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My Bloody Valentine › Isn't Anything

cd • 12 titres

  • 1Soft As Snow (But Warm Inside)2:21
  • 2Lose My Breath3:37
  • 3Cupid Come4:29
  • 4(When You Wake) You're Still In A Dream3:18
  • 5No More Sorry2:47
  • 6All I Need3:07
  • 7Feed Me With Your Kiss3:54
  • 8Sueisfine2:12
  • 9Several Girls Galore2:20
  • 10You Never Should3:22
  • 11Nothing Much To Lose3:17
  • 12I Can See It (But I Can't Feel It)3:11

enregistrement

Enregistré aux Foel Studios, Time Square Studios & The Greenhouse en 1988 Produit par My Bloody Valentine

line up

Bilinda Butcher (guitares, voix), Debbie Googe (basse), Colm Ó Cíosóig (batterie), Kevin Shields (guitares, voix), Dave Anderson, Steve Nunn et Alex Russell (ingés son)

remarques

chronique

Styles
shoegaze
indie rock
noise rock
Styles personnels
shoegazing

My Bloody Valentine ne faisait pas des disques pour qu’on les découvre, mais pour qu’on entre dedans. Pardon pour la comparaison mais déflorer Isn’t Anything, c’est déjà en connaître ses moindres recoins. C’est de la musique pour vivre dedans. Oui, on peut bel et bien vivre dans un disque, en voici la preuve. A l’écoute du sublime « Lose My Breath » et de ses chœurs sous tranquillisants signés Bilinda Butcher (ce nom…), il nous semble bien que nous sommes à l’intérieur, que cette musique constitue la bande-son de ce qui défile devant nos yeux, et qu’on l’a toujours connue.
Les paroles sont affûtées comme des rasoirs, gorgées de stupre et de sous-entendus sexuels à demi voilés. « Soft As Snow But Warm Inside » : ben voyons. Tout est dit. Si « Loveless » incarne la phase de sommeil paradoxal, « Isn’t Anything » représente celle de l’endormissement. Celle où les sens sont encore en éveil mais brouillés par une sorte de torpeur éthérée. La voix est moins planquée sous des couches de F (flanger, fuzz, feedback, tout ça), et les mélodies se percent un peu mieux un chemin jusqu’à l’oreille que dans « Loveless ». Est-ce un mal ? « Isn’t Anything » n’est est pas plus pop pour autant : juste moins radical dans son approche sonore. N’oublions pas qu’il s’agit de leur premier album sur le mythique label Creation, premier LP longue durée pensé en tant que tel… Trop souvent rangé à l’ombre du monstrueux « Loveless », plus long, plus culte, plus intense, plus abouti. Pourtant ce « Isn’t Anything » féminin et obstiné (obsédé ?) mérite bien son petit culte à lui (et beaucoup de gens le préfèrent à « l’autre » !), et son 6/6. En effet, tout est parfait ici. 12 merveilles pop, pas une de moins. Que de mélodies à la beauté confondante, que de voix sous hélium susurrant des mots défendus sous des larsens lunaires (« No More Sorry », d’un autre monde), que de morsures de guitares plantées dans la chair de ces structures pop… Combien de disques peuvent se vanter d’être à la fois « chantables » sous la douche et des jalons dans l’histoire de la musique expérimentale ? Car tout le monde s’est agenouillé devant My Bloody Valentine, devant le génie de Kevin Shields en studio, poussant celui-ci à devenir un tyran et exiger un temps de studio illimité sur du matériel délirant pour le sensuel et sans suite Loveless… de quoi ruiner Creation Records. Et c’est ce qui arrivera, d’ailleurs. On remarquera au passage le fabuleux travail de la batterie, agissant comme un prélude aux plaintes guitaristiques de Shields, sur la chanson d’ouverture et « Cupid Come », deux perles de pop aux textes étranges. Et cette basse… Mais revenons à ces cris plaintifs de guitare, évoquant parfois ceux de monstres marins émanant des abysses… Est-ce qu’on peut considérer un tel jeu de guitare comme « crade » ? Non, plutôt humide, moite et profond, mais pas crade, sauf peut-être sur le bruitiste « All I Need » (qui cache bien son jeu) « Mais que prenaient-ils tous avant d’enregistrer ? » peut-on se demander. Et la réponse est probablement : du café. Oui, du café, pour ne pas s’endormir au fil des longues nuits de studio… Car l’état le plus approprié pour écouter ça n’est pas la défonce, mais la fatigue. Nul besoin de se concentrer, My Bloody Valentine agit comme un vortex, et happe le visiteur… N’entendez vous pas le chant des sirènes sous l’océan de métal ?

note       Publiée le jeudi 21 septembre 2006

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notes

Note moyenne        31 votes

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nowyouknow › mercredi 17 juin 2020 - 10:19 Envoyez un message privé ànowyouknow

Je suis retombé sur ce qu'ils ont fait de Louis Amstrong et Wire. Un album de reprises venant d'eux ne m'aurait pas déplu

Note donnée au disque :       
ricccco › mercredi 8 mai 2013 - 15:38 Envoyez un message privé àricccco

L'album fondateur de la noisy pop et du shoegaze selon moi. Des melodies superbes enfouies sous une couche de bruit à la jesus & mary chain période psychocandy, mélangé avec de l'experimental à la sonic youth (Feed Me With Your Kiss) . les autres albums seront un chouia en dessous de celui là. Je les ai vu en concert en 90, avec les surestimés happy mondays, et c'était un grand moment.

Seijitsu › mercredi 24 avril 2013 - 12:56 Envoyez un message privé àSeijitsu

Mouais. L'humeur est quand même différente ici et la deuxième face est un des trucs les plus rentre dedans que MBV ait produit (c'est limite noise rock). Et puis il n'y a pas vraiment besoin de comparer le dernier à quoi ce soit pour constater qu'il est ennuyeux.

Note donnée au disque :       
saïmone › mercredi 24 avril 2013 - 11:23 Envoyez un message privé àsaïmone
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Dariev, toi qui aime beaucoup la contexterie, que dirais-tu de la perspectiverie ? Difficile de pas trouver MBV un peu soupesque et gentillet, face à ça, non ?

Note donnée au disque :       
brighter_paëlla_now › dimanche 12 février 2012 - 12:31 Envoyez un message privé àbrighter_paëlla_now

Je trouve Ride bien plus indispensable que Slowdive perso, je m'étonne de voir que le consensus a l'air d'être l'inverse.