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Free System Projekt, Brendan Pollard & Hashtronaut › Time out of Mind

cd • 4 titres • 77:14 min

  • 11 The Valther Twins 22:53
  • 22 Exodus 17:46
  • 33 Time Out Of Mind 27:56
  • 44 "Option C" 8:32

enregistrement

Enregistré au Radial Velocity Studio, Bedford, Angleterre au printemps 2009. Composé and produit par Brendan Pollard, Hashtronaut et Free System Projekt

line up

Marcel Engels: Arrick Modular System, Mellotron M400, Yamaha A3000 et SY 1, Sequential Pro One, EMS Synthi A Ruud Heij: Arrick Modular System, Mellotron M400, ARP Omni II avec A1 Schutte Phaser, ARP Pro Soloist, EMS Synthi A Brendan Pollard: Arrick Modular System, The Beast Modular System, Bohm Modular System, The Silver ASM Modular System, Mellotron M400, Elka Rhapsody 610, Moog Micromoog, Fender Rhodes, ARP Solina, Doepfer MAQ 16/3 séquenceur Michael Daniel: The Beast Modular System, Doepfer MAQ 16/3 séquenceur, EMS Synthi A, Boss GT-5 effect board, Guitare Glissendo, Électrique guitar Fender USA Stratocaster

remarques

chronique

Je vous vois déjà sourciller de l’œil, les oreilles en attentes mais sceptiques ou déphasés par un autre album de Pollard et cie. Après tout, ne sommes-nous pas éméché par toutes ces créations musicales électroniques qui copient le style de Tangerine Dream aux années de gloire? Il s’en faut! Time out of Mind est le titre idéal pour cette autre collaboration entre Brendan Pollard et d’autres artistes qui noient leurs mélancolies musicales dans les sphères très vaporeuses et cosmiques des années 70. Pollard avec Free System Project et Hashtronaut! Une gang de chums qui se pointent et jamment une couple de jours. Ça donne tout un opus. Nul doute, le meilleur album de MÉ style Berlin School en 2009 et même depuis belle lurette.
The Valther Twins débute dans un soporifique univers cosmique aux nuées de poussières stellaires qui flottent parmi des particules sonores psychédéliques. Une intro où les sonorités composites flottent dans un cosmos couvert de brefs vélums synthétisés caustiques. Une douce intro qui caresse au passage l’ère psychédélique d’un Floyd sur LSD et d’un Schulze rêveur qui cherche la porte de l’univers. Superbe je dirais. Un superbe voyage temporel qui ébloui encore plus avec un synthé symphonique qui souffle les mesures du Dream sur Cherokee Lane, dissipant les cendres spatiales pour faire place à une superbe séquence qui échange ses accords dandolinnant sous les pénombres d’une structure de basse naissante et d’un mellotron aux souffles d’une douceur romanesque. Le rythme est pris dans ce voyage astral et étend ses contrecoups sous de fines percussions alors qu’un synthé aux boucles méphistophéliques hurle au silence sur une séquence qui accélère le pouls avec un lourd zigzag insaisissable dans les hurlements d’une guitare éthérée. Du grand Berlin School à la sauce psycho-progressive. La vaporeuse intro aux souffles psychédéliques d’Exodus est plus courte. Elle baigne dans de lourdes réverbérations qui font offices de phares circulaires, éclairant une douce séquence sautillante qui initie une rythmique innocente mais dont le débit devient plus frénétique, épousant les sombres lourdeurs d’un Phaedra. Cette pesanteur cadencée laisse filtrer une douce flûte mellotronnée qui parfume cet air sauvage d’une douceur paradoxale, alors que la séquence est plus névrotique et le synthé plus pervers avec ses nappes qui encerclent un espace clos d’où s’échappe de bons solos de guitare.
Time out of Mind est la pièce épique de cet opus aux arômes sonores très Tangerine Dreamien. Épousant les mêmes structures introductives de The Valther Twins et Exodus, l’ouverture de Time out of Mind est plus lente et repose sur un suave mellotron aux diverses sonorités de flûtes qui sillonnent les sentes d’un cosmos aux chœurs austères. On sent la basse fréquence d’une lourde résonnance cosmique, tel une lente impulsion d’une navette spatiale, qui peine à se mouvoir parmi cette kyrielle de particule cosmique. Cette résonnance hachure sa linéarité, propulsant une lourde séquence qui fraye dans une nébulosité astrale étonnamment poétique. Un synthé habille cette séquence de belles strates vaporeuses dans une sphère musicale où mellotron, séquences et synthé fusionnent en une harmonie complexe mais tellement tendre à l’oreille que l’on ne voit, ni n’entends le temps passé. ‘’Option C’’ clôture ce brillant opus avec le même concept que les titres plus longs, sauf que la séquence est plus mordante sur un mellotron dont les flûtes entrecroisent un synthé aux strates ondoyantes qui emprisonnent l’incertitude musicale dans les symphonies synthétisées du Dream.
Il est évident qu’avec un panel d’artistes aussi talentueux et aussi influencé par Tangerine Dream et la Berlin School des années 70 que Time out of Mind en serait teinté de la première à la dernière note. Et c’est là que le débat divise sur GOD : Est-il pertinent de toujours entendre des groupes imiter le Dream des années Ohr et Virgin? Ce n’est pas à moi d’en répondre, car qui aime les Beatles cherchera toujours les harmonies dans n’importe quel genre de musique. Mais ça n’enlève absolument rien à la fraîcheur, la hardiesse et la musicalité d’un opus plus complexe que mélodieux, qui enivre à chaque note capricieuse qui en sort. Un superbe album d’une Berlin School qui se parfume des arômes de Phaedra, Rubycon, Atem, Zeit, Ricochet et Encore avec des zests d’un Schulze rêveur et d’un Pink Floyd aux hallucinogènes fortement présents. Avouez que le cocktail ne peut être que divin! Je lui colle un 5boules et demi, parce que c’est excellent, mais ça ne peut être intemporel.

note       Publiée le dimanche 22 novembre 2009

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