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Rawwar › Nuclear Proof

telechargement mp3 | 7 titres | 34:27 min

  • 1 Badass Blues [04:47]
  • 2 Truth or Lies [04:42]
  • 3 Les Légions Damnées [06:13]
  • 4 Fist and Mouth [00:41]
  • 5 March Fight Kill Win [09:36]
  • 6 Xenon Wish [03:21]
  • 7 Infinite Cell Trance [05:07]

enregistrement

Enregistré, mixé et masterisé par Serge Moratel au Rec Studio, Genève, Suisse (décembre 2013).

line up

Toni Santelli (guitare), Jean aka GLYCY (batterie), Christopher Jossi (voix).

remarques

Peut être acheté et écouté en streaming sur le bandcamp du groupe.

chronique

J'ai lu dernièrement une analyse glop glop sur les séries télévisuelles, et ce qu'elle peuvent nous faire dire sur les sociétés dont elles sont originaires. Pour faire vite, les société en paix (sur leurs terres bien sûr) vont abreuver les écrans d'histoires sordides et violentes, cf. les séries de Kurt Sutter, les Sopranos, Oz... alors que dans le reste du monde (le monde tout court quoi, celui qui en chie des bulles), ce qui cartonne sont les telenovelas, où les méchants riches se font rosser par les gentils pauvres, où Betty La Fea triomphe des apparences, où l'amour se propage, la fraternité et le courage aussi, du Brésil au Kerala, du Sénégal à Tijuana. Alors, quoi ? Ben juste pour dire que le groupe que je vais chroniquer là nous joue du black metal très influencé par l'idée de guerre (nucléaire ici), et par ses figurations musicales, par exemple Marduk, ou Anaal Nathrakh dans l'esprit. Ce groupe ne vient pas d'un pays en guerre, non. Il vient de Suisse, confédération qui n'a pas connu de conflit armé depuis un petit moment. Rawwar, à ne pas confondre avec beaucoup d'autres homonymes palindromes vient donc de sortir son premier album, qui va nous parler de guerre de manière brute, avec batterie à fond les balloons, très juste et hystérique à la fois, assez mise en avant. Vous aurez pour soutenir cette blasterie un Famas rempli de riffs guerriers, très scies hurlantes, dont la répétitivité et les nappes nous portent bien en pays noir metal : on déroule, on déroule ! Pour vous accompagner lors de vos soirées "on se refait la fin du monde dans la tête", vous aurez enfin ce chant abominable à la Anaal Nathrakh, le côté Dandy de l'Opéra Nawak en moins, avec alternances entre gutturalité et crialité insane. La folie déglinguée d'un champ de bataille plein de mi-zombies est projetée ici, mais j'imagine que le groupe a encore de la marge pour exploser le quota de psychopathie furieuse - encore un effort pour vraiment péter les plombs messieurs ! Kiffant comme un panzer pétaradant, cet objet metal nous dit encore une fois que nous avons un urgent besoin d'extérioriser un paquet de violence assez incroyable, avec ou sans bombardement - ceci sans limite apparente : "no absolute in human violence", hein ? Cela me confirme aussi, de concert avec tous les guerriers du metal, que le modelage de la réalité par la puissance de l'art fait bien mieux que deux ou trois mille drones tueurs au loin, qui n'ont de réalité que pour ceux qui se font exploser la tronche. Le metal est l'expression de la guerre sans le suicide collectif, sans lâcheté ; le metal, mes chers compatriotes, va sauver l'humanité. Hop, c'est dit !

note       Publiée le lundi 16 février 2015

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Sigur_Langföl › vendredi 8 janvier 2016 - 06:31  message privé !

Vrai qu'on est loin du Shoegaze. Brutalität. Belle découverte.

Psycho Chewie › jeudi 7 janvier 2016 - 18:42  message privé !

Comme il est dur de parler d'un ami sans être puéril. Pour tout dire, je ne suis pas né dans le Métal. Mes premières influences furent à des années lumières (Rolling Stones, The Beatles). Mais c'est au tournant de la vingtaine que je découvris, les yeux grands ouverts, d'abord avec les Nippons de XJapan, puis par les Britanniques de Iron Maiden, un son, une attitude qui me plurent dans une fraction (non armée) de seconde. Depuis je m'échine à écouter, mais surtout à jouer quelque chose à la basse qui soit digne de cette invention magnifique que demeure cette musique, loin des carcans que s'imposent certains, croyants qu'un groupe doit rester dans la marginalité pour tenir dans des valeurs désuètes et souvent comiques, involontairement. Mais trêve de bavardage, il est sur terre, peu de groupe qui peuvent s'enorgueillir de traverser plusieurs style sans passer pour des copieurs de David Bowie, ou de simples amateurs de groupies, de maintes reconnaissances, ou, pour tout dire se nourrir d'un système pour ensuite cracher dessus. Rawwar a dans sa sonorité, dans son chant, sa guitare ou sa batterie, la tristesse et la joie, la beauté et l'horreur, en somme tout ce qui fait un monde, notre monde. Et à l'instar d'autres qui se veulent des héros, alors qu'ils fuient devant le danger de faire autre chose que de la soupe pour pauvre gamin en manque de révolte inutile, autant que la politique, ce groupe de trois a l'humanité sincère de ne pas faire croire autre chose que de faire de la musique. Il ne faut pas essayer, il est important de faire ou de ne pas faire. Leur Black-Death-Trash etc, etc… ne passera jamais pour des comptines pour enfants, ni des airs de stades… Leur musique en libre circulation mériterait de devenir, le mot va en écorcher certain, mais bon : populaire. Car il n'y a rien de plus digne que d'être reconnu par des gens qui en ont marre de perdre leur temps devant les nouvelles de la sacro-sainte télévision, Média qui entre parenthèse "se meure". J'écrivais en préambule que le chanteur est un pote, et il est certain que cette chronique maladroite a tout à envier à Mr Rastignac, je ne suis pas Balzac, j'espère juste que ce mot leur donnera chaud au cœur et qu'enfin ils sortiront pour aller sur la grand route, là où l'on croise plus d'humanité que dans le désert morbide et froid des rues de nos cités, où l'humain se perd à regarder ses chaussures en loque. Bien à vous.

Note donnée au disque :