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Thought Guild › Electric Curios

cd • 8 titres • 71:56 min

  • 1Netherworld Passage 1:23
  • 2Vapor Trails 6:16
  • 3Son Synthetique 12:04
  • 4Machines at the Edge of Dawn (Live) 9:08
  • 5Interstellar Hitchhikers 18:48
  • 6Juniper Moon 5:52
  • 7Angels in Empty Rooms 7:28
  • 8Before we Migrate (Live in Connecticut) 10:52

enregistrement

Composé et enregistré entre 1988 et 2003

line up

Christopher Cameron et Gregory Kyryluk (Synthés analogues, Moog et ARP, claviers, boucles et enregistrements, guitares, percussions électroniques et FX)

remarques

On peut entendre des extraits sonores et avoir plus d’informations sur cet album en visitant la page Bandcamp suivant: http://hrresonance.bandcamp.com/music

chronique

Je connaissais la musique d'Alpha Wave Movement mais pas celle de Thought Guild. Quel est le lien entre les deux? Mis à part une musique qui se ressemble en plusieurs points, Thought Guild est un duo américain composé de Christopher Cameron et Gregory Kyryluk, l'homme derrière Alpha Wave Movement et le label Harmonic Resonance Recordings qu'il a fondé en 1995. C'est donc avec plaisir que j'ai accepté l'invitation de Gregory afin de chroniquer “Electric Curios”, un recueil de MÉ aux saveurs analogues qui ressasse le passé avec des titres inédits composés avant la parution de Context en 2002. Et croyez-moi, jamais des restants n'ont eu autant de saveurs.
"Netherworld Passage" passe à l'attaque de nos oreilles avec de gros drones qui tissent des ambiances apocalyptiques à la Vangelis. Des crissements de synthé et des voix éthérées s'invitent dans cette intense charge de drones ambiosphérique qui se veut un bon portail sonique à “Electric Curios”. Ensuite on tombe en amour avec le superbe "Vapor Trails" et ses ions séquencés qui découpent les ambiances vintages avec de vifs flottements sédentaires. Le rythme est délicieux. Il ondule paresseusement, comme de lentes montagnes russes, colligeant une autre ligne de séquences au mouvement contigüe ainsi que les cliquetis des cymbales et les pulsations arythmiques qui tambourinent prestement dans un océan de rythme statique où volètent ces délicieuses tonalités analogues et des solos d'un synthé rodeur. On nage en pleines périodes analogues de Jean Michel Jarre et Michael Garrison avec ces rythmes ambiants qui servent de rempart à des structures cosmiques très contemplatives. Même si l'approche rythmique est finement plus soutenu et légèrement plus entrainante, "Son Synthetique" respire les mêmes parfums de rythme confus et de riches ambiances cosmiques que "Vapor Trails". Le synthé y est tout autant délicieux en forgeant ces solos harmoniques, ainsi que ces tonalités analogues, qui flottent à contre-courant d'un rythme qui agrémente constamment ses forces en amassant des éléments qui contribuent à son épanouissement sédentaire. Enregistré dans l'une des rares performances en concert de Thought Guild, "Machines at the Edge of Dawn" est un petit bijou de rythme cosmique, j'entends des bribes de Jarre et son Equinoxe, avec des pulsations qui tranquillement émergent d'un dense nuage interstellaire où planent de lentes vagues d'un synthé morphique dont les fines harmonies rôdent comme des spectres lunaires. Le spectacle musical est enivrant avec ce rythme pulsatoire qui talonne le néant avec plus d'insistance alors que le synthé embaume les ambiances nocturnes avec des solos de plus en plus éthérées, de plus en plus oniriques. C'est d'une tranquillité à découper la nuit, alors que les pulsations alourdissent constamment nos paupières.
Ah que ces rythmes flottants sont délicieux. Ils ressurgissent après la lente intro ambiosphérique de "Interstellar Hitchhikers" et de ses drones lugubres qui embrassent les souffles clairs, les violons lunaires et les soupirs de vieux orgues qui balaient les arides plaines intersidérales. J'aime entendre ces vieilles tonalités analogues où on confond aisément les ondes d'un Farfisa avec les lignes sombres d'un Moog ou d'un ARP et dont l'union respire de ces parfums psychédéliques des années 70. Le rythme fait trembler les colonnes de la contemplativité un peu après la barre des 6 minutes. Résonnant de ses lourdes séquences dont les réverbérations font ondoyer les lignes de synthé, il dandine lentement son noir ballant qui oscille entre des souffles flûtés, des lignes ondoyantes, sinueuses et des chœurs chtoniens. Gregory Kyryluk et Christopher Cameron ont l'art de broder des rythmes progressifs en injectant ici et là des éléments qui soit alourdissent une cadence fictive ou en accélère le pouls. Comme ici où le rythme pétille autant qu'il scintille, sautillant et trébuchant dans son ombre pour copier une suave arythmie attractive avec le support de sobres percussions électroniques aux battements Teutoniques. Les ambiances sont délectables. Moins puissantes que celles de Arc ou encore Redshift, elles sont le résultat d'une mosaïque sonique avec des lignes de synthé qui s'agglutinent et s'entremêlent dans un noir magma ambiant où on a l'impression de se faire transporté dans une autre dimension par des nappes aux couleurs du soufre. Comment un titre semblable a été oublié dans des voutes??? Plus noir et mélancolique, "Juniper Moon" est un sombre down-tempo avec une guitare qui fait rouler ses rêves obscurs dans des nappes flottantes dont les chants s'unissent aux ébats des criquets. C'est un titre plus tranquille qui nous amène au berceau du recueillement avec le très lunaire et ambiosphérique "Angels in Empty Rooms", et de ses couches de synthé qui se lamentent littéralement, ainsi qu'au très ambiant "Before we Migrate"; deux titres fortement inspirés des ambiances méditatives et organiques de Steve Roach.
Eh bien, j'ai été plus que conquis par cette fascinante fouille des voûtes de Thought Guild. Parce que “Electric Curios” est bel et bien le résultat d'une fouille dans les archives du duo américain. Et pourtant, tout au long nous avons l'impression d'entendre un album concept tant la gradation des rythmes et ambiances atteignent une apogée pour se retirer dans une superbe contemplativité astrale digne des belles œuvres de Steve Roach. J'aime cette impression de flirter avec les univers de Jarre, Garrison et même Tangerine Dream de l'ère analogue sur une MÉ qui m'a séduit tant par ses rythmes ambiants que ses ambiances rythmées. Une agréable surprise qui me pousse à découvrir ce duo américain dont le décès de Christopher Cameron en 2011 restreint à d'autres fouilles dans les voûtes. Et des trouvailles comme ça, j'en prends à la dizaine!

note       Publiée le jeudi 19 décembre 2013

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