde une tension étouffée comme sur le merveilleusement bourdonnant « Mary of Silence ». L’hommage aux anciens passe par la bande d’une reprise d’un Arthur Lee & Love sur le retour, « Five String Serenade » aux merveilleuses cordes ornant ce folk mélodique et dépouillé. Puis ce sont des accords qu’on connait tous sur le bout des oreilles, l’âme de la ballade rock avec « Blue Light ». Hope porte tellement haut son nom, sa diction évaporée sans une once de vulgarité, sans un pouce de facilité. Mazzy Star est un groupe classique au sens noble du terme. Re-enactors, certe, Roback l’a toujours été, il est issu de cette scène-là, mais de la plus belle façon qui soit, la plus évidente, la plus classe, tiens encore et toujours ce mot. C’est tellement classe que même la critique de la joliesse ne tient pas. Cet album n’est pas joli, il est beau. La beauté, ça ne se trouve pas à tous les coins de rue où un zozo se grattouille la six-corde. Tous les morceaux de cet album, sans exception aucune, de l’ouvrage finement ciselé, c’est peaufiné dans l’écho, avec ce qu’il faut d’acidité sans ruiner les arômes. C’en est presque agaçant de consistance, chaque chanson qui succède à la précédente pourrait être la meilleure, après tout. C’est bien joli de jouer les contrariants, d’écouter des trucs sur Bandcamp qui ont été téléchargé vingt-trois fois, de chanter les louanges du dernier side-project du groupe que personne connaît à part les habitués de telle salle associative, mais bordel le mot classique existe quand même pour une raison. Un petit classique de temps en temps, qu’est ce que ça remonte, qu’est ce que ça pénètre ! « So Tonight That I Might See » est un classique, point barre. Roback et Sandoval sont au point d’équilibre parfait, une perfection qui en plus à le culot de se la jouer humble en apparence. Même quand ils se lancent dans un blues psyché sur « Wasted », genre casse-gueule par excellence tellement ça donne souvent du cliché dégoutant, c’est délicieux, parce que la formation va au-delà du simple duo voix/guitare, tout est parfaitement ajusté dans la recette, cuisson avec épices et petits oignons : les cordes creusent les grands espaces, les claviers laissent glisser des eaux aux propriétés magiques sur les territoires d’une americana rêvées en paysages voluptueux, aux ciels de volutes. Ahhhh, ce morceau titre final, interminable de visions phosphéniques, Hope qui talk-over de sa petite voix, sa petite voie vers les étoiles, et Roback qui lui feedback autour, au balancement rythmique ponctué de l’indispensable tambourin, serpent à sonnette de tout bon psychédélisme. Classique et point barre.

note       Publiée le samedi 14 décembre 2019

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Note moyenne        7 votes

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(N°6) › lundi 16 décembre 2019 - 11:15  message privé !
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(la coquille énorme ! rectifiée, merci !)

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Rastignac › lundi 16 décembre 2019 - 09:01  message privé !
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aH merci ! c'est exactement ce qu'il me fallait ce matin, belle découverte ! (ps: manque un "that" dans le titre on dirait)

Fryer › lundi 16 décembre 2019 - 07:23  message privé !

Bijou du genre, grosse valeur affective personnelle

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Raven › dimanche 15 décembre 2019 - 03:56  message privé !
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Entre Chris Isaak et elle c'est toujours un peu la guerre ici, dès que la chandelle est de sortie.

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