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The Hidden Hand › Mother * Teacher * Destroyer

cd | 12 titres | 48:02 min

  • 1 The Crossing
  • 2 Half Mast
  • 3 Desensitized
  • 4 Draco Vibration
  • 5 Black Ribbon
  • 6 Marginalized
  • 7 Magdalene
  • 8 Currents
  • 9 Travesty As Usual
  • 10 Coffin Lily
  • 11 Sons Of Kings
  • 12 The Deprogramming Of Tom Delay

line up

Wino (guitare, chant, percussions), Bruce Falkinburg (basse, chant), Dave Hennessy (batterie)

chronique

Un bon gars, ce Wino. Sa musique plus loseuse que wineuse (cela va sans dire) et aussi plus biéreuse que vineuse (hélas), n'inspire en général chez moi qu'intérêt récréatif ou indifférence polie. Mais impossible de ne pas avoir un minimum de sympathie pour ce gaillard. Même si je ne possède du Wino que ce Hidden Hand - en plus du Saint Vitus que j'ai pas encore revendu, s'entend, puisque je suis plus d'obédience Reagers. Chez Main Cachée (dans la poche pour se les gratter nonchalamment, à n'en point douter), pour moi y a un truc qui sonne mieux que chez ce Vitus weinrichien (ouch !) L'côté psyché-décontracté ? Les riffs sur cet album ? Ces riffs, ouais, c'est du pain d'oom-peace... Et ça c'est bon, petit patapon. Hé, y aurait pas même davantage comme une texture "doomous", dites ? M'bref, c'est étouffe-chrétien, ce qui est plutôt de bon aloi pour le genre (désolé Trouble), et ça tient bien au ventre. C'est à croire que Wino a trouvé dans ce power-trio le feng shui de sa bedaine, et l'inspiration pour dessiner des anneaux de Saturne autour de ses binouzes. J'ai même pas envie de me craquer les arpions à trouver des images plus originales, je m'en tape : ce disque est réconfortant comme peuvent l'être une bonne pinte et un gros joint. Point. Ouais... Wino semble vraiment bien loti dans son doom, ici, à peu près aussi réjoui dans son tas de riffs que Marielle à Pont-Aven, le blair blotti dans un bon boule. Enfin, c'pas en spécialiste du Weinrich que je cause, hein, vu que je vais tout de même pas m'enquiller sa pleine disco à l'Obsessed près pour discerner ce qui va plus ou moins le faire : c'est celui-ci le Weinrich gouleyant, plus que celui qui doume bloqué en mode sinistre, et pis c'est tout ! C'est incontestable, je l'ai lu dans le tarot de cette pochette. Déjà, on fait difficilement plus velu et chaud comme son. C'est chaud comme ma bouillotte remplie de grog au bourbon, tiens... Oui, encore une métaphore de feignasse à base d'alcool. Mais c'est un peu ça, Mother Teacher Destroyer : une envie de boire à tout instant. De toute façon, relisez-moi un peu les noms de ce line-up je vous prie : "Falkinburg", "Wino", "Hennessy"... On dirait-y pas un apéro-marathon bière-pinard-cognac ? Au final le bar est plus achalandé qu'escompté, hé hé. Et puis, quand il chante "Maaag-da-leeene", le gars, on croirait qu'il chante "Nâââ-thâ-liiie". Et ça c'est doom. Y a comme une saveur à la fois beauf et raffinée là-dedans. Occulte mais pas prise de chou ! Ah merde j'oubliais : ils sont deux au micro, alternativement, le bassiste poussant la chansonnette aussi ; enfin leurs deux voix s'entrelacent bien, et c'est le principal, avec à la clé un côté "Ozzy chauve et atteint de gynécomastie" dans le feeling. Ah ouais j'allais oublier, y a aussi "Black Ribbon", superbe, aussi envoûtante que la Caravane-Planète (qui a murmuré "Caravane-Esprit" ?), cette ballade embaume comme un mélange de beuh, d'encens et de naphtaline des plus karacho... À chaque fois où je me fais chier, sur le point de me dire "pfff ouais bon, il est vraiment GENTIL ce Wino avec son trio doom pépère-générique", cette brave sacoche trouve le moyen de sortir LE riff hardos voire hardcore qui va me reprendre dans son chaudron magique (exemple "Half Mast", ou "Sons of Kings") et me touiller ma vieille gueule de blasé jusqu'à ce que le dedans relatif de ma tête ne soit plus qu'une soupe primordiale, jusqu'au final "Tom Delay", plutôt dissonance que delay d'ailleurs, où Wino fait siffler sa guitare comme Robert Fripp. Ce n'est pas la pire façon d'achever un skeud. Sur les bons passages, je me sens péter grassement de satisfaction en faisant danser mes glaçons. Sur les passages plus moyens ou médiocres, je bois pour oublier que je m'emmerde ("Desensitized" ou "Coffin Lily", doom tradi un peu tarte, pommes pas assez cuites)... Mais j'peux pas me plaindre car ce serait trop vachard, vu les moments de pure détente cosmique que renferme ce juteux Mother Teacher Destroyer.

note       Publiée le mardi 22 janvier 2019

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yog sothoth › mercredi 23 janvier 2019 - 11:37  message privé !
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Je trouve toujours que son truc le plus estimablement non-chiant reste The Obsessed.

born to gulo › mercredi 23 janvier 2019 - 10:13  message privé !  born to gulo est en ligne !

De mémoire, même impression que pour tout ce qui est Wino-related : profondément estimable, profondément chiant. Je retenterai, du coup.