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Palms › Palms

cd | 6 titres | 46:54 min

  • 1 Future Warrior [7:56]
  • 2 Patagonia [6:40]
  • 3 Mission Sunset [9:57]
  • 4 Shortwave Radio [6:56]
  • 5 Tropics [5:44]
  • 6 Antartic Handshake [9:41]

enregistrement

Produit par Palms.

line up

Jeff Caxide (basse, claviers), Bryant Clifford Meyer (guitare, claviers), Chino Moreno (chant), Aaron Harris (batterie)

chronique

Styles
post rock
metal atmosphérique
Styles personnels
post-isis

Isis, ils ont bien fait de s’arrêter. Non pas qu’ils n’avaient forcément plus rien à dire, mais disons que dans les années deux-mille dix, c’est un nom un peu compliqué à porter. Depuis d’ailleurs, leurs réseaux sociaux indiquent Isis-the band. C’est bien de préciser. Certains disaient aussi que l’évolution de leur musique vers un post-rock atmosphérique avait fini par produire un hiatus trop large avait le chant bien harsch d’Aaron Turner, qui faisait pourtant merveille jusqu’à au moins Panopticon. Bref, voilà que trois de nos quatre cavaliers de l’apocalypse remettent le couvert quelques années après le split dans le cadre d’un collaboration qui sur le papier au moins, fait sens, comme on dit dans les années deux-mille dix, aussi. Ahhhh, Chino Moreno, le hurleur/sussurreur le plus sensuel de toute la scène métal, Monsieur Cold-wave en Converse lui-même, aussi à l’aise dans les boucheries chevalines de ses insubmersibles Deftones que roucoulant sur du trip-hop papier glacé tel un Brian Ferry punk-curvy. La rencontre des ferrailleurs post-hardcore et du vocaliste post-néo semble presque aller de soi, Isis partageant avec les Deftones ce goût pour les atmosphères lourdes et néanmoins flottantes. Il y a cependant des différences qui sautent aux oreilles, car il ne s’agit pas ici simplement de « Isis avec le chanteur des Deftones », ce serait trop simple. Dès le premier morceau, et peut-être le meilleur, l’alchimie prend tel un moustique dans l’ambre jurassique : une ligne claire et aérienne sur laquelle se pose la voix légèrement brisée de Moreno, baignant de sa mélancolie une mélodie qui bientôt s’empli de pesanteur. Quand Chino explose, on se croirait un instant dans un fantastique morceau des Deftones. Mais là où ceux-ci possèdent toujours une sorte de groove orageux, Isis conservait une rigidité, une raideur qu’ils dépliaient longuement en textures, en contrastes hypnotiques. C’est exactement ce qui se passe ici, mais la sensibilité mélodique de Chino semble déborder sur la composition en monolithes des trois d'Isis. Pour le dire autrement, si les Deftones font des volutes, Isis traçaient des lignes droites avec des angles durs. C’est au coeur de cette rencontre que les sonorités vocales et instrumentales se mélangent naturellement. Quand c’est beau, c’est beau. Comme sur le grandiose « Mission Sunset », qui monte, qui monte, lever de soleil sur l’océan déchainé, vu du ciel. C’est qu’il y a toujours eu un petit côté Yann Arthus-Bertrand dans toute cette vague post-hardcore, pour le meilleur voire le sublime mais aussi parfois un rendu un peu paysagiste, qui se ressent dans certaines compo plus décoratives. Peut-être bien qu’Isis aussi se sont arrêtés parce qu’ils n’avaient plus grand chose à raconter, finalement. Alors le dialogue avec Chino, il ne prend qu'en alternance, quand eux ne se prélassent pas trop sur de beaux accords contemplatifs, quand lui ne se laisse pas aller à se dire « ah, qu’est-ce qu’on est niais. » Post-post-hardcore alors, sous lexo, c’est gentil aussi. Ce qui fait une autre différence, c’est cette guitare, celle de Clifford Meyer, attelé chez Isis aux sons électroniques, qui ne résonne pas tout à fait des mêmes échos, plus chaude, plus terrestre, qui se laisse piéger parfois à cette sensualité apportée par le chant, comme sur les dernières minutes serpentines de « Shortwave Radio », jamais Isis n’aurait fait quelque chose qui ondule autant du fion. Et encore moins se laisser aller à une rythmique qui frôle les sensations trip-hop chères à Chino sur « Tropics », avec cette mélodie qui fait la planche, en vacance exotica-post-rock. L’album s’achève d’ailleurs sur une impression de flânerie, entrecroisant de merveilleuses textures avec langueur pour s’enrouler dans une coda de post-coocooning. Post-doudou pour aller au dodo, tout doucement.

note       Publiée le vendredi 6 décembre 2019

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(N°6) › vendredi 6 décembre 2019 - 23:24  message privé !
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A quand un album de Saudade surtout, le projet qui vend du rêve.

Note donnée au disque :       
Rastignac › vendredi 6 décembre 2019 - 21:56  message privé !
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Il a sorti d'autres albums ?

torquemada › vendredi 6 décembre 2019 - 21:25  message privé !

pour ceux qui aiment Chino... à quand la suite ?

Note donnée au disque :