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Sugar › Beaster

cd • 6 titres • 30:51 min

  • 1Come Around4:51
  • 2Tilted4:08
  • 3Judas Cradle6:15
  • 4JC Auto6:13
  • 5Feeling Better6:22
  • 6Walking Away3:00

extraits audio

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enregistrement

Enregistré au studio Outpost, Soughton, Michigan. Mixé au studio Carriage House, Stamford, Connecticut. Enregistré et produit par Bob Mould et Lou Giordano. Assistant ingénieur du son : Tom Bender.

line up

Bob Mould (guitare, voix, claviers, percussion), David Barbe (basse), Malcolm Travis (batterie, percussion)

remarques

chronique

De la boue et du sang. Ou est-ce de la peinture, cet autre fluide poisseux ? En tout cas pour le rouge, ça ne fait pas de doute, la nature du coagulé. Comme pour la corde en paquet, tiens. Ça pue l’accident domestique, quoi. Ou alors de chantier. Ou le rapt, eh. La mort sale et la souffrance, toujours. La disqueuse qui fait sauter une demie-main – vous savez comme c’est plein de nerfs, ces trucs. La rage de dents qui tourne à la migraine malsaine et persistante qui tourne à la rouste à la hache. Toute la famille, occiput par vertèbre par cage thoracique et autres membres délicats. Et puis à la fin le siège de la douleur qu’on disperse à la cartouche à cerf. Ça fera l’affaire, allez. J’exagère peut-être…

Beaster – "encore plus bestial" ? Bestiaire mal épelé ? Pâque des Fauves ? – est un disque bref aux plages interminables, lancinantes. Un lot bien dégueulasse, aussi. Et plein de mélodies. Du Bob Mould & Co. enregistré, paraît-il pendant les sessions de l’album Copper Blue. Tout ce monde là en méchante forme assassine, pour le moins bien mal embouché. Un truc mineur, alors, machins gênants, chutes de studio ? Oh… Minute. Disons plutôt que ce serait son enfer, au Bleu Cuivre. Et puis… Aveu : ledit "vrai" album a beau rester un sacré morceau, et certes pas innocent comme on pourrait croire d’abord – une chanson comme A Good Idea envoyait quand-même du bien crapuleux, sous ses airs de power pop sautillante (ça raconte pour mémoire comment monsieur dézingue madame dans la flotte sous prétexte de pataugements coquins, hein – en plus d’être un bon retour dans la face de Frank Black et des autres, les Pixies, quoi, sur la forme ; façon "eh les gars (et la racli), c’était bien cool votre truc, là, Debaser… Mais… mangez-vous un coup celle-ci, pour voir") ; et ce n’était pas la moindre audace de faire suivre la chose par le brillant, même carrément lumineux, Changes. Il n’empêche. Copper Blue, sur la longueur – et en dehors des deux dites plages – m’a toujours un peu ennuyé, sous ses évidentes qualités. Et c’est à ce bourbier là – Beaster donc – que je retourne toujours. C’est là que je retrouve le mordant du type Mould. Ses colères plus qu’inquiètes – plutôt terreurs et hantises qui rendent les coup – de l’époque Hüsker Dü mais alors versant Zen Arcade, le plus paradoxale, intelligence et tripes jetées, plutôt que la suite, l'entre-temps jusqu'à Celui-là à cette autre groupe. Pas que ce vieux Bob tente de nous rejouer la même. Plutôt qu'une semblable infection lui remonte apparemment à la tête.

