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Pharmakon › Abandon

cd • 5 titres • 53:58 min

  • 1Milkweed/It Hangs Heavy7:14
  • 2Ache7:04
  • 3Pitted5:59
  • 4Crawling On Bruised Knees6:35
  • 5Sour Sap26:59

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line up

Margaret Chardiet

remarques

chronique

A la première écoute, j'ai rejeté cet album: trop hype, trop proprement packagé (merci sacred bones), trop merdeuse-qui-crache-sa-douleur-à-la-face-du-monde. Rangement dans la catégorie : instantanément inintéressant. Ainsi passai-je à côté de la chose, par indifférence, par snobisme peut-être, par déni certainement de m'avouer avoir rarement entendu musique aussi sincère. C'est en y revenant que j'ai saisi enfin la nécessité de Pharmakon pour son auteure ; une nécessité vitale, cathartique. Car Margaret est un grenier. Elle y accumule son mal-être, ses douleurs, sa colère, sa violence. Elle vit le bruit comme un cri primal, son expression unique. Alors, forcément, le rendu est cru, directement connecté des tripes aux enceintes. On ne s’y embarrasse pas vraiment de transcendance: ce sont ses viscères sur la table, les cordes vocales déchirées, le corps pliant sous la puissance du verbe et de l'acte libérateur. «Sometimes you have to become an animal to feel human» explique-t-elle en interview. Compris. Seulement voilà, je reste sur ma faim: l'intérêt du power electronics, à mon sens, est d'exhiber à l'auditeur ce qu'il ne veut pas voir, ce qui est enfoui en lui, son tabou, sa honte, son ambiguité. Le PE agit en révélateur, convoquant toute la nécessaire brutalité. Or, Margaret incarne si pleinement son projet Pharmakon qu'il n'est nul question d'ambiguité dans ses monologues, de révélateur encore moins. C'est là sa limitation, car l'obscénité d'une âme mise à nu dérange autant qu'elle peut consterner. Cet acte, qui ne fonctionne que le temps d'un concert ou de l'enregistrement d'un disque, tient ainsi par moments moins de la libération acéphale que de la défiance: «Ecoute-moi comme je souffre», «Regarde-moi dans les yeux et vois-y ma douleur», entend-on en substance. De fait, Pharmakon crée une musique, certes intense, mais excluante, où l'on ne ressent finalement aucun trouble profond une fois l'effet cri-primal-dans-ta-face passé. Je ne crache pourtant pas dans la soupe: malgré quelques longueurs trop répétitives, l'album présente d'indéniables qualités de précision ainsi qu'une utilisation réfléchie de la puissance abrasive, témoignant d'une surprenante maturité ; et j'y reviens ma foi régulièrement. Voyons donc ce que donnera la suite, et si Margaret saura enjamber son mal-être pour emprunter un rapport sémantiquement plus riche avec son auditoire.

note       Publiée le jeudi 31 octobre 2013

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Note moyenne        5 votes

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Twilight › lundi 12 septembre 2016 - 21:06  message privé !
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je ne connais pas celui-ci mais je viens d'acheter 'Bestial burden'...Waow. Même en power electronics, la touche féminine apporte un plus. Ces vocaux déchirés et désespérés me parlent totalement...Une violence grisante.

Klarinetthor › jeudi 9 octobre 2014 - 13:48  message privé !

Le ptit nouveau sort dans quelques jours et rhabille pour l'hiver

Note donnée au disque :       
E. Jumbo › dimanche 3 novembre 2013 - 21:15  message privé !

VL Gas Attack

Tago Pago › dimanche 3 novembre 2013 - 19:22  message privé !

Plus de VL sur Guts!

Wotzenknecht › vendredi 1 novembre 2013 - 13:46  message privé !
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Bien vu VL. Je préfère un bon vieux Proiekt Hat, qui justement écarte totalement l'aspect personnel / subjectif dans un registre sonore pourtant proche : http://www.youtube.com/watch?v=EwR_fqnREkQ