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The Special AKA › In the Studio

lp/cd | 10 titres | 42:54 min

  • 1 Bright Lights [4:11]
  • 2 The Lonely Crowd [3:51]
  • 3 Girlfriend [4:50]
  • 4 Housebound [4:12]
  • 5 Nites on the Tiles [3:03]
  • 6 Nelson Mandela [4:07]
  • 7 War Crimes [6:13]
  • 8 Racist Friend [3:49]
  • 9 Alcohol [5:00]
  • 10 Break Down the Door [3:36]

extraits vidéo

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enregistrement

Enregistré par Alvin Clark, Colin Fairleigh, Dick Cuthell, Jeremy Green, Mark Freegard, Teri Reed, Johnny Rivers et Steve Chruchyard. Produit par Dick Cuthell, Elvis Costello et Jerry Dammers.

line up

John Bradbury (batterie ; basse et synthétiseurs sur 10), Dick Cuthell (cornet et flugelhorn sur 1, 3, 4, 6, 7, 10), Rhoda Dakar (voix ; chœurs sur 1, 3, 6, 7, 8), Jerry Dammers (piano, orgue, claviers, voix sur 3), Lynval Golding (chœurs sur 5 et 6), Horace Panter (basse sur 3, 7, 9), Rico Rodriguez (trombone), Caron Wheeler (chœurs sur 3), Claudia Fontaine (chœurs sur 3), Egidio Newton (voix sur 8, chœurs sur 1, 7, 9, 10), Naomi Thompson (chœurs sur 3), Gary McManus (basse), John Shipley (guitare), Andy Aderinto (saxophone), Stan Campbell (voix), Tony Uter (Tone « Groko » Utah) (congas sur 2), Dave Wakeling (chœurs sur 6), Elvis Costello (chœurs sur 6), Molly Jackson (chœurs sur 6), Polly Jackson (chœurs sur 6), Ranking Roger (chœurs sur 6), Dave Heath (flûte sur 6), Paul Speare (tin whistle sur 6), Nick Parker (violon sur 7)

chronique

« AKA », ajouté au nom : alias, rappel qui la fout à l’oreille. Plus vraiment The Specials ? Plus du tout les Coventry Automatics qui avaient commencé l’histoire – groupe sans arrière pensée en quelque sorte ; mais intelligent, déjà, lucide et plein d’appétits. Le titre, lui, est explicite : In the Studio. Expériences, bandes manipulées. Arrangements essayés en direct, affinés au fil des présences. Dammers – Jerry, pas Jeffrey – de plus en plus présent, vrai maître de cette créature-ci, d'accord. D’autres – anciens ? – membres de passage, d’accord. Rhoda Dakar encore là, depuis le précédent – plus souvent en avant. Pléthore de joueurs qui passent, au vrai. Et dès le début : ska, rocksteady, reggae, apparemment presque oubliés, en tout cas ne ressurgissant qu’au milieu de bien d’autres… Couleurs. Artificielles si on veut – d’une électricité, d’une électronique filtrées. Ce n’est plus la fête en plein air, certes. Mais je ne trouve pas à ce disque la platitude que lui reprochent certains – à commencer par Simon Reynolds dans son Rip It Up and Start Again (ouvrage par ailleurs assez unique sur les scènes post-punk – éclatées et chercheuses, instant jamais reproduit dont il saisit et rend les singularités instantanées et profondes). Certes, l’unité surprenante des deux précédents disques – d’autant plus étonnante sur More Specials (le deuxième) que le groupe ne se privait pas d’y fuser dans tous les sens – n’y est plus. Du groupe d’ailleurs, il ne reste donc plus grand chose – ce serait plutôt, disais-je, un disque de Dammers avec des collaborateurs. Oui, l’entrée en matière au son très machines/musique de boîte de nuit peut d’abord rebuter, Bright Lights – la texture lissée, l’exotisme délavé, javellisé, encaustiqué. Refroidi, disons… Certes, le contraste auquel nous avait habitué le groupe – entre moments graves et ton presque idiot, se joue ici moins en finesse : les messages assénés de la triplette enchaînée Nelson Mandela/War Crimes (où Dammers compare l’attitude de l’état d’Israël envers les Palestiniens aux horreurs perpétrées par les nazis sur les juifs – on imagine, quoi qu’on puisse en penser, comme ça a pu bien passer, à l’époque)/Racist Friends. Mais d’un autre côté… Plus on écoute le disque, plus l’imagination à l’œuvre se révèle. Plus cette production sophistiquée, aussi – maniaque du détail, dénudant son objet, finalement, plutôt que l’enrobant – se révèle adéquate, partis-pris osé, en tout cas. Et qui pour moi, quand elle fait mouche, s’avère parfaite. La liesse, certes, est partie – peut sonner contrefaite quand elle point à nouveau (Nelson Mandela, donc – mais celle-là pouvait-elle de toute façon sonner joie sans mélange, avec un tel sujet ? … Et puis ce n’est pas une mauvaise tranche de jive ramené sous ce climat bleuté, soit-dit en passant, et tout court). Mais voilà : au cour des écoutes, le malaise qui jusque là – sur les deux disques précédents, j’entends – se libérait toujours en élans des corps déjetés, reste ici malaise, angoisse, lumière basse et rampantes. De la fête – Alcohol – il reste l’addiction. L’étrangeté s’affirme une dernière fois, aussi – l’excentricité de fond : le clip à priori loufoque mais en fait curieusement dérangeant de Girlfriend, avec Dammers en extraterrestre harceleur un poil flippant dans son insistance et son rictus sans incisives. Alors oui, c’est moins flamboyant. Alors oui, encore, j’y reviens pour ma part seulement certains jours – humeurs réflexives, automne en soudaine entame (ça tombe bien, tiens, on y est, à l’heure où je vous l’écris). Mais alors oui, aussi : j’y reviens, toujours, n’empêche, et ne saute presque jamais une plage.

note       Publiée le lundi 1 octobre 2018

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Dioneo › mardi 2 octobre 2018 - 10:41  message privé !
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Ben... Oui, ce n'est plus le même groupe, c'est sûr ! ... Pour le coup je trouve que l'objection "trop joyeux" ne tient pas trop, par contre - en tout cas moins bien qu'avec More Specials (qui donc ne l'est pas seulement mais oui, il est coloré, donc) - tant d'emblée certains trucs plombants le sont plus évidemment - War Crimes, Alcohol, en tout premier. Et je trouve que la bizarrerie de trucs comme Half Bound empêche direct aussi que ça sonne "disque de teuf" sans arrière pensée... Bon, c'est vrai qu'il est disparate, et je comprends qu'on puisse ne pas accrocher si on avait flashé sur leur style des débuts, parce qu'en effet c'est devenu vraiment tout autre chose. Pour ma part je l'ai toujours bien aimé, cet album... Et ça ne m'est pas passé entre temps !

Note donnée au disque :       
Twilight › lundi 1 octobre 2018 - 22:13  message privé !
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Sans Terry Hall et Neville Stapple, pour moi, c'est plus pareil...C'est trop black music et trop joyeux à mon goût même si je ne dédaigne pas y jeter une oreille de temps à autre...Il y a de beaux restes.