Bon, puis là, ça commence insidieux. Avec un son spacieux, des guitares presque acoustiques, claires, en tout cas. Et des voix qui susurrent ou peu s'en faut. Sauf que voilà : ces "viens par là" sonnent vite comme les rumeurs de la sus citée céphalée sanguinaire ; et puis que sournoisement, au fond, il y a ce larsen qui monte, pas gentiment vrillant. Lentement. Et qu’au bout des fréquences parasites – façon cibiste qui cherche… on aime mieux pas trop savoir quoi – à la fin de ce Come Around, c’est Tilted ("incliné", ou "penché"… là non-plus on ne se risquera pas à demander vers quoi) qui nous bondit à la viande pour nous éviscérer – heureusement, un saut de côté devrait permettre d’esquiver la charge saoule… En fait tout le disque est bourré de ce même malaise embrouillé, débordant – guitares qui dégueulent et se mordent la queue, section rythmique qui affole ou englue tout, transitions nauséeuses d’un index à l’autre, comme des menaces marmonnées, indistinctes sur l’objet mais horriblement explicites quant à l’intention. La même septicémie physique et mentale qu’au temps de Zen Arcade, disais-je – mais en version adulte, c’est à dire qui cicatrise moins vite ; avec toujours cette obsession messianique, aussi, cette parano christique, masochiste, envahissante, obnubilée. Scènes de ménage avec l’Idole, dedans, dehors, la vie comme second du couple qui merdoie chronique, où l'un finira toujours bien par cogner. Au moins...

Ce disque, en fait, sent la catastrophe comme état permanent ; larvée, qui affleure à vrai dire sans jamais réussir à faire crise vraiment. La violence endémique, ordinaire. Ça n’explose pas (encore), ça entête. Les exactions plus tôt citées restent fantasmes. (Pour l’instant). C’est à dire en l’espèce : promesse du pire. Presque en bout de course, Bob jure doucement qu’il va mieux. À d’autres. ("Bonjour, je m’appelle Bob (Bonjouuur Boooob) … Ça fait maintenant sept ans que je n’ai pas bu une goutte de ce put… Hum, pardon, euh, bu la moindre goutte d’alcool. (Bravoooo Boooob *applaudissements). Et je tiens à… à... À VOUS ENFONCER TOUTES VOS FOUTUES FACES DE TANCHES AVEC CE JOLI MANCHE DE PIOCHE TOUT NEUF BARDÉ DE CLOUS AMOUREUSEMENT SOUILLÉS ! YAAAAAAAAAAAAHHH !!! …). Et puis Bob s’en va, presque sur un cantique. Alors forcément, on soupçonne l’ironie viciée, qui ne lui fait pas moins de mal, pour le moins, à lui, qu’à la cible visée, quelle qu’elle soit en sa chair et son intimité.

Il s’en remettra (ça s’appellera File Under Easy Listening, même). Nous, ici, on y reviendra. Il paraît qu’on le fait tous. Lieux du crime, etc. (Oh ! Et puis aussi, voyez-vous, il y a du Crazy Horse, là-dedans - le plus désespéré, celui qui jouait Powderfinger ou pour qui Cette Nuit, c'était La Nuit... Alors hein. Comment pourrais-je rester à l'écart du merdier ?).

note       Publiée le mercredi 8 janvier 2014

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Dioneo › jeudi 30 septembre 2021 - 16:01 Envoyez un message privé àDioneo
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Et puis du coup voilà que je le réécoute... Ça aura au moins eu ce résultat, mes rêves semi-bizarres et nos échanges de commentaires dérivatifs.

Note donnée au disque :       
Dioneo › jeudi 30 septembre 2021 - 15:41 Envoyez un message privé àDioneo
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Bah... On n'est pas sur Desincarnated Spirits of Light, les Archives des Néons Feelgood à Tous les Étages et du Direct to RFM, en même temps.

Message édité le 30-09-2021 à 15:42 par dioneo

Note donnée au disque :       
fonfongre › jeudi 30 septembre 2021 - 15:27 Envoyez un message privé àfonfongre

Oui ben Scorpions et Asia, c'est de la musique saine. C'est pas comme la musique de Bob Mould.

Giboulou › jeudi 30 septembre 2021 - 15:02 Envoyez un message privé àGiboulou

Un âge d'or comme tu dis. À un détail près : j'allais jouer à Barbarian chez mon voisin qui écoutait Scorpions et... Asia.

Message édité le 30-09-2021 à 15:14 par Giboulou

Coltranophile › jeudi 30 septembre 2021 - 13:09 Envoyez un message privé àColtranophile

Bizarre, vos comms me donnent envie de rejouer à Barbarian (j'ai eu un CPC 6128 aussi) avec la décapitation et le petit orque qui shootait dans la tête pour faire le ménage. Un âge d'or parmi tant d'autres.

Message édité le 30-09-2021 à 13:09 par Coltranophile