Les objets chroniqués

Vous êtes ici › Les groupes / artistesMM.I.A. › Arular

M.I.A. › Arular

cd • 13 titres • 38:06 min

  • 1Banana Skit0:36
  • 2Pull Up the People3:45
  • 3Bucky Done Gun3:47
  • 4Sunshowers3:15
  • 5Fire Fire3:28
  • 6Dash the Curry Skit0:40
  • 7Amazon4:16
  • 8Bingo3:12
  • 9Hombre4:02
  • 10One for the Head Skit0:29
  • 1110 Dollar4:01
  • 12U.R.A.Q.T.2:55
  • 13Galang7:23

enregistrement

Enregistré de mi-2003 à début 2004.

line up

Mathangi "maya" Arulpragasam, Switch, Paschal Byrne, Diplo, KW Griff, Steve Mackey, Ross Orton, Anthony Whiting, Richard X

remarques

chronique

Mathangi Arulpragasam, Maya pour les intimes, moi je la vois un peu comme une Lady Gaga hard-discount. Miami Bass Lidl et top résilles 100% coton made in Sri Lanka. Sri Lanka où justement elle grandit, Maya. Elle y prend le temps de bien baigner dans la culture tamoul, les ambiances révolutionnaires à couteaux tirés, avant d'un peu plus tard bifurquer vers l'Inde, tandis que sa famille éclate aux quatre coins du pays (son papa notamment, toujours engagé par monts et par vaux). Elle ne rejoint sa banlieue londonienne natale que quand ça commence à vraiment chauffer sur le caillou. Et à Londres elle se choppe dès lors - toute adolescente exotique qu'elle est - un putain de slang de banlieue d'immigrés, Bollywood et FOAD à souhait. Un accent qui fait que derrière sa petite frimousse d'allumeuse allumée, en plus de l'image déjà bien lourde de son enfance que tu te fais, tu sens direct la vraie bad-girl à qui on l'a fait pas, barricadée au pétage de plomb en guise de défensive. Une meuf avec du caractère quoi. Pas à mollets mais mais avec suffisamment de chien dans son menue-comme-tout pour que tu t'y attaches paradoxalement comme à une peluche (je sais pas vous, mais moi quand je la vois avec son t-shirt Sonic là, j'en perds mes maigres moyens). Et par prodige elle est ensuite pas loin de faire l'unanimité. Dingue. En tout cas à l'époque de ce Arular (un nom donné en hommage à son papa dont on parlait plus haut), qui doit être à peu prêt le premier disque dont internet s'est fait le buzzeur #1. Ça a commencé plusieurs mois avant sa sortie, dès diffusion du single Galang, et ça a fini dans l'outrageux leakage final de rigueur, qui a du lui servir plus que de raison. Dès le début de toute façon, y'a cette petite nénette au passif chargé, elle qui s'était déjà penchée avec plus ou moins de réussite sur les bobines et les plastiques, sortie qu'elle était de cathartiques études artistiques (on voit bien l'étendue des dégâts rien qu'à la gueule de ses pochettes, tiens), quand elle s'essaie enfin au Grand Vortex du n'imp', récemment armée du Roland MC-50 que lui a refourgué la chanteuse des Peaches, c'est branle-bas de combat général. Tout le monde au pas sur l'alt-zouk. On est gentiment prié d'apprendre à crunker du cul avec la grâce militariste du pays, steuplé. Et alors le résultat, passez-moi l'expression, c'est encore un disque de ouf [74]. Carioca WTF au programme. Funk de favela. Beats du tiers-monde et rave-dance aux rafales ragga. Je sais pas à quoi carbure la poulette, peyotl radié ou cracktagada, mais merde elle a un sacré problème. Arriver à te pondre ce truc, avec ses trois instrus au rabais, une élocution de responsable d'espaces verts et puis deux arrangements exotiques, mais qui soit fédérateur comme d'incroyable, et doté d'un festif dansant de Beyoncé radicalisée dans une faction révolutionnaire, ben c'est super chaud. Pêle-mêle son joyâsse primesautier d'Occident 00's et son background combattif boutefeu d'ethno-indépendantiste, y'a un peu dans Arular le merveilleux de cette effervescence mondialiste et de société de l'info-partout. Ça lui donne un divin petit goût de disque du nouveau millénaire, le vrai. Comme à glitcher un JT d'Arte à coup de séquenceur 8-bit pour aller faire danser la sortie de Sciences Po sur le quai d'en face des Beaux Arts, un soir de déstockage de bombes à graff. Arular c'est un disque qui te donne envie d'aller apposer un rond de peinture fluo sur la meuf qui te plaît au fond de la salle en soirée rave, comme à marquer ton reproducteur potentiel façon berger des Alpes. En faisant bien sûr des choix éclairés. T'es toujours un partagé entre l'objectif atavique d'assurer ta descendance blanco de blanc (ou blacko de black) - faut pas se froisser aux dîners de famille - et à côté la curiosité rongeante de ce que pourrait bien donner ta tronche génétiquement transmise à un futur rejeton si issu d'un vingt-troisième métissage. Je crois que je vois un peu comme ça le concept d'années 2000's en fait. Une époque où white funk ça t'inspire enfin autant le mouvement intestinal que black music. Où le terme de tout-à-l'égout tu t'en fais une fierté nationale. Et puis où tu peux fédérer un monde avec un pur produit du melting-pot culturel et ethnique comme Arular, sans que personne ne se pose de question. Si vous permettez, pour résumer, je crois que je vais simplement reprendre la réplique la plus appropriée que j'ai dû lire ailleurs sur ce disque "I don't think the album was intended to do this, but God it makes me horny." (aujourd'hui)

