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Parallel Worlds and Dave Bessell › Morphogenic

cd | 8 titres | 60:07 min

  • 1 Oblivion [ 9:34]
  • 2 Above the Snow [ 6:06]
  • 3 Disorder [ 6:19]
  • 4 Inwards [ 6.50]
  • 5 Denormal [ 8:34]
  • 6 Corruption [ 6:33]
  • 7 Heterodyne [ 9:41]
  • 8 Submerge [ 6:12]

extraits vidéo

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enregistrement

Composé, arrange et enregistré par Bakis Sirros et Dave Bessell entre Avril 2011 et Avril 2012. Masterisé par Ian Boddy en Juillet 2012

line up

Bakis Sirros (Euro/Doepfer, Serge, Buchla 200e modulaire, MS20, Odyssey, Xpander, 4Voice, orchestrations et logiciels) Dave Bessell (Macbeth M5n, Gibson Les Paul et logiciels)

Musiciens additionnels : Ed Buller (Moog modulaire sur Heterodyne) India Czajkowska(Flute Inwards et procédé vocal sur Corruption) Federica Rubino (Double basse sans manche sur Inwards)

remarques

Pour en savoir plus sur Parallel Worlds et entendre des échantillons sonores, visitez son site web; http://www.parallel-worlds-music.com/

