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Cult Leader › Nothing For Us Here

vinyl 45t | 6 titres

  • 1 God’s Lonely Children
  • 2 Flightless Birds
  • 3 Mongrel
  • 4 Indoctrinator’s Deathbed
  • 5 Skin Crawler
  • 6 Driftwood

enregistrement

Enregistré et masterisé par Wes Johnson à l'Archive Recordings.

line up

Sam Richards (basse), Mike Mason (guitare), Casey Hansen (batterie), Anthony Lucero (voix).

remarques

Version CD et vinyles multicolores chez Deathwish.

chronique

"Il ne reviendra jamais". Quoi, qui ? Le temps de la légèreté, le temps de la blagounette. La dernière plaisanterie du groupe Gaza avait une photo de notre barbu Jean Jaurès en guise de couverture, le visage flouté, des cœurs en forme de cul sur les drapeaux... La blague ! En même temps, l'image du personnage est devenue tellement passe partout, n'importe qui peut lui faire dire n'importe quoi et l'utiliser pour illustrer n'importe quelle occasion : on peut y voir une foule autour du leader, de gauche ou de droite, un public autour du chanteur de hardcore, du citoyen beta ou alpha moins qui brandit son drapeau assis sur une statue, ou l'illustration d'un disque, par exemple le dernier de Gaza chroniqué dans nos colonnes. Aujourd'hui Gaza s'appelle Cult Leader, en français ça veut dire à peu près "gourou" dans le sens le plus négatif du terme : manipulateur, escroc, assassin, pervers narcissique. L'artwork du bassiste désormais beugleur délaisse le Panthéon et s'intercale maintenant dans les modes actuelles des pochettes de metal, hardcore, rock sombreux, avec nœunœuil, triangles et cercles, crânes, faux, trucs dits occultes entassés dans tous les coins. Malgré cet artwork foirfouille de l'ésotérisme, Cult Leader se veut une vision assez originale de la folie collective, avec tout le groupe Gaza moins leur chanteur Jon Parkin, évincé pour des raisons qui ne nous regardent pas (je vous laisse lire les potins et rumeurs à ce sujet dans la presse people metal, là j'ai pas envie d'en faire un pâté). Cult Leader nous raconte la fin d'un monde, encore, la fin de toute envie de croire - les mythes sont refondus, les idéaux se fracassent dans le creuset des plans marketing, réduits en poussière par des milliers de flics, et tous ces bouts sont recollés pour être vendus comme goodies Che Guevara ou Charles Manson... Gaza/Cult Leader nous disait précédemment qu'il n'y avait pas de limite à la souffrance humaine, ils nous donnent ici l'aperçu des moyens pour monter à chaque fois d'un cran la domination sur autrui via l'image et la voix, pour son propre plaisir, grâce à des guitares metallo-hardcore comme on a pu écouter chez Coalesce entre autres, tournoyantes, épaisses, avec en plus, encore une fois chez eux ces élans doomy très chargés émotionnellement comme sur le dernier titre "Driftwood", balade joliment tristoune, comme une larme gothique sur un AK-47 fumant dans une grotte perdue de la Vallée de la mort, ou "Mongrel" tout droit sorti d'un "You Fail Me" de Converge, avec sa basse obsédante, ses aboiements déprimés. Le Gaza aujourd'hui Cult Leader évolue donc dans la continuité, toujours aussi "chaotique" c'est à dire rapide, syncopé, variations autour du grindcore propre à cette scène hardcore new school vieillissante (cf. Flightless Birds ou Indocrinator's Deathbed), mais aussi de plus en plus "triste" que ce soit au niveau des riffs comme pour les cris qui ressemblent de plus en plus à des sanglots, sans pour autant tomber dans un romantisme trop poudré... Bel exemple de ce que pourrait être un metal hardcorisé (et vice versa), interprété avec dextérité et sincérité j'trouve, chantant les ruines fumantes avec un sens particulier de la mélodie et du pathos, ce premier EP de Cult Leader me fait ruminer comme tout bon disque sombre, pas très très expérimental certes mais assez sympathique dans son envie de nous donner un aperçu de la putridité inhérente à tout groupe humain organisé autour d'un gus plus malin que les autres, que cet homme soit incarné ou non, réel ou réinventé par une organisation, qu'elle soit religieuse, politique ou médiatique.

note       Publiée le samedi 31 janvier 2015

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Klarinetthor › samedi 31 janvier 2015 - 15:48  message privé !

Avec ça et Gaza j'ai compris que ce qui se range sous l'étiquette mathcore n'est plus pour moi. Coalesce, c'est le seul truc que j'ai vraiment aimé... Et puis Converge, mais converge c'est spécial.

Note donnée au disque :