note       Publiée le vendredi 13 juin 2014

Dans le même esprit, Consultant en informatique vous recommande...

réseaux sociaux

tags

Vous devez être connecté pour ajouter un tag sur "Arular".

notes

Note moyenne        4 votes

Vous devez être membre pour ajouter une note sur "Arular".

commentaires

Vous devez être membre pour ajouter un commentaire sur "Arular".

(N°6) › dimanche 4 août 2019 - 13:11  message privé !
avatar

Je viens de voir le docu (version courte, sur Arte) qui lui est consacré, vraiment un parcours pas banal la fille. Voulait être documentariste et finalement a fait de la musique un peu par hasard, une façon comme une autre de raconter ce qu'elle avait à raconter. Sa disco est vraiment bien aussi, globalement, ça serait dommage d'en rester à ce premier album (qui reste quand même un truc incroyable). Je re-salue cette chronique qui a fait sauter les préjugés à la con que j'avais d'ailleurs. De l'excellent boulot.

Note donnée au disque :       
The Gloth › mercredi 18 juin 2014 - 00:27  message privé !

Madonna a fait des trucs pas mal de temps en temps. C'est en tout cas une artiste importante dans le domaine de la pop music. Et un featuring sur un de ses morceaux, j'imagine que ça doit représenter un beau paquet de fric et de visibilité, comme de faire l'ouverture du Superbowl. Rien de contradictoire quand on chante des trucs genre "All I wanna do is take your money".

Note donnée au disque :       
(N°6) › lundi 16 juin 2014 - 16:17  message privé !
avatar

Et quand elle chante sur un single de Madonna avec Nicky Minaj, c'est aussi "du domaine de l'art" ou j'ai raté une nuance importante ?

Note donnée au disque :       
vampyrlost › lundi 16 juin 2014 - 15:43  message privé !

evidemment si tu n'est pas capable de nuance dans les propos que je tiens , ca peux preter a rire . je ne dis pas que M.I.A cest mozart ou bjork , je dis que M.I.A rentre dans une optique de recherche artistique un minimum sincere et empreint de talent . ce qui est beaucoup plus discutable pour un cas comme rihanna , gaga ou kylie minogue .

dariev stands › lundi 16 juin 2014 - 14:38  message privé !
avatar

Kylie Minogue, pute à fric, comparé à M.I.A. ? Gigantesque lol !!! Si M.I.A. "rentre dans le domaine de l'art" alors Die Antwoord c'est André Breton, et KLF c'est Leonard de Vinci. (J'aime bien M.I.A. hein, elle choisit des bons samples. Mais bon Kanye West aussi il choisit des bons samples.)