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Sayer › Sounds of Atoms

cd • 10 titres • 77:40 min

  • 1Sounds of Atoms 10:34
  • 2Subatomic Particles 7:40
  • 3Kinetic Energies 6:00
  • 4Cyclotron 11:42
  • 5Oscillating Fields 8:07
  • 6Retrospection 6:14
  • 7Cosmic Rays 5:27
  • 8Angular Momentum 8:30
  • 9Particle Beams 5:18
  • 10Atomic Age 8:08

line up

Sayer Seely (Synthés hardware/software)

remarques

On peut avoir des informations supplémentaires sur cet album, de même qu'entendre des extraits, en visitant le lien suivant: http://sayermusic.bandcamp.com/album/sounds-of-atoms

chronique

Oh boy! “Sounds of Atoms” est une véritable bombe qui s'adresse à ceux qui aiment le genre de MÉ intensément séquencée. Une musique qui regorge de rythmes endiablés et de mélodies accrocheuses. Sayer est un musicien/synthésiste américain qui est dans le domaine de la MÉ depuis près de 25 ans en tant que producteur et, à ses heures, compositeur. Sa vaste expérience l'a amené à côtoyer tous les courants musicaux et à en saisir toutes les nuances. Ce faisant, sa musique est étonnement bien structurée pour un nouveau nom dans le milieu. Un nouveau nom? Pas vraiment. “Sounds of Atoms” est son 3ième album après un silence de 12 ans. Soit après la sortie de Past-Present-Phuture en 2001. En tout, Sayer a produit une dizaine d'albums qui ont effleurés toutes les sphères de la MÉ moderne. Réalisé en Janvier 2014, “Sounds of Atoms” est une véritable mine d'or pour ceux qui aiment une MÉ énergique, lourde, sombre et énergisante qui ne délaissera en aucun moment une approche mélodieuse brodée dans les corridors du cosmos. C'est lourd, c'est puissant! Il y a un mélange des périodes de Tangerine Dream, notamment au niveau des séquences et des ambiances, et de Jean Michel Jarre, pour les rythmes, les percussions, les ambiances cosmiques, les mélodies et les solos de synthé sur cet album qui étonne à chaque titre.
La pièce-titre démarre avec une suite de séquences oscillatrices qui défilent en tournoyant. Des percussions claquent et résonnent, redéfinissant ainsi le rythme ambiant de "Sounds of Atoms" en un doux down-tempo morphique. Agréable et entraînant, le rythme gambade légèrement dans une averse de gazouillis organiques, de tonalités cosmiques ainsi que d'ondoyantes nappes de synthé qui le caressent avec une tendresse harmonique. La structure "Sounds of Atoms" suit une douce courbe évolutive initiée par une succession d'ions sauteurs qui s'accrochent aux ombres des autres. Le rythme devient ainsi plus lourd, plus sautillant avec des frappes de percussions plus accentuées, alors des séquences se détachent, certaines avec des tonalités d'un Vocodeur aux effets organiques, afin de forger un mouvement contigüe qui dessine de longilignes lassos stroboscopiques. Les oppositions des phases sont bien balancées et représentent l'un des charmes de “Sounds of Atoms”. L'autre étant les mélodies. Comme sur "Subatomic Particles" qui attaque nos oreilles avec des séquences lourdes, sombres et vives. Un titre tissé sur de multiples enchevêtrements des séquences et de bonnes percussions sourdes, "Subatomic Particles" nous balance une superbe mélodie cosmique qui va nourrir les Giga-octets de mon i Phone. Deux phases harmoniques sont présentes sur ce titre qui bouillonne de ses séquences hyperactives. L'une provient du synthé qui est tout simplement superbe, tant dans les solos que la mélodie, et l'autre des séquences qui isolent un segment avec des arpèges qui tintent comme des coups sur une enclume finement cogné sur une structure de rythme très enlevant. C'est très bon! Et plus on avance et plus on croule sous le poids des rythmes lourds et très entraînants de Sayer. "Kinetic Energies" va nous mordre les tympans avec ce maillage de séquences, de percussions et de pulsations qui font trembler les murs depuis que la pièce-titre s'est détaché de mes haut-parleurs. Le rythme ici est vif. Battu avec fureur, il change aussi de peau alors que le synthé, ses solos et sa mélodie, est tout autant efficace que dans "Subatomic Particles". Sayer y multiplie des lignes de rythmes avec des mouvements de séquences aussi lourds qu'agiles. Les rythmes changent constamment de peau, arborant de beaux paysages soniques cosmiques.
On reste dans le domaine du lourd rock électronique, ou on embrasse un genre de musique de danse collective, avec "Cyclotron" et ses multiples changements de rythme qui permutent sans jamais atteindre un seuil de musique ambiante. Le jeu des séquences est assez impressionnant. Il y en a qui volètent, d'autres qui papillonnent, certaines qui hoquètent alors que d'autres se déguisent en sournoises pulsations, tissant une structure de rythme qui s'éclate sous les charmes d'un synthé aux solos très accrocheurs. Certes, les rythmes peuvent épouser des formes stationnaires par moments, comme ici, mais ils restent vifs et lapidaires. "Oscillating Fields" tempère les ambiances avec une ritournelle de séquences limpides qui dansottent et oscillent avec une fascinante délicatesse. Certes, les percussions gazées, les effets cosmiques, les pépiements des séquences et les réverbérations organiques restent toujours présents dans le décor sonique “Sounds of Atoms”, conférant à chaque titre une profondeur qui hypertrophie sa conception initiale. On tombe un peu dans le synth-pop avec "Retrospection", qui fait très Jean Michel Jarre, pas autant que le très surprenant "Particle Beams" qui lui fait un Jarre plus près de London Kid, avec des bons solos de synthé sur un rythme bondissant comme une nuée de ruades. Le rythme fini par assouplir sa cadence pour donner un beau galop éthéré très harmonieux à la TD. "Cosmic Rays" est lourd et nerveux. C'est un solide titre forgé dans ce dynamisme des séquences et percussions qui tiraillent les rythmes de “Sounds of Atoms”. "Angular Momentum" belle ballade ambiante avec des arpèges séquencés dont le pas hésitant dessinent une ascension vers un cosmos orné de filaments lumineux qui sont parfumés des tonalités analogues cosmiques vintage. C'est très beau, quasiment onirique, et, évidement, la structure augmente sensiblement sa cadence mais conserve tout de son charme innocent. Après la structure assez dance de "Particle Beams", "Atomic Age" clôture ce 3ième album de Sayer depuis son retour en 2013 avec une structure qui se rapproche de "Angular Momentum", mais avec plus de fébrilité dans ces demi élans rotatoires.
Lourd et puissant avec des structures de rythmes en demi teintes et des mélodies qui accrocheront un sourire à votre banque de souvenirs, “Sounds of Atoms” est une très belle découverte. Je ne me souviens pas d'avoir entendu une MÉ aussi vorace dans une enveloppe de 77 minutes qui ne connaît aucun répit et qui ne tape pas sur les nerfs. Les rythmes sont puissants et ne portent pas ombrage aux très belles mélodies cosmiques qui ornent un décor sonique très interstellaire. Jean Michel Jarre, Faber et Tangerine Dream! Des points de références et de nuances qui expliquent un peu mieux pourquoi j'ai été autant charmé par cet album de Sayer. J'ajouterais même du Synergy pour les rythmes noirs de la période Cords. Tout un cocktail qui explose savoureusement dans votre salle d'écoute.

note       Publiée le vendredi 10 avril 2015

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