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Grotus › Slow Motion Apocalypse

cd | 11 titres | 51:06 min

  • 1 Up Rose the Mountain [3:53]
  • 2 Good Evening [1:05]
  • 3 The Same Old Sauce [2:13]
  • 4 Hourglass [3:44]
  • 5 Shivayanama [4:42]
  • 6 Complications [3:55]
  • 7 Cali Yuga [3:23]
  • 8 Clean [4:41]
  • 9 Sleepwalking [6:05]
  • 10 Medicine [3:22]
  • 11 Slow Motion Apocalypse [14:05]

enregistrement

Enregistré par Eric Holland au 'Rhythm & Noise Compound' et aux 'G's rehearsal studio' (San Francisco), de octobre à décembre '92. Produit par Eric Holland et Grotus. Mixé au poolside (S.F.), en janvier '93

line up

Bruce Boyd (batterie), John Carson (basse, sampler, règle), Lars Fox (vocalises, samples, percussions, TV), Adam Tanner (basse 6 cordes, guitare, Jupiter 8 et son crew, samples)

chronique

Groupe atypique de la vague "crossover" qui déferla au débuts des années quatre-vingt dix, Grotus à pourtant rejoint la cohorte de projets qui disparurent presque corps et âme au milieu de cette décennie. Tout semblait bien parti puisque après un "Brown" qui présentait malgré tout une personnalité déjà unique, le mini "Luddite" montrait un groupe plus sûr de lui au point d'attirer l'attention du label de Jello Biafra. Ce dernier en profita pour éditer une version vinyle de "Luddite" afin de préparer le terrain pour ce "Slow Motion Apocalypse" on ne peut plus déroutant. Rassuré le quatuor américain se lâche et livre une œuvre décomplexée, habitée et définitivement inclassable. Alors, délire hippie hardcore, rock indus déjanté ou musique d'illuminés ? A vrai dire peu importe mais assurément tout cela à la fois : si l'on peut plus aisément cataloguer "Brown" comme expérimental et le dernier album, "Mass", comme plus consensuel "Slow Motion Apocalypse" résiste à toute tentative d'étiquetage. Les collages surréalistes des débuts sont ici utilisés avec parcimonie (shows radio ou télévisés), illustrant et fustigeant l'absurdité des médias de masse et la futilité de ses publics tandis qu'une espèce de rock hybride explose dans tous les sens qui emprunte autant à la soul et au jazz ("Up Rose the Moutain") qu'au hip hop industriel façon Consolidated ("Sleepwalking"). Un "groove" puissant imprègne fortement l'album grâce notamment à un duo basse/guitare issu d'un accouplement presque contre-nature entre Faith No More et Godflesh comme en témoignent "Hourglass" et "The Same Old Sauce". Autre caractéristique de Grotus, l'utilisation de percussions et d'instruments traditionnels (tablas, sitar) qui développent un univers spirituel inspiré par le mysticisme hindou (prolongé jusque dans l'iconographie) et induisent une transe chamanique du plus bel effet ("Kali Yuga", le très atmosphérique "Shivayanama") et bien loin d'être superficielle. "Slow Motion Apocalypse" représente l'archétype du melting-pot d'influences et de cultures complètement digérées et réinjectées dans une base rock elle-même soumise à une alchimie étrange. Ce contraste entre la thématique apocalyptique et l'environnement sonore parfois entièrement psychédélique ("Complications") participe évidemment à l'aura particulière de ce disque qui se termine par un remix caché du morceau "Brown", métamorphosé par une relecture rock tribal envoûtante. Ce ne sera malheureusement pas le cas de "Opiate of the Masses", EP de remixes anecdotiques de l'album par Transglobal Underground ni du laborieux "Mass", épitaphe décevante d'un groupe qui se détachait significativement du lot. Si l'épreuve du temps plaide quelque peu en défaveur de "Slow Motion Apocalypse" en ce qui concerne la production (à quand un remaster?), elle n'a rien entamé le plaisir éprouvé à l'écoute d'une œuvre toujours aussi impénétrable et unique en son genre. (chronique parue à l'origine dans VS Magazine n°10, fev. 2007)

note       Publiée le dimanche 11 août 2019

chronique

1993, Label Alternative Tentacles, prises de drogues exotiques, dépaysement et rock lourd sous un soleil de plomb industriel... Arrivé tout juste sur la fin de la vague fusion, germé au cœur de groupes mélangeant rock et machines sans complexes, une paire d’années avant la déferlante de dreadeux blanc-bec headbangeurs à sweat-shirt Korn, (à l'heure où Sepultura commençait tout juste à prendre gout aux percus tribales) et à une époque où truffer sa musique de samples n'était pas encore devenu un tic lourdaud, voilà que débarque Slow Motion Apocalypse. Ce Grotus du haut de sa pochette au gout psychédélico-douteux et de son titre ambitieux nous projette au cœur d’une cité du futur. Une saga cyberpunk dans laquelle on traverse des bas quartiers planqués et leurs marchés noirs fantaisistes, on participe à des fusillades dans des banlieues abandonnées, on déambule dans des ruelles et égouts peuplés de mutants super héros, le tout sous l’œil inquisiteur des droïdes de sécurité et des gouvernements totalitaires qui les ont mises en place. Car c’est bien le visuel, voire le septième art qui est à l’honneur ici. Une fresque déjantée, violente et colorée, amenée à nos oreilles par une parfaite hybridation du meilleur rock à tendance indus avec implants de percus et didjeridoos, injection de cuivres et vocaux génétiquement optimisés. Et quand je croise un album qui groove comme ça tout du long, en étant à la fois boulonné de partout, l’approbation semble obligatoire. So ‘’Get your butt back on the couch’’… and watch what Grotus has brought for you !

note       Publiée le mercredi 27 mai 2015

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Rastignac › mardi 8 mai 2018 - 12:34  message privé !  Rastignac est en ligne !
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Cantal sourire ! Sinon, mon effet à moi de ce disque est celui un peu nostalgique de journées entières passées sous les soleil complètement def. à marcher sans but autre que regarder la ouferie ambiante, avec ce déhanchement souple et cool qui m'allait si bien à l'époque. Mais bon.

merci pour le fusil... › samedi 5 mai 2018 - 17:01  message privé !

Espérons. Le suivant - Mass - est également grandiose.

born to gulo › samedi 5 mai 2018 - 16:49  message privé !

Ils sont probablement du Loir et Cher.

Note donnée au disque :       
merci pour le fusil... › samedi 5 mai 2018 - 15:35  message privé !

Faith No More sans les manières.

dariev stands › mercredi 27 mai 2015 - 22:13  message privé !
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et lui je le verrai bien avec "psychédélique" d'ailleurs! et pas seulement à cause de la pochette...

Note donnée au disque :