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Blaq Poet › Rewind << Déjà Screw

cd • 18 titres • 64:31 min

  • 1Bang This
  • 2Ghetto Shit
  • 3Message From Poet
  • 4Bomb Shit
  • 5Bloody Mess
  • 6Watch Your Back
  • 7The Cash
  • 8My Nigga
  • 9What Ya'll Gonna Do?
  • 10Poet Has Come
  • 11You Fucked Up
  • 12After All This Time
  • 13Rhyme Crime Boss
  • 14Hard To Believe
  • 15Psycho
  • 16Still Flippin'
  • 17The Cash Part 2
  • 18Mind Of A Criminal

enregistrement

2004-2006

line up

Blaq Poet (MC, production), 45 Scientific (production)

Musiciens additionnels : The Alchemist (production), Dj Premier (production), Easy Mo Be (production), J Roc (MC), KL (MC), Verse (MC), Teflon (MC), DJ Sincere (production)

remarques

chronique

Styles
hip-hop
Styles personnels
underground > qb style

Le hip-hop c'est aussi savoir changer de point de vue... et Blaq Poet est de ces rappeurs qui ramènent au point de vue du caniveau. Mais rembobinons d'abord la cassette pour un peu d'histoire : 1987, en pleine ère du crack. Marley Marl et KRS-One se mettent sur la gueule depuis plusieurs mois avec leurs "crews" respectifs, au cours de la fameuse "Guerre des Ponts" entre Queensbridge et le South Bronx pour la paternité du rap, première baston verbale publique entre groupes de MC's - génératrice de tueries vinyliques, tout autant que conflit puéril, comme tout "beef" hip-hop qui se respecte - dont Poet sera le protagoniste le plus hargneux en s'attaquant aux intouchables Boogie Down Productions sur le cultissime "Beat You Down". Il réiterera un second coup d'éclat avec son DJ Rockwell Noel en sortant "Massacre", une des boucheries méconnues de l'underground 80's, puis silence radio total. Blaq Poet se fait oublier de tous pendant une décennie entière, avant de réapparaître dans les années 2000. "À la sournoise, un peu comme un cancer après la chimio", comme dirait Dieudonné. Vingt ans ont passé ou pas loin... Les mixtapes ne se refourgent plus sous le manteau, mais via internet, le panorama de New York a été clairsemé par une équipe de démolisseurs aviaires, et le rap populaire, délesté de toute volonté artistique, a mis son cul dans la soupe pour amasser un max. Bref, l'époque daube. C'est donc, un peu à la façon de MC Jean Gab'1 chez nous, que Blaq Poet va tabler sur le charisme du renoi qui était là avant tout le monde, à qui on la fait pas, et qui constate le ridicule des vieilles gloires moralisatrices. La différence notable, c'est que Blaq Poet n'a aucun humour. Et qu'il n'a aucune originalité non plus : il vient chercher la monnaie, dire qu'il est le meilleur et qu'il va leur mettre profond à tous. Rien de plus. Trente-sept ans, une gueule de blasé, un logo esthétiquement plus-UG-tu-meurs (reprenant celui du Screwball, son nouveau groupe), il est clair que ce MC sur le retour n'en a plus rien à cirer et choisit l'option crochet direct du gauche. Rewind << Déjà Screw est un album à la sobriété typiquement Queensbridge : du pur eggotrippin' urbain, dans le style underground froid et déprimant qui était en vogue au milieu des années 90 dans cette partie-là de la ville, avec des productions majoritairement signées par DJ Premier dans un style plus fauché qu'à l'habitude (qui fera de Blaq Po son favori et l'épaulera sur l'album suivant, Blaqprint), et, plus surprenant, le staff français du 45 Scientific - qui est à la fois label et équipe de production - livrant des instrus dans ce style glauque-minéral typique, toutefois moins marquantes que celles qu'ils avaient créé pour Lunatic. Hormis quelques petits effets un peu trop pompiers qui font tâche, cet album ressemble un peu à ce que Mobb Deep aurait dû savoir faire après Murda Muzick mais n'a pas su : un hip-hop urbain binaire, morose, sans envergure, sans poésie (justement), sans but autre que de s'autokiffer dans sa merde sociale et l'espoir de la mettre minable aux grosses huiles du milieu. Un MC qui plane à deux centimètres de l'asphalte comme une menace de mort parmis d'autres dans la rumeur des racailles qu'ont tout vu. Et qui crèvera anonymement ou presque... en fait c'est un peu ça Blaq Poet : ce rappeur que tu croises dans la rue, que tu connais qui te dit quelque chose sans que tu te souviennes de son nom, qui ressemble à cent autres, qu'a fumé tu sais plus qui ni quand avant ta naissance comme on t'a raconté dans les bars, et qui te balance un regard sinistre, avant de molarder un peu de sang sur le tarmac et de disparaître dans la foule compacte.

note       Publiée le vendredi 16 novembre 2012

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SEN › dimanche 3 février 2013 - 09:19  message privé !

C'est peut être pas l'album de hip hop de la décennie mais y'a pleins de trucs sympa sur cet album !

Note donnée au disque :       
nowyouknow › vendredi 16 novembre 2012 - 13:06  message privé !

ca fait parti des nombreux albums que j'ai écouté pour la participation de dj premier... effectivement ca se démarque pas de la masse. Y'a une quantité non égligeable de très bonnes choses mais aussi pas mal de trucs passables, des fonds de tiroir de géraldo et sa clique du 45.