Les objets chroniqués

Vous êtes ici › Les groupes / artistesCSylvain Carel › Time and Tide

Sylvain Carel › Time and Tide

cd | 12 titres | 77:26 min

  • 1 Revolution [ 4:41]
  • 2 Oasis Gardens [ 7:12]
  • 3 All Those Thousands of Stars [ 7:41]
  • 4 Tuareg [ 5:57]
  • 5 In the Light [ 5:41]
  • 6 A Few Drops of Santhal Essence [ 3:51]
  • 7 Karma Land [ 5:57]
  • 8 Impact of the Wind [ 6:49]
  • 9 Filtered Light through the Treetops [ 5:06]
  • 10 Wolf Song [ 9:02]
  • 11 The Mermaid and the Schooner [ 7:11]
  • 12 Time and Tide [ 8:13]

line up

Sylvain Carel (Clavier, synthés, pianos, guitares, basses, percussions, arrangements orchestraux et FX)

remarques

On peut visiter la page web de Sylvain Carel sur le site d’AD Music: http://www.admusiconline.com/main/Sylvain-Carel.php

chronique

Styles
musique électronique
musique électronique symphonique
Styles personnels
cinématographique et orchestral

"Revolution" nous ouvre les portes de “Time and Tide” avec une intro très éthérée où une voix angélique flotte dans les lents mouvements des strates de synthé qui déploient leurs ailes morphiques avec un doux parfum de mélancolie. Cette voix est partout dans “Time and Tide” et récite des psaumes berbères tout en incantant les rythmes pour qu'ils allument un peu les paisibles et rêveuses structures de ce dernier album de Sylvain Carel. Et c'est ce qui arrive avec "Revolution" où le rythme excite les sens avec des percussions claniques dont les battements se fondent dans des orchestrations hybrides. Des strates flottantes et d'autres plus hachurées moulent un intéressant duel orchestral où les chants de la sorcière des vents se mêlent à une délicate ligne de piano dont les fragiles accords rendent à peine perceptibles. Bienvenu dans le somptueux univers musical de Sylvain Carel. Je dis somptueux car la musique du synthésiste français est constituée d'hologrammes soniques qui retransmettent un univers cinématographique, théâtral et poétique en musique. Tout comme avec son dernier album, Caravansary, le monde Arabe et les mystères du Moyen Orient parfume les 77 minutes de “Time and Tide” où les ambiances éthérées et les rythmes lents cogitent dans des environnements en perpétuel mouvement. "Oasis Gardens" est un beau titre d'ambiances où l'on rêve les yeux ouverts sur les lentes orchestrations qui cachent un délicat piano rêveur. Comme partout dans “Time and Tide”, les orchestrations se fondent avec cette voix elfique qui nous ensorcèle tout au long des 12 titres alors que de fins arpèges hésitent à laisser leurs mélodies entières qui défilent avec autant d'hésitation que nos soupirs qui quittent nos poumons à regret. Ça beau être très lent que ça reste extrêmement envoutant, surtout avec cette fascinante ballade éthérée qui rode tout autour de "Oasis Gardens" et fini par en rester maître. "All Those Thousands of Stars" présente la première structure de rythme de “Time and Tide” avec une ligne ponctuée de légers riffs qui galopent à travers des vents soufflées par de voix séraphiques. Graduellement les riffs deviennent des balbutiements de séquences, forgeant un rythme léger mais soutenu qui se fond dans une très belle vision poétique teintée de belles mélodies évasives pianotées sur un piano pensif dont les notes foulent les caresses des violons et qui font tout le travail de dramaturge. C'est un très bon titre où il ne manque que les images, mais ça on peut fort bien s'en occuper. "Tuareg" continue sur cette lancée romanesque d'une vision nocturne des dunes arabes avec un délicat piano qui rêve dans des larmes de synthé. Si l'intro est méditative, la deuxième portion voit un genre de danse tribale aux déhanchements de disco émerger. Et oui, le monde de “Time and Tide” continue d'être inattendu. "In the Light" est un beau titre ambiant où la vie rythmique pulse secrètement. Les ambiances sont de rose pourpres avec cette voix éthérée qui maîtrise une sérénité emmitouflée dans un maillage de