chronique

L’univers de Parallel Worlds est aussi dérangeant et intrigant qu’enchanteur. Maintenant, imaginé lorsqu’annexé à un quart de Node! C’est avec Dave Bessell (Node) que Bakis Sirros a decidé de pousser le 8ième chapitre de Parallel Worlds vers des territoires encore plus sombres et expérimentaux d’une MÉ abstraite aux couleurs d’une noirceur ensorcelante. Navigant entre Arc, Ramp et Redshift, “Morphogenic” est un superbe album d’une MÉ empirique où les rythmes latents explosent et implosent dans d’étonnantes structures aux richissimes sonorités bigarrées. Les riffs y sont lourds et pesants, les ambiances suffocantes et les rythmes sont de feu, moulant de superbes mélodies diaboliques qui dansent sous d’intenses voiles orchestrales de synthés aux visions musicales atteintes de bipolarité. Les premiers riffs de "Oblivion" tombent avec lourdeur et fracas. Ils tranchent dans une ambiance glauque et surréaliste où des tintements de bouteilles formant d’étonnants cerceaux sonores moulaient les formes de chants aux sordides vents fantomatiques. Le rythme est pesant et stationnaire, nourri qu’il est des lourdes réverbérations de riffs qui résonnent et ébranlent les murs d’un univers parallèle où les piétinements métalliques chuchotent et s’échappent pour former un intrigant galop dont démarche noire et abstraite s’évanouit peu à peu dans des limbes aux bruissements d’outre-tombe. Et comme l’univers de Parallel Worlds n’est jamais à bout de ressources, une envoûtante comptine pour diablotins aux sabots de verre émerge de ce nid de tonalités bigarrées pour sculpter un irrésistible ver d’oreille qui siérait à merveille au plus sombre des cauchemars méphistophéliques. Moulé dans le même pattern d’irréalité harmonique, "Above the Snow" étend ses souffles de gros paquebot menaçant sur une rivière de brume verte. L’enveloppe musicale est aussi sordide que mélodique avec des effets de ralentis musicaux aux contours érodés qui moulent des effets musicaux réverbérants sur un tapis de cliquetis pulsatoires. Au départ lent et suintant de sonorités infernales, le rythme s’active avec hésitation sur les courbes d’une ligne de basse dont les lentes oscillations nasillardes accompagnent les lourds et pesants martèlements de percussions. Des frappes qui percent l’opacité d’un dense mouvement imbibé de radioactivités métalliques qui dansent sous les épais voiles morphiques d’un synthé apocalyptique. Ces voiles morphiques qui donnent un cachet poétique à cette autre œuvre sombre de Parallel Worlds font les charmes du sordide "Disorder" qui est caressé par les brèves intrusions d’un piano qui cherche sa route d’harmonies dans un sombre univers d’activités musicales paranormales. Et si vous pensez que j’exagère, il faut entendre "Inwards" pour savoir de quoi est fait “Morphogenic”. Ce titre d’atmosphère fantomatique est à déconseiller si on nage en pleine nuit noire où les chuchotements nourrissent les murs d’une effroyable couleur de chair. Après une intro empruntée aux ambiances glauques de "Above the Snow", "Denormal" se démène entre un rythme immuable et ses ambiances métaphysiques. Des pulsations occultes moulent un rythme féodal qui résonne sous les lignes d’un synthé aux voix obscures. Une étrange harmonie se dessine derrière ce canevas cabalistique où les pulsations déréglées cogitent avec de chevrotantes de frappes de percussions anorexiques qui se perdent sous les brûlantes complaintes et les violents riffs d’une guitare à la Robert Fripp, poussant le dialogue musical de "Denormal" dans les plus sombres recoins de son incompréhensibilité; là où le rythme et les ambiances troquent leurs peaux pour devenir plus noirs et incisifs. Les ambiances de "Corruption" se nourrissent de la philosophie de "Denormal" mais avec une approche nettement plus expérimentale où Redshift et Ramp s’entredéchirent dans des laves implosives. On ne peut être plus près du noir et de l’anti-musique qu’avec "Corruption", et ce même si des résidus d’harmonies y flottent. L’intro de "Heterodyne" nous amène dans les abysses d’un univers monastériel où les lourdes et chambranlantes réverbérations se confondent en de glauques lamentations de possédés. Le rythme s’éveil par approches fragmentaires. Érigé sur des palpitations qui piétinent d’une nervosité virginale, il vit et s’éteint sous diverses formes. Se laissant cajoler par des synthés aux lignes subdivisées dans leurs approches caverneuses et mielleuses il bat d’une mesure incertaine et prie pour un passage ambiant avant de courir à nouveau sur cette instable étendue musicale qu’est "Heterodyne"."Submerge" clôt la tourmente avec un puissant titre immersif où le rythme est lent et moulé dans de denses orchestrations d’un synthé qui entrelacent ses harmonies divinatoires et ses ambiances spectrales dans un envoûtant cocktail d’émotions troubles. C’est très beau, intensément mélancolique et ça conclut à merveille cette séduisante odyssée dans le mystérieux univers de fantasmagorie surnaturelle de Bakis Sirros. Il n’y a pas de doutes, “Morphogenic” est la meilleure œuvre de Parallel Worlds. C’est un album intense où les émotions noires festoient dans des émois parallèles. C’est tout à fait le diapason de Bakis Sirros mais avec une approche beaucoup plus théâtrale, voire cinématographique. C’est comme s’inventer un nouveau film d’horreur à chaque nouvelle écoute. C’est noir. Très noir! Mais c’est beau. C’est très beau. En fait, on ne peut lever l’oreille sur un album qui allie les sibyllins rythmes de Redshift et Arc, la témérité de Ramp et l’insoutenable monde d’expérimentations sonores de Parallel Worlds. À ne pas écouter si on a peur du noir…

note       Publiée le mercredi 17 octobre 2012

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mangetout › vendredi 28 décembre 2018 - 19:39  message privé !

Ok. C'est dommage, c'est un bloc de couleurs musicales différentes qui s'en va avec lui.

Pour ceux que ça intéresse, il continue de faire des chroniques (dans le prolongement de ce qu'il faisait ici) sur son propre blog : Synth & Sequence

(N°6) › vendredi 28 décembre 2018 - 16:19  message privé !
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Phae a pris sa retraite de GoD.

mangetout › vendredi 28 décembre 2018 - 16:10  message privé !

Je ne connais pas celui-là (ça ne saurait tarder vu ce qu'en dit Phaedream) mais leur dernière production, "Dystopia", toujours chez DiN records (le label de Ian Boddy), sorti en septembre de cette année finissante, est superbe, très travaillé au niveau sonore et contient de longues pièces aux constructions complexes de toute beauté (le doublé d'ouverture "Cipher"/"Filament", "Forest of stars", "Mycelium"). Une belle découverte.

Sinon quelqu'un sait ce que devient Phaedream ?

Sa dernière chronique remonte à mars 2017...