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Maud Geffray › 1994

vinyle | 5 titres | 19:05 min

  • 1 1994 [9:11]
  • 2 In the WIld [3:18]
  • 3 Jade [1:23]
  • 4 Micropoint [2:01]
  • 5 In the WIld II [3:12]

extraits vidéo

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line up

Maud Geffray, Scratch Massive (2 à 5)

remarques

Vinyle vendu avec le DVD du film, visible également sur Viméo & Youtube. https://paneuropeanrecording.bandcamp.com/album/1994

chronique

Styles
ambient
techno
Styles personnels
ghost-techno

On se fait quand même un peu chier à Saint-Nazaire. Alors quand Maud Geffray a découvert les raves dans les années quatre-vingt dix, imaginez la libération, l’ouverture sur un autre monde. Pas si lointain le temps des raves et pourtant, un autre monde à nouveau, vu par dessus l’épaule. Il existe un film super 8 d’une de ces fêtes, quelque part en Bretagne, où Maud participait alors. 1994. La techno, une « musique de drogués » pour les reportages télé, anxiophiles et emplis d’interview de gendarmes qui poursuivaient la piste des teufeurs. Aujourd’hui l’électro est partout, de la moindre boutique de fringue à n’importe quel bar lounge chic ou non, les grands-messes technophiles sont des machines à imprimer des billets, le système capitaliste a avalé le chant de la machine. Flashback, image-temps d’avant. 1994, il y avait encore un devenir utopique qui se produisait dans chaque fête. Bienheureux ceux qui les ont connues. Pour les autres, les pages d’Electrochoc de tonton Garnier, ou le doux-amer film Eden qui retrace quelques unes de ces vies. Maud, elle, a remis bout à bout neuf minutes de pellicule muette. Musique d’époque ? Non. No beat. Des nappes synthétiques laissant planer comme un doute. Que sont ces visages devenus ? Ces jeunes gens qui dansent dans les dunes, qui rêvent entrainés par le DJ pas encore occupé à se faire voir, photographier ou filmer pour alimenter son fil Facebook, son compte Insta. Toujours inspirée par le versant le plus dark de la techno, Scratch Massive était une figure du mouvement electroclash du côté du Pulp, elle ne recrée pas l’ambiance de l’époque, elle compose pour des présences devenues comme fantomatiques, une jeunesse aux regards non fixés sur les écrans d’outils numériques, des corps qui se libèrent, plus ou moins indifférents à cette caméra qui capte un moment suspendu. La musique de Maud bourdonne, cliquète, fait monter une tension avec des voix d’outre-dimension qui s’évaporent, une bande-originale pratiquant le spiritisme, décompte jusqu’à une explosion qui n’advient jamais, alors que sur l’écran une fête désorganisée aux couleurs passées semble ne rien attendre sinon sa propre production. Des fragments de joie, une sensualité d’un autre temps que l’ambient-techno de Maud double d’une couche d’inquiétude rétrospective. Et alors que le soleil se couche, prend un tournant grandiose, c’est le thème de « In The Wild », entre le futurisme de Blade Runner et l’électro-spectrale de Boards of Canada. Une mélancolie profonde s’insinue alors par tous les pores, entre tous les plans : que sont ces jeunes gens devenus ? Sont-ils vieux ? Sont-ils morts ? Sont-ils encore beaux ? Ecoutent-ils encore cette musique qui sur une plage, quelque part en Bretagne, un jour de 1994, les avait emportés loin, très loin ? Où sont ces corps partis ? Loin, très loin.

note       Publiée le jeudi 28 décembre 2017

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M-Atom › vendredi 5 janvier 2018 - 21:48  message privé !

grosse ambiance...le titre "1994" me fait pas mal penser a du Vromb !

Note donnée au disque :