strates aux douces tonalités de flûtes berbères. Ce sont de tendres orchestrations qui finissent par noyer les délicats accords rêveurs d'une guitare solitaire. "A Few Drops of Santhal Essence" est plus tranquille. C'est un beau titre morphique tissé dans des arrangements sonores cinématographiques. L'ensemble fait lever les poils des bras. "Karma Land" est un superbe blues berbère. Sylvain Carel se surpasse en offrant un fascinant et lent rythme tribal. Fragile, le rythme amplifie sa cadence pour embrasser une danse clanique assez enlevante où on a l'impression de virevolter comme des esprits flotteurs. Les percussions sont très efficaces. Ils surdimensionnent une approche rythmique assez sage mais drôlement entraînante qui encercle une superbe mélodie pianotée dans un univers galiléen où brillent étoiles, croassent des pulsations organiques et soufflent des saccades flûtés. On n'en a plein les oreilles. Les premières minutes de "Impact of the Wind" nous plonge dans un univers de vents aux couleurs de nos fantaisies. Après les 3 minutes, on entend des mouvements secs des archets, alors que d'autres archets caressent tendrement les cordes des violons. Et la douceur bascule dans un rythme aussi lourd que lent avec de superbes orchestrations qui compétitionnent avec une guitare aux sauvages hurlements. Nous sommes dans le meilleur de “Time and Tide” qui continue son étonnant voyage berbère avec "Filtered Light through the Treetops" et son intro morphique nourri de lentes strates orchestrales qui dévoilent les douceurs d'un piano pensif. Délicat et ambiant, le rythme s'anime peu à peu avec des percussions manuelles. Des violons chinois tracent les lignes d'une mélodie flottante, accompagnée de délicats arpèges flûtés, que la voix de notre oracle invisible caresse de suaves poèmes. Les ululements des loups ouvrent les douces ambiances de "Wolf Song". Un titre fascinant, imprégné d'une très forte présence cinématographique, qui nous amène hors des frontières arabes avec une incantation chantée par les peuples des premières nations amérindiennes. On écoute et nous sommes à vol d'oiseau à scruter les plaines de l'ouest américain. Sylvain Carel épuise ses 9 minutes en tissant un montage sonique époustouflant où les ambiances passives vont de rythme clanique très entraînant à du gros folk rock américain. Après un "The Mermaid and the Schooner" aussi tranquille que "A Few Drops of Santhal Essence", la pièce-titre clôture “Time and Tide” avec cette constante dualité entre les rythmes passifs, les lents arrangements orchestraux, les ambiances tribales et les mélodies perdues dans un intense canevas orchestral qui emmitoufle les drames se jouant derrière chaque titre de “Time and Tide”. Aussi fascinant que déroutant, “Time and Tide” est une collection de titres qui nous feraient rêver sur les bords d'un feu de camp où chacun irait de son petit poème sur les mythes et légendes d'un monde dont les multiples histoires, légendes et invraisemblances constituent le fil de son évolution. Et Sylvain Carel est un très bon conteur. Il met ses contes en musique avec une telle intensité que ses paroles se fondent en images musicales. “Time and Tide” ferait une superbe trame sonore pour un film dont on écrit le scénario à mesure que nos passions en dévorent chaque titre. Déroutant! C'est vrai. Je dirais que si on écoute “Time and Tide” du bout des oreilles, on risque de s'ennuyer. Mais si on accepte de plonger, on aura toutes les difficultés à vouloir remonter le temps.

note       Publiée le lundi 9 décembre 2013

partagez 'Time and Tide' sur les réseaux sociaux

ajoutez des tags sur : "Time and Tide"

Vous devez être membre pour ajouter un tag sur "Time and Tide".

ajoutez une note sur : "Time and Tide"

Note moyenne :        1 vote

Vous devez être membre pour ajouter une note sur "Time and Tide".

ajoutez un commentaire sur : "Time and Tide"

Vous devez être membre pour ajouter un commentaire sur "Time and Tide".