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Jennifer Terran › Live From a Painted Cave

cd | 15 titres | 68:44 min

  • 1 Walkman Dream State [02:12]
  • 2 Streets of Laredo [traditionnel] [04:28]
  • 3 Ynot [03:34]
  • 4 Sticky Sweet 8 to 5 Lady [03:54]
  • 5 Fried Fud & Sugar [04:34]
  • 6 Fat [04:52]
  • 7 Everybody Is a Star (Everybody Want to Cum) [reprise de Sly & The Family Stone] [03:48]
  • 8 Unconditionnal Love [03:42]
  • 9 Her Fall [05:45]
  • 10 Liberty Lunch [06:47]
  • 11 Que Sera Sera [reprise de Doris Day (Livingston/Evans)] [03:00]
  • 12 Mad Magdalene [06:49]
  • 13 Cruel [04:08]
  • 14 Santa's Secret [05:11]
  • 15 Halleluja [reprise de Leonard Cohen] [05:54]

enregistrement

Enregistré à Painted Cave, dans le salon de Jen, Santa Barbara, CA, USA, les 26 et 27 Septembre 2003. Produit par Jennifer Terran & David Simonbaker

line up

Jennifer Terran (chant, piano, percussions), Laura Mihalka (violoncelle), The Painted Cave Cricket Ensemble (criquets)

remarques

http://jenniferterran.bandcamp.com/album/live-from-painted-cave-2

chronique

Styles
chanson
soul
folk
Styles personnels
en toute intimité

Des frissons irrépressibles parcours l'épiderme au bout de quelques secondes. Pas juste quelques frissons, toute une vague à la surface du corps, en sac et ressac. Tel est l'effet de la voix de Jennifer Terran. Une voix pure et brisée en fin de respiration. D'autant plus intime qu'on est chez elle. Littéralement. Dans son salon, où elle livre des concerts privés auprès de petites dizaines de personnes qui, soyez en sûrs, doivent vivre une expérience troublante et profonde. On s'y aventure pieds nus, sur les tapis qu'on imagine répartis au sol, sous le solide trépied de son piano à queue, unique compagnon ou presque de ces séances de spiritisme. Car se sont bien des fantômes qu'on entend comme capturés, des rires de spectateurs pris au piège du sortilège de la jeune californienne, avant que ne résonne enfin sa vraie voix entamer les premiers mots de l'antédiluvienne complainte de cow-boy "Streets of Laredo", jadis immortalisée par Johnny Cash, entre autre. Et c'en est fini de votre volonté. Un charme, comme on dit, qui ne vous lâchera que longtemps après, quand se sera déjà évaporé le salon d'où on entend les criquets et leurs harmonies monotones bourdonner entre les morceaux. Son histoire de cow-boy mourant achevée, il est d'autant plus inutile de vouloir détourner l'attention, la belle enchaînant, seule avec ses touches d'ivoire, des versions dépouillées, en suspens, de ses premiers albums, bouleversantes, à la limite de l'apesanteur, écoutées en apnée sidérée. A peine aura-t-elle dû proposer une autre sorte de transe sur "Sticky Sweet 8 to 5 Lady" usant elle-même de percussions primitives, pour ne pas totalement figer son public dans une hypnose effarée. Intimidante la Jennifer en son antre, approcher de si près la sensualité pure d'une voix et d'un regard pourrait prêter à une atmosphère trop recueillie, mais pas de ça avec cette joueuse pas bégueule, que j'ai vu personnellement rapper avec comme seule beatbox un téléphone portable tout pourri. Histoire de briser la glace dans le verre de porto, elle reprend un tube de Sly & The Family Stone pour en faire un hymne quasi pornographique, invitant son public à simuler un orgasme collectif dans une ambiance de partouze générale. Avant de reprendre les affaires de ces morceaux étonnants de force et de rage tranquille de son opus majeur, "The Musician", tout juste accompagnée parfois d'un seul violoncelle, mais souvent restant seule et ne jouant jamais plus de notes qu'il n'en faut, usant de sa voix comme texture, comme une étoffe sonore pour enrober sans en rajouter de trop. "Liberty Lunch" et "Mad Magdaline", mis à nus, privés de leurs luxuriants arrangements, n'y perdent pourtant rien de leur puissance évocatrice et de leurs émotions contrastées. On souhaiterait en entendre encore plus, les compositions de Terran elle-même donnant largement plus de frissons que les reprises certe joliment interprétées de classiques comme "Que Sera Sera" ou le fameux "Halleluja" de Cohen hélas transformé en scie depuis un bon bout de temps. Mais impossible de lui en vouloir tellement le charme, le filtre de cette voix, de cette présence, une petite femme au physique musclé et noueux, nattes de petites filles et regard sombre et perçant, emporte loin le coeur d'abord, puis l'esprit envouté dans un état de semi-conscience cottoneux. Comment ces mélodies graves et tristes compriment l'âme, alors caressée d'un coup d'oeil malicieux. Des notes à fleur de peau, auxquels les silences laissent, imperturbables, tout le temps de glisser le long de votre cou, comme le sortilège, l'effleurement d'un doigt de femme sur votre corps.

note       Publiée le mardi 28 octobre 2014

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(N°6) › mardi 28 octobre 2014 - 19:55  message privé !
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Elle m'intimide… Mais en fait y a simplement deux reprises en trop à la fin. Si à la place il y avait "Grand Canyon", c'était une boule de plus, au moins. La note remontera à nouveau sur le suivant, plus sombre et plus bizarre.

Ntnmrn › mardi 28 octobre 2014 - 19:38  message privé !
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Dis donc tu donnes sacrément envie derrière ton 4 timide... Je fonce direct dans les bras de la demoiselle ! :)

La simplicité (trois coups de tam tam + voix) de "Sticky Sweet 8 To 5 Lady" est magnifique...!