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Pharmakon › Bestial burden

lp | 6 titres

  • 1 Vacuum
  • 2 Intent Or Instinct
  • 3 Body Betrays Itself
  • 4 Primitive Struggle
  • 5 Autoimmune
  • 6 Bestial Burden

extraits vidéo

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line up

Margaret Chardiet

chronique

La ligne…La peur…La respiration qui s’accélère, les poumons en quête d’un air qui semble faire défaut au moment où en a le plus besoin…’Vacuum’, ce n’est même pas ça, juste un petit sprint, une petite montée d’essoufflements superposés avec une pointe d’écho, 37.2 le matin et basta…Une mise en jambe en réalité, avant ‘Intent or instinct’, un des meilleurs trucs de power electronic que j’aie entendu. Ok, VL a sans doute raison, c’est du bruitisme de hipster, mais là il y a le doigté de madame Chardiet…Nappe menaçante qui s’installe, beat sec comme une montée à l’échafaud, un grincement en boucle comme un mantra…Et Margaret hurle, à s’en déchirer le gosier, vomit sa souffrance plus que sa haine comme un cri primal. Et moi aussi j’ai envie de gueuler comme Margaret…Quand je suis dans le bus avec ça sur les oreilles à regarder le tas de flans qui m’entoure, je dois me retenir parce que le cri enfle au fond de ma gorge…Mais ce bouillonnement de la tripaille me fait du bien. Du coup, quand comme on démarre un disque avec un tel pic d’intensité, le reste pourrait sonner plus faible…Le truc à savoir, c’est que Margaret a failli y passer, les médecins lui ayant découvert un kyste d'une telle taille qu’un de ses organes a failli lâcher. D’après ses dires, lors de son convalescence, elle verra son voisin de chambrée mourant hurler pour avoir sa fille à ses côtés, laquelle ne se montrera pas. A la lumière de cette expérience, les deux titres suivants, ‘Body betrays itself’ et ‘Primitive struggle’ prennent leur sens. Le premier conserve la touche extrême de ‘Intent or instinct’ mais en moins orfèvre dans sa trame musicale; il n’en reste pas moins sombre, menaçant, avec des pics vocaux à donner froid dans le dos. Le second, plus inoffensif à première écoute revêt une autre dimension, on y entend un homme tousser, cracher ses poumons pendant deux minutes, avec un beat qui s’accélère comme un coeur mal synchronisé en fond. Rien de spectaculaire, c’est juste froid et implacable, un combat perdu d’avance. C’est ça, la touche Pharmakon, une menace permanente, un malaise latent, jamais très loin de la peur. Quand j’écoute ‘Bestial burden’, je me dis que Diamanda Galas pourrait chanter là-dessus; si la musique est crissante mais jamais saturée, c’est pour laisser place à l’expression de la souffrance organique, à ceci près que Margaret n’y met aucun fioriture vocale (exception faite de ricanements déments bouclés et déformés). VL avait raison Margaret est Pharmakon, elle fusionne avec son projet, mais pour qui a ressenti un jour ce besoin de crier sa rage au delà de toute limite, ‘Bestial burden’ devient une catharsis à partager comme un shoot de mauvaise colle.

note       Publiée le samedi 15 juillet 2017

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Klarinetthor › dimanche 16 juillet 2017 - 00:26  message privé !

L'ayant enfin vu live, meme si elle arrive à convier le malaise sur scène, ça ne fonctionne pour moi vraiment que sur album. Et particulièrement celui-ci. On n'oublie pas la première écoute (dedieu, mais pourquoi ai-je oublié mon expectorant)?

Note donnée au disque :