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Flower Travellin' Band › Anywhere

cd | 6 titres

  • 1 Anywhere [0:52]
  • 2 Louisiana Blues [reprise de Muddy Waters] [15:49]
  • 3 Black Sabbath [reprise de Black Sabbath] [8:53]
  • 4 House of the Rising Sun [7:41]
  • 5 Twenty-First Century Schizoid Man [reprise de King Crimson] [13:25]
  • 6 Anywhere [0:57]

enregistrement

Produit par Tadataka Watanabe et Yuya Uchida ingés sons : Norio Yoshizawa , Tatsuo Umetsu Enregistré au Nippon Victor Studio.

line up

Jun Kozuki (basse), Joji Wada (batterie), Hideki Ishima (guitare), "Joe" Yamanaka (chant, harmonica)

remarques

"part of the Naked Line series"

chronique

Easy Rider a décidément traumatisé toute une génération de hippies en devenir. Quelle pochette, mes aïeux ! « N’importe-où », pourvu que ça rocke. Pourvu que ça soit loin du Japon, pays réactionnaire, où ce genre d’excentricité est très mal vu… Anywhere est le dernier jalon où le groupe s’évertuera à intégrer la grammaire des musiques lourdes, alors à peine naissante, avant de larguer les amarres et d’en devenir un des piliers fondateurs, ni plus ni moins (voir Satori). Si la pochette « extérieure » a de quoi laisser des traces, c’est bien la pochette intérieure qui symbolise vraiment l’identité de ce groupe hors normes : Joe Yamanaka y pose, l’harmonica à la bouche et accoutrement de space cowboy (c’est bien simple : c’est l’incarnation humaine de Spike Siegel, le héros de Cowboy Bebop), dans un look rocker de pied en cap, harnaché de cuir et coupe afro parfaite. Le tout sous l’œil amusé d’une vieille jap en kimono, devant l’entrée de ce qui ressemble bien à un temple. Choc des cultures ? Il doit être difficile d’imaginer ce que ressentait un groupe aussi précurseur au niveau mondial, venant d’un pays aussi en retard que le Japon l’était à l’orée des années 70. Dans ce contexte, quoi de plus provocateur, finalement, qu’un album de reprises… Ok, mais pas n’importe lesquelles… je vous laisse regarder la tracklist… Eh oui, deux sont des standards absolus repris par tout le monde, mais les deux autres… Ce sont les deux premières reprises de ces chansons. Qui avait vraiment remarqué Black Sabbath en 70, et surtout au Japon ? Les Flowers, groupe de reprises depuis des années, spécialisé dans l’étude de la révolution rock occidentale (et dans les pochettes 100% nudistes), étaient déjà les premiers nerds japonais. Mais le pire, c’est la façon dont ces morceaux sont repris : en mode ultra-heavy-dans-ta-gueule-de-blanc-bec. Leur version de 21rst Century Schizoid Man est à King Crimson ce que le Summertime Blues de Blue Cheer était à Eddie Cochran : une version brutale, inhumaine, post-atomique, post-hendrix, une mandale décochée à grand coup de guitares fracassées. La version de King Crimson nécessitait une technique irréprochable et une section de cuivres. Le Flower Travellin Band n’a ni l’une ni n’autre. Résultat : tout le morceau est joué à la gratte, littéralement punkisé, et vos oreilles vont saigner. Le potentiel melvinsien de King Crimson apparaît énorme, après une révélation pareille. Entendre “Innocents raped with napalm fire” de la bouche d’un Jap, en 1970, avait de quoi semer le trouble... En quelque sorte, voilà qui donnait le programme des futurs mangas cyberpunk… Et la suite… Qu’auraient fait Hendrix et Clapton s’ils avaient entendu leur version de Louisiana Blues en 1970 ? Le morceau de Muddy Waters devient une machine de guerre où de gros riffs Stoner (en 70 !!!) se télescopent à un passage bien rock’n’roll comme en pondra bientôt Blue Öyster Cult et à un interminable solo où la guitare de Hideki Ishima sonne comme une cornemuse, tant dans la rythmique que dans les sonorités ! Avant de déboucher sur un piano honky tonk obsédant… Et le groupe d’y développer une de ses marques de fabrique : mini intro et outro hendrixiennes, composées par le groupe et souvent révélatrices d’un sens de l’harmonie ou de la dissonance tout japonais. Pas un hasard s’ils exhibent fièrement leur drapeau sur la pochette – en plus de leur bistouquette. Joe Yamanaka semble presque sur-jouer son accent nasillard, du plus bel effet sur un House of the Rising Sun (qui n’a jamais aussi bien porté son titre) qui donne envie de s'esbaudir dans la verte lande… En guise de mot de la fin, on dira que Anywhere est à conseiller pour découvrir le groupe à tous ceux qui connaissent et apprécient les titres originaux. Les autres auront le droit de se moquer du minuscule filet de voix de canard du chanteur, avant de prendre leur claquouze comme tout le monde avec Satori.

note       Publiée le lundi 29 décembre 2008

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Seb de Super › lundi 25 janvier 2010 - 17:47  message privé !

Acheté il y a peu, les reprises de cette album sont très bonne, j'ai déjà Satori et je demande aussi que val les autres.

dariev stands › lundi 25 janvier 2010 - 17:45  message privé !
avatar

pas écouté We Are Here. ceux des 70's valent tous le coup. l'album avec Kuni Kawachi. ça viendra... quand à la technique, il me semble que la partie tourneboulante de 21rst passe beaucoup moins bien chez Flower que sur l'original. Et une chose est sûre, en technique vocale c'est loin d'être irréprochable (sans parler de l'accent bien sur !)

Hallu › lundi 25 janvier 2010 - 17:34  message privé !

Pas une technique irréprochable ? Je trouve ça sacrément technique quand même au niveau de la gratte. "Satori" le confirmera. Sinon que valent tous les autres albums ? On ne parle que de ces deux là (surtout de "Satori" même, comme si le groupe avait sorti un album et était mort), mais il y a "Made in Japan" en 1972, "Make Up" 1973 avec un live, et "We Are Here" en 2008 après la reformation du groupe...

Spacetramp › jeudi 7 janvier 2010 - 23:27  message privé !

J'ai sérieusement songé à acheter le disque ne serais-ce que pour sa pochette, mais j'ai vraiment du mal à accrocher, et notamment à la voix... Cela dit ça ne m'empêchera pas totalement de craquer... (Cette POCHETTE putaaain ! Sans oublier le nom du groupe et son origine, le tout en jette sévère)

varg › vendredi 2 janvier 2009 - 18:44  message privé !

complètement conquis par ce disque. désormais je vois des japs à poil à tous les coins de rue.

Note donnée